Avertir le modérateur

05/10/2015

Morano: la théorie du grand remplacement

Invitée sur le plateau de l'émission On n'est pas couché, diffusée sur France 2 le 26 septembre, l'eurodéputée Nadine Morano a déclaré "pour qu'il y ait une cohésion nationale, il faut garder un équilibre dans le pays, c'est-à-dire sa majorité culturelle". "Nous sommes un pays judéo-chrétien, le général de Gaulle le disait, de race blanche, qui accueille des personnes étrangères". "J'ai envie que la France reste la France et je n'ai pas envie que la France devienne musulmane".

La référence au général de Gaulle n’est qu’une incise dans une phrase qui dit clairement que Nadine Morano estime que la France est un pays judéo-chrétien de race blanche et qu’elle souhaite que la France le reste.

Ce qu’il y a de plus effrayant dans l’intervention de Mme Morano, c’est qu’elle valide et promeut tranquillement dans une émission de grande écoute et sans réplique ni contradiction vigoureuse, la thèse du "grand remplacement" des racialistes identitaires et de la frange la plus raciste de l’extrême droite française.

Morano, Eurodéputé, pays de "race blanche", Camus, république, minorités visibles, grand remplacement, civilisation, identitaire, de Gaulle, France 2, On n’est pas couché, ONPCNadine Morano démontre qu’après la lepénisation des esprits, nous assistons à une lepénisation du discours politique . Elle défend la théorie du "grand remplacement" de la « race » et de la « civilisation ». Selon cette vieille théorie reprise par Renaud Camus et défendue de manière plus hypocrite par certains intellectuels, il existerait un processus de substitution de population sur le territoire français...métropolitain, dans lequel le peuplement européen (entendez comme Nadine Morano : "judéo-chrétien et de race blanche") serait remplacé par une population non européenne (entendez originaire d'Afrique et musulmane).  Ce "grand remplacement" de population serait, bien évidemment soutenu, par  "la France d’en haut" et conduirait à un changement de civilisation.

Cette théorie invalidée par les spécialistes établit une séparation entre les Français selon qu’ils seraient ou non issus de l’immigration notamment subsaharienne et maghrébine.

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, les tenants de cette funeste théorie disent vouloir défendre la République dont ils profanent les valeurs et les principes structurants notamment  l’article 1 de la Constitution qui indique et on ne se lassera pas de le rappeler que « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances ».

Le document qui fait foi en matière de nationalité française  est le passeport ou la carte d’identité.
La carte d’identité ou le passeport ne font aucune différence, et c’est la force du modèle, entre les Français depuis quelques jours ou les Français depuis des décennies. Tous les Français participent de la liberté, de la fraternité et de l’égalité.

En défendant la "communauté des français (prétendument) non issus de l’immigration", Nadine Morano et les tenants de la théorie du "grand remplacement", promeuvent un communautarisme qu'ils prétendent combattre.

24/02/2015

République et entreprise, mêmes valeurs

Je signe sur le site des Echos, un papier reproduit ici

La République doit se mobiliser, au côté de l'entreprise, pour lutter contre les discriminations et poursuivre sa politique d'inclusion.

Les fondateurs de la IIIe République ont doté la France d’un mode d'organisation sociale exigeant et généreux: gratuité de l’école, éducation obligatoire, enseignement public laïc, liberté de la presse, lois sur le droit de grève ou d’association, légalisation des syndicats, séparation de l'Église et de l'État…

Contreparties républicaines

Le contrat social qui sous-tend la vie collective suppose de la part du récipiendaire des bienfaits publics, une adhésion aux valeurs de la communauté nationale, à sa culture, à sa langue et un accord pour participer à la pérennisation du pacte.

Les Echos, lesechos.fr, république, entreprise, inclusion, gauche, droite, contrepartie, inclure, école, éducation, Hyper caher, Lassana Bathily, Michel Emsalem, RenanL
a France est inclusive, ce qui contribue au respect et à l’admiration dont elle bénéficie. La générosité républicaine a rarement été remise en cause par les pouvoirs successifs -de gauche ou de droite- qui l’ont enrichie: sécurité sociale, retraite, participation, programme national de rénovation urbaine, loi de programmation pour la cohésion sociale... En matière d’inclusion il n’y a pas d’un côté une gauche forcément altruiste et de l’autre une droite qui serait individualiste.

