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13/02/2015

Progrès et défis de l’acceptation de la différence au travail

Expectra publie un billet que je signe et qui est reproduit ci-dessous.

http://www.leblogexpectra.fr/ces-differences-qui-derangent-au-travail_11503.html?utm_source=MD&utm_medium=email&utm_campaign=NewsletterExpectrafev2015


La société française s’est construite sur un idéal
: que les individus soient traités selon leurs mérites et sans distinction basée sur des critères prohibés par la loi.

Le monde du travail pour sa part, relève avec constance de colossaux défis pour traduire cet idéal dans la réalité.

L’entreprise est un lieu de création de richesses. C’est aussi un lieu de création de rapports humains et de relations entre des individus qui ne sont pas exempts de préjugés ou de stéréotypes.

Le refus de la différence est souvent lié à ces préjugés et stéréotypes qui peuvent déboucher sur des discriminations, c’est-à-dire un traitement inégal et défavorable appliqué à certaines personnes en raison de critères interdits par la loi.

CExpectra, différences, entreprise, Bébéar, travail, préjugés, stéréotypes, recrutement, progrès, défises critères ne cessent d’augmenter (il y en a 20 aujourd’hui*), ce qui montre que le monde du travail est en perpétuelle adaptation pour l’acceptation des différences.

En effet, les engagements nationaux internationaux ont amené et continuent d’amener notre pays à inclure des articles précis de condamnation des discriminations dans la législation. Sans remonter jusqu’à la déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen d’août 1789, on peut citer la constitution de 1946 ou celle de 1958 qui (déjà) rejettent les discriminations. Plus récemment on peut citer  la loi de 2005 qui renforce l’obligation de réserver 6% de l’effectif salarié au bénéfice des travailleurs handicapés.

Plus récemment encore, c’est par la loi qu’il a fallu en 2011 et en 2014 intervenir pour que les entreprises parviennent à une représentation équilibrée des femmes et des hommes au sein des conseils d’administration.

Il convient de rappeler l’apport des grands patrons qui sous l’influence de Claude Bébéar, fondateur et ancien président d’AXA, ont en 2004 mis en place la Charte de la diversité, un texte d’engagement de toute entreprise qui condamne les discriminations dans le domaine de l’emploi et œuvre en faveur de la diversité.

Notre pays est donc assez hostile aux discriminations. La société française et le monde du travail acceptent des discriminations jusqu’à ce que des mobilisations permettent de les montrer, ce qui entraîne la mise en place de politiques publiques pour les combattre.

Lutter contre les discriminations, c’est s’intéresser d’abord aux actes par lesquels les personnes sont injustement traitées au motif qu’elles n’ont pas la bonne tête !

L
es professionnels du recrutement n’ont pas attendu que l’acceptation de la différence au travail devienne un sujet à la mode pour l’inscrire dans leurs pratiques et souhaiter en analyser l’état comme les effets sur l’activité des entreprises.

Longtemps, ces acteurs et ceux de la société civile, mobilisés pour un investissement des entreprises en faveur de l’acceptation des différences, ont été soupçonnés d’angélisme ou de détourner l’attention de problèmes de fond plus importants pour les entreprises, dans une économie confrontée aux difficultés et aux inquiétudes.

Désormais, plusieurs études internationales et françaises ont démontré, que non seulement la diversité au sein d’une entreprise ne détruit pas de valeur, mais qu’elle en crée**.

Quant à lui, le manager doit intégrer les préoccupations notamment sociales et économiques dans ses activités et dans ses interactions avec la société. Difficile mais passionnant et motivant !

* Nul ne doit être discriminé en raison de son origine, de son sexe, de ses mœurs, de son orientation ou identité sexuelle, de son âge, de sa situation de famille ou de sa grossesse, de ses caractéristiques génétiques, de son appartenance ou de sa non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation ou une race, de ses opinions politiques, de ses activités syndicales ou mutualistes, de ses convictions religieuses, de son apparence physique, de son nom de famille, de son lieu de résidence ou en raison de son état de santé ou de son handicap.

** http://basepub.dauphine.fr/handle/123456789/14181

http://www.goodwill-management.com/nos-publications/103-diversite-et-performance-economique.html

21/03/2008

Moins de procès pour discrimination au travail, mais pas pour de bonnes raisons !

Les procès pour discrimination au travail risquent de se raréfier non pas en raison de la baisse des discriminations mais faute de temps.

De temps ?
Oui, le temps qui est l’allié le plus précieux pour mettre à jour des discriminations au travail, risque de manquer si le texte adopté en première lecture par le Sénat le 21 novembre dernier et était adopté en l’état à l’Assemblée nationale.
Que dit ce texte ? Il « porte réforme en matière civile »
En langage moins policé, il vise à réduire de 30 ans à …5 ans (oui, cinq ans) la durée de prescription devant les juridictions civiles.

Cette proposition de loi risque de réduire dramatiquement le nombre de procès pour discrimination au travail d’abord parce qu’il faut du temps pour se faire à l’idée que l’on est victime de discrimination; ensuite parce que c’est avec le temps que les différences de parcours entre les personnes discriminées et les personnes non discriminées, se révèlent les plus criantes

Enfin tout simplement parce qu’il faut du temps pour constituer les dossiers !

C’est la CGT qui la première s’est mobilisée contre cette proposition de loi. Mais il n’y a pas que les syndicalistes qui sont concernés par cette proposition de loi. Les femmes, les handicapés, les seniors, les minorités visibles, les homosexuels sont tous concernés.

Même monsieur tout-le-monde est potentiellement concerné directement ou indirectement.

De l’autre côté, certains employeurs font état des contraintes importantes que fait peser sur l’entreprise les risques de procès potentiellement nombreux qui de plus touchent des faits remontant à trente ans.

Ces arguments peuvent être entendus. Les responsables associatifs, les militants des droits de l’homme ne sont pas des ennemis irréductibles du monde économique.

Mais s’il est parfaitement légitime pour le monde économique de faire entendre sa voix, il devient moins légitime que le lobbying parlementaire soit utilisé d’une manière qui ne sert pas l’intérêt général.
Les députés se grandiraient à ouvrir largement le débat lorsque cette proposition de loi arrivera à l’Assemblée nationale.

Il est préférable que des négociations multipartites permettent l’examen de toutes les propositions sans en exclure aucune, afin que le dialogue social soit renforcé.


C’est ainsi que procèdent les grandes démocraties.

09:10 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : Discrimination, travail, loi, diversité | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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