Mais voilà, depuis la fin des années 1960 la France renonce à l’apprentissage de la République et de ses principes. Or ces années correspondent à l’arrivée sur le territoire national d’un nombre important de populations originaires du Sud.

En n’informant pas très tôt ces populations de ce que la Nation attendait d’elles, le pouvoir et la société ont omis de s’acquitter du devoir supérieur de transmettre l'idéal républicain ainsi que ses contreparties.

En effet la République soutient, protège, soigne, respecte les croyances ou les appartenances, elle contribue à la liberté, à l’éducation, à la formation, à la carrière, ce qui impose en retour une allégeance lucide et une mise en commun d’une partie de la valeur ajoutée générée. C’est cet essentiel-là qu’il s’agit désormais de réaffirmer sans concession et avec humanisme. C’est le sens du vivre ensemble qui ne mobilise pas si les droits ne sont pas en permanence associés à des devoirs.

Esprit d'inclusion 

Quant à elles, les ruptures de l’égalité trop nombreuses finissent par décevoir des populations qui devraient être les plus zélés défenseurs des valeurs d’une République qui fait beaucoup pour elles.

J
e garde en mémoire ce que m’a contée cette jeune fille d'origine africaine qui après avoir aidé une dame âgée à traverser la rue comme elle l'aurait fait tout naturellement dans son pays d'origine, a été très touchée lorsque cette dame l'a serrée dans ses bras pour la remercier. Elle me disait avoir eu le sentiment d’appartenir à la communauté française tant l’émotion qu’elles ressentaient toutes les deux était forte.

On dit souvent que les discriminations sont principalement sociales. Il n’y a pas de hiérarchies entre les discriminations qui toutes sont des offenses aux individus. Une personne pauvre aura du mal à se loger et à trouver un emploi mais un Français pauvre ET issu de l’immigration est quasiment certain de ne pas facilement pouvoir se loger ou trouver un emploi. Les discriminations s’additionnent et ne s’éliminent pas entre elles.

La communauté nationale doit donc se mobiliser contre les discriminations sociales et celles liées à l’origine pour éviter que les populations touchées par ce fléau n’en soient réduites à devoir trouver elles-mêmes des solutions, ce qui ne peut que renforcer le communautarisme.

Au XIXe siècle lorsque sous le choc de l’exode rural des populations se sont dirigées vers les grandes villes en quête d’emploi, sous le Second Empire et la IIIe République, le pays s’est mobilisé pour apporter des réponses économiques, sociales et politiques. Les Auvergnats, les Corréziens, les Bretons du XIXe siècle étaient plus loin du Parisien standard que le gamin d’Aubervilliers l’est aujourd’hui d’un habitant du XVIe arrondissement de Paris. Et pourtant la cohésion a fini par l’emporter. N’est-ce pas cela une démocratie inclusive ?

Pour relever le défi qui se pose aujourd’hui à notre pays, l’entreprise aura un rôle déterminant. Il y a quelques années, sous l’impulsion de Claude Bébéar, les entreprises s’étaient distinguées en imposant avec succès la charte de la diversité.
D’autant que bien mobilisée, la diversité de la société française contribuerait largement à la conquête de nouveaux marchés. Les millions de personnes disposant de plusieurs codes culturels et de réseaux à l'étranger représentent un levier puissant de la croissance française et une chance pour la conquête de marchés extérieurs. La France pourrait mieux utiliser les compétences de ces citoyens adaptables à de nombreuses situations et très motivés.

L
’inclusion est dans la nature même de l’entreprise et je me souviens de ce jeune Normand, fils d’ouvriers qui me racontait sa fierté d'avoir pris la parole et d’avoir été écouté avec respect pour la première fois, lors de sa première réunion professionnelle.

Récemment, Michel Emsalem, le patron de la supérette Hyper Cacher de la porte de Vincennes qui a recruté Lassana Bathily -musulman pratiquant- et ce dernier qui a héroïquement caché et sauvé des clients du magasin puis a donné de précieux renseignements aux forces de l’ordre, ont démontré tous les deux que le monde du travail est inclusif.

En France le sursaut a toujours suivi les périodes de crise ou de doute. La France a toujours fini par surmonter ses difficultés pour aller de l’avant.
« Ce qui constitue une nation, ce n'est pas de parler la même langue, ou d'appartenir à un groupe ethnographique commun, c'est d'avoir fait ensemble de grandes choses dans le passé et de vouloir en faire encore dans l'avenir. » disait Ernest Renan.

Faire de grande choses ensemble ? Les entreprises ont déjà beaucoup fait pour l’inclusion et elles sont certainement prêtes à en faire encore plus. La solution passera par la République et par l’entreprise.

08/02/2014

Intégration, discrimination positive... Retour à la raison?

Le Parisien publie ce 8 février, un sondage* qui indique que 67% des Français pensent que la discrimination positive ne serait pas une bonne chose. Le sondeur précise que « C’est un renversement de situation par rapport à ce que nous enregistrions il y a neuf ans »
Cette étude montre aussi que 77% des Français estiment que c’est aux personnes d’origine étrangère elles-mêmes de s’intégrer, plutôt qu’à la société de faciliter leur intégration.

A trois jours du séminaire gouvernemental au cours duquel le premier ministre doit présenter de nouvelles propositions pour l’intégration, ce « renversement de tendance » vient sanctionner les dérives de ceux qui estiment qu’en matière de lutte contre les discriminations et pour l’égalité, la fin justifie tous les moyens. Les dégâts du jusqu’auboutisme se font jour.

intégration,république,culture,diversité,immigration,droits,devoirs,séminaire,gouvernement,banlieue,quartier populaire,sondage,bva,i>télé,cqfd,le parisien,aujourd’hui en france,françaisDroits et devoirs.
Les Français estiment aujourd’hui que le gouvernement s’apprête à demander des efforts unilatéraux et ils montrent leur opposition. Mais rien n’est figé et la situation peut évoluer dans un sens ou dans l’autre.
Le gouvernement serait bien inspiré de ne pas ignorer les avertissements des Français. Il serait bien inspiré de favoriser un retour à la raison en disant clairement qu’il n’y a pas de droits sans devoirs et que les droits sont d’autant plus respectés qu’ils sont liés à des devoirs.

Les Français issus de l’immigration auraient tort d’interpréter les résultats des enquêtes d’opinion qui vont toutes dans le même sens, comme une marque d’hostilité.

Les Français disent simplement qu’ils ne souhaitent pas de mise en cause des habitudes de vie de notre pays et ils indiquent les contours de la politique d’intégration qu’ils souhaitent.

Avec le séminaire gouvernemental sur l’intégration prévu le 11 février, l’exécutif a donc une rare occasion de proposer aux Français issus de l’immigration d’envoyer des signaux positifs à leurs concitoyens en montrant leur attachement à la France, à son drapeau, à ses valeurs et à ses symboles.

C’est une condition nécessaire pour permettre à tous de prendre conscience du potentiel de dynamisme que les Français « de la diversité », les « banlieues » et les quartiers populaires, représentent pour l’essor économique et la richesse culturelle de notre pays.

Avec le séminaire gouvernemental sur l’intégration, l’exécutif a une rare occasion de promouvoir  une France réconciliée au sein de laquelle l’ensemble des Français participera au banquet républicain. Pourvu qu’il ne la gâche pas...

*Sondage BVA pour i>télé - CQFD et « le Parisien » - « Aujourd’hui en France », réalisé les 6 et 7 février 2014 auprès d’un échantillon de 973 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Méthode des quotas

14/11/2013

L’image de la France écornée par les attaques racistes contre Taubira

Les belles âmes qui détestent la France en disant l’aimer; ceux qui voient dans les militants de l’égalité qui pourtant se battent pour une France à la hauteur de ses valeurs, des ennemis de la France, ceux-là sont aujourd’hui à l’origine de la plus importante dégradation d’image que notre pays a connu depuis des années.

On le sait ce qui a contribué à l’image de notre pays s’est coagulé tout au long des siècles, depuis les philosophes des lumières, la déclaration des droits de l’homme et du citoyen en passant par la kyrielle de luttes pour les droits humains qui a rythmé l’histoire de notre pays.

J’ai toujours été frappé par le respect que notre pays suscitait à l’étranger lorsque l’on déclarait que l’on était Français
Or depuis quelques temps, à l’étranger, un je-ne-sais-quoi d’imperceptible se produit. En évoquant notre pays, on parle plutôt des ignobles attaques racistes contre un membre du gouvernement que de la France de tel ou tel grand homme.
La minorité raciste, la minorité haineuse qui prétend défendre la France est-elle consciente du du tort qu’elle fait à notre pays ?
Le symbole qu’envoie à l’étranger la montée du populisme associée aux insultes racistes envers la ministre de la Justice étonne. On peine à écrire ministre de la Justice, tant on a tendance à passer au second plan oublié le ministère régalien qu’occupe Mme Christiane Taubira, sauf à l’étranger.
Pendant que depuis des mois d’aucuns essaient à tout prix de réduire garde des Sceaux à sa couleur de peau, à l’étranger, c’est par sa fonction qu’elle est d’abord désignée.

Mme Taubira est brillante, énergique, cultivée, ceux qui la caricaturent savent bien qu’ils ne soutiendraient pas la comparaison. C’est certainement l’une des motivations des haineux.
 

Il en faudra du temps pour que la France fasse oublier cet épisode honteux. Mais l’histoire retiendra sans doute le courage héroïque de cette garde des Sceaux devenue l’emblème d’une foule grandissante de républicains et de vrais défenseurs de la France et de ses valeurs.

Pendant que les intolérants écornent l’image de la France, ils grandissent la ministre de la Justice à leurs corps défendant… haineux, antirépublicains et mauvais stratèges, cela fait beaucoup!

08:10 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : taubira, france, république, républicains, image de la france | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

16/03/2012

Je me retire de la présidentielle pour créer le 1er parti français de la diversité

Le 22 septembre 2011, date anniversaire de la proclamation de la Première République, devant une salle enthousiaste à Belleville, j'annonçais ma candidature à l'élection présidentielle de 2012. Depuis lors, j'ai parcouru des centaines de kilomètres à la rencontre des Français et des élus, privilégiant le contact direct aux petites phrases et vaines polémiques.

N'étant pas en mesure d'atteindre le palier des 500 signatures nécessaires pour me présenter à l'élection présidentielle, je me vois contraint de retirer ma candidature. Je remercie toutefois les centaines d'élus courageux qui m'ont apporté leurs parrainages et m'ont permis d’espérer atteindre cet objectif jusqu'au dernier moment.

« Je n’ai pas répondu aux appels de ralliement »
Dans cette campagne, j'ai été le seul candidat à aborder sans tabou ni complexe deux questions essentielles pour l'essor et l'unité de notre pays : la diversité de la société française et l'incroyable potentiel des banlieues. Je ne peux me résoudre à ce que ces priorités essentielles s'évanouissent au gré de l'agenda électoral. La tâche qui incombe aux défenseurs d’une France qui assume ses diversités et sache pleinement en tirer parti demeurera immense trop longtemps encore.

J'apporterai une nouvelle pierre à ce combat en créant dans les mois qui viennent le premier parti politique de France dédié aux questions de diversité.

A ce jour, seules des associations portaient la thématique de la diversité, comme ce fut naguère le cas pour l'écologie. Leur message n'étant toujours pas compris des partis politiques traditionnels, il faut désormais prendre les devants. Quand une société est en avance sur ses élites, il est vain de chercher à vouloir prendre place dans la remorque. Si je suis resté attentif à d'éventuels signes sincères d’ouverture sur le plan des idées, je n'ai donc pas répondu aux appels lancés par certains grands partis en vue d’un ralliement.

Ce nouveau parti, dont l'identité sera dévoilée à l'ouverture de la campagne des législatives, sera ouvert à tous les citoyens qui partagent les idéaux de la République et concourra à l'expression du suffrage universel. Il présentera à toutes les élections des candidats qui s’engageront à favoriser la jeunesse et le renouvellement de la classe politique française. Il se consacrera à promouvoir une diversité responsable, qui exclut toute forme de communautarisme. Une diversité des droits et des devoirs, qui travaille et contribue au développement de la France, une diversité patriote, une diversité qui est l'essence même de notre contrat républicain.

Des axes de travail pour la période 2012-2017
Les semaines qui viennent seront donc consacrées à la fondation de notre mouvement. Elles seront aussi l'occasion d'entamer, avec les principaux candidats qui restent dans la course à l'Élysée, un dialogue sur le sens de notre démarche, et de leur exposer nos premiers axes de travail :

- L'autorisation de « statistiques » : anonymes, volontaires, auto-déclaratives et sans constitution de fichiers pour évaluer la discrimination en France,
- Le lancement d’une étude nationale sur le coût économique des discriminations,
- La création d’une Agence nationale pour l'essor des Talents émergents des quartiers populaires,
- La suppression des ZEP et l'indexation de la dotation aux établissements en fonction du nombre d’élèves« décrocheurs » ayant besoin d’un soutien scolaire individualisé obligatoire et gratuit
- L'obligation pour l'État de doter les quartiers populaires de services publics minimums équivalents à ce qu’ils sont en moyenne dans le pays (enseignement, police/justice, transport, santé).

17/02/2011

"Et Allah dans tout çà ?" Une diffusion courageuse de France 2

France 2 diffuse aujourd’hui à 22h45 dans l’émission Infrarouge, un documentaire écrit, réalisé par Philomène Esposito et produit par Nicolas Traube.

Et Allah dans tout ca (Crédits photo, France 2).jpgLe film aide à connaître les musulmans de France qui sont aussi divers que les fidèles des autres religions. Le film va à la rencontre d’une femme, d’un homosexuel, d’un couple mixte, d’une jeune fille brûlée vive, d’une jeunne fille excisée, de jeunes etc...
Les intervenants ont été filmés chez eux, en Seine-Saint-Denis ou dans l’Essonne, à leur domicile ou dans des bars mais sans plan extérieur de leur habitation.

En ce moment où certains stigmatisent les musulmans et n’hésitent pas à désigner des boucs-émissaires pour des gains électoraux hasardeux, il faut féliciter France 2 d'avoir le courage de diffuser un film qui parle avec force et émotion positive de la deuxième religion monothéiste de France.

Parmi les 6 millions de musulmans de France, seule une poignée d’extrémistes, conteste les principes et les valeurs de la République.



15/02/2011

Islam de France et pas christianisme de France ?

Le président de la République Nicolas Sarkozy répète souvent qu’il souhaite un « islam de France » et non pas un « islam de France ».

Nicolas Sarkozy et ses engagements en matière de diversité.jpg
Il l’a dit lorsqu’il a été interrogé le 16 novembre dernier par Claire Chazal, David Pujadas et Michel Denisot.

Il l’a également dit le10 février dernier alors qu’il était interrogé sr TF1 sur le multiculturalisme en France, et qu’il a asséné "le multiculturalisme est un échec".

Le président de la République avait 
ajouté : "Nos compatriotes musulmans doivent pouvoir pratiquer leur foi, mais il ne peut s'agir que d'un islam de France et non pas d'un islam en France".

Je suis troublé par ce concept d'« islam de France » opposé à un « islam en France » porté par les pouvoir publics dans un pays où la loi commande la séparation de l’Eglise et de l’Etat.

Que serait cet « islam de France »? Qui le définirait? Comment le définirait-on?

Je ne sais pas trop ce que serait « islam de France », mais je sais en revanche qu'il y a des musulmans français dont la grande majorité respecte les lois de notre République.

Alors « islam de France » ? Pourquoi n’exige-t-on pas un « christianisme de France  » ?

Je suis troublé par cette polarisation sur l’islam qui n’augure rien de bon pour notre cohésion nationale...

07/09/2010

En quoi est-il moins grave de tuer un policier quand on est français de longue date, M. le président ?

Expliquez-nous M. le président, en quoi il serait moins grave de tuer un policier, quand on est français de naissance

M. le président de la République, vous souhaitez voir adoptée dans les meilleurs délais, la possibilité de retirer la nationalité française, dans un délai de 10 ans après l'accession à la nationalité française, à ceux qui portent atteinte à la vie d'une personne dépositaire d'une autorité publique, en particulier les policiers et les gendarmes.

Comme vous Monsieur le président je suis né de parents qui étaient français avant ma naissance, je n’ai donc rien à craindre de vos mesures. Il me semble même que mon père, qui a combattu l'occupant, était français avant le votre, mais cela ne me donne aucun mérite supplémentaire et pire, je ne veux pas faire de telles distinctions entre les français.

Je suis comme beaucoup de nos concitoyens, attaché à la sécurité, mais j’ai beau me creuser la tête, je ne vois pas en quoi il serait moins grave de tuer un policier, quand est français "de longue date", que quand est français depuis moins de 10 ans. Et pourquoi 10 ans d’ailleurs ?

Drapeau français.jpgJe souhaite que vous nous expliquiez,  M. le président de la République en quoi il serait moins grave de tuer un policier lorsque l‘on est français depuis 10 ans et un jour, que lorsque l’on est français depuis 10 ans tout juste ?

Et tant que nous y sommes, expliquez-nous M. le président, pourquoi il faudrait s’arrêter aux coupables ? Pourquoi  ne pas faire de différence, selon que la victime serait française depuis plus de 10 ans ou française depuis moins de 10 ans ?

Expliquez-nous, Monsieur le président, expliquez-nous, car j’ai le plus grand mal à comprendre.

Je suis triste, triste bien sûr que vous engagiez officiellement la France dans cette voie détestable, mais je suis tout aussi triste que cette mesure, inquiétante pour notre socle de valeurs communes, ne soulève pas de plus grandes réactions parmi nos concitoyens.

Pourquoi les grandes voix morales de notre pays se taisent-elles ?

J’ai du mal à imaginer que nos concitoyens ne se rebelleront pas d’une manière ou d’une autre, j’ai du mal à penser que la majorité dont on dit qu’elle serait silencieuse et dont je fais souvent partie, le restera et qu’elle va regarder ailleurs, tourner la tête, alors que l’on touche à l’essentiel.

Je pensais qu’il y avait, en France, des valeurs auxquelles on ne touchait pas. Je le pensais, et je veux continuer à le penser.

Le climat en France en cette rentrée est bien désagréable et bien attristant en vérité, M. le président.

05:44 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : déchéance, sarkozy, france, nationalité, république, égalité, fraternité | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

02/07/2010

Dire "On se croirait en Afrique, ici !" est raciste... et c'est heureux !

L’ancien préfet Paul Girot de Langlade n'aura pas réussi à berner la Justice. Il comparaissait pour avoir déclaré lors d'un contrôle qui a mal tourné parce qu'il avait oublié les responsabilités de sa charge, «On se croirait en Afrique, ici !» aux personnes lui demandant de se soumettre aux contrôles de sécurité.
Nous sommes le 31 juillet 2009, M. Girot de Langlade qui était préfet chargé des Etats généraux de l'Outre-mer pour la Réunion, fait sonner l’alarme d’un portique de sécurité à l'aéroport d'Orly.

Les agents parmi lesquels figurent des personnes noires appliquent strictement les consignes de séurité au grand dam du préfet qui s’emporte et lâche «On se croirait en Afrique, ici !». D’après plusieurs personnes, M. Girot de Langlade aurait ajouté « il n'y a que des noirs ici! ».
Cette  dernière tirade bien que largement confirmée par des recoupements continue d’être farouchement niée par M. Girot de Langlade.

L'ex-préfet Paul Girot de Langlade.jpgPeine perdue car le juge a conclu que les remarques reconnues par le préfet ne tenaient pas compte du fait que les agents qui ont effectué le contrôle étaient... «pour partie des personnes de couleur»
Qui peut vraiment nier que le préfet n’aurait pas dit « on se croirait en Afrique ici » face à des français blancs ?
Face à des français blancs, M. Girot de Langlade aurait-il ajouté « il n’y a que des blancs ici !»

Belle leçon pour ceux qui cherchent en une symétrie idiote à nier qu’en France, la situation des français noirs n’est pas la même que celle des français blancs.
Le Juge a estimé que les propos du préfet «procèdent d'un amalgame selon lequel toutes les personnes du continent africain partagent le même défaut de l'incompétence et de la désorganisation» et que la phrase incriminée «avait d'autant plus de portée qu'elle a été prononcée par un préfet tenu à une obligation de réserve et de sang-froid»
M. Girot de Langlade a été condamné à 1500 euros d'amende pour injures racistes.

Des décisions de justice de cette nature sont de victoires qui paraissent petites, mais qui disent plus que de longs discours, que les représentants de l’autorité de l’Etat se doivent de ne pas salir le logo de la République qui lui est confié.

Ces condamnations disent aussi à ceux qui sont victimes de ces vexations quotidiennes, de ces brutalités de tous les jours, qu’ils peuvent et qu’il s doivent même, compter sur la République pour leur rendre l’humanité que celles et ceux qui se laissent envahir par la bêtise, veulent leur ôter.

Circonstance atténuante, Paul Girot de Langlade a reconnu avoir vexé les personnes chargées de le contrôler...

19:15 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : girot de langlade, préfet, injures raciste, république, racisme, afrique, orly, blancs, noirs | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

03/06/2010

L'union sacrée pour sauver les quartiers populaires

Avec Kamel Hamza* et Leïla Leghmara** nous avons publié dans Rue89 un texte que je reproduis ici.

Nous voulons l’« Union Sacrée » pour sauver les Quartiers Populaires

« Retirer ce voile intégral que la France ne saurait voir », ont rappelé à l’unisson les responsables politiques. De la gauche à la droite, tous ont rappelé la nécessité de réaffirmer les valeurs de notre République pour dire Non à la Burqa.

Nous savons que la République est la seule arme, le seul rempart contre toutes les formes de repli identitaire.

Oui, nous voulons comme Georges Clemenceau, « la République, toute la République, rien que la République ».
Si l’interdiction du port du voile intégral mérite une loi, qu’elle se fasse. Mais maintenant bâtissons aussi une concorde républicaine pour parvenir à cette France forte de ses valeurs d’égalité et de fraternité, que les citoyens des quartiers populaires demandent avec force.
Quand la République est absente notamment dans la lutte contre les discriminations, ce sont les radicaux en particulier religieux qui progressent. Quand la République donne l’impression de douter d’elle-même, ce sont les trafiquants qui deviennent des exemples. Nous ne pourrons et ne voulons plus le tolérer.

La France des quartiers nécessite depuis des années l’« Union Sacrée » pour dire stop aux discriminations, au chômage, à l’exclusion et à l’oubli.
Nous, présidents d’associations et élus de la diversité appelons à cette « Union Sacrée », pour que tous les acteurs publics construisent ensemble cette France du 21e siècle: celle de la diversité et de l’égalité des chances.

Nous appelons le président de la République, Nicolas Sarkozy, ainsi que l'ensemble des partis politiques, les Maires, les Parlementaires, les Présidents de départements, de régions ou d’Établissement public à caractère industriel et commercial, à une action commune et synergique en faveur des quartiers populaires, pour les sortir de l’échec, de la stigmatisation et de l’indifférence.

La Seine-Saint-Denis est le symbole même de ces territoires au sein desquels une nécessaire mobilisation et détermination de tous les acteurs publics est préférable aux discours polémiques.

L’ « Union sacrée » autour de la rénovation urbaine a changé le visage des cités. Nous demandons désormais, un guichet unique autour d’un plan d’envergure de rénovation...humaine. Nous ne voulons pas que demain, Zahia, la femme en niqab, ou le dealer, deviennent les modèles positifs des quartiers.

Nous proposons donc quatre mesures concrètes d'application simple.

Nous proposons un engagement des partis politiques pour une charte signée, dont l’objectif serait de faire émerger une nouvelle génération d’élus locaux de la diversité dès les prochaines élections. Quelle serait la légitimité d’une classe politique dans laquelle une bonne partie de la population ne se reconnaît pas ? Nous ne voulons pas de quotas, mais un objectif minimum de rattrapage qui pourrait être fixé, à l'image du seuil minimum de 6% de travailleurs handicapés en entreprise fixé par la loi du 10 juillet 1987.

Nous proposons la création d’un ministère de la diversité, à l’image de celui du ministère des droits de la femme, créé en 1981, qui a permis des avancées pour la parité. Ce ministère aura pour objectif de porter cette « Union Sacrée » nécessaire pour les quartiers, autour d’un guichet unique de projets et de moyens. Force est de reconnaître que l'action en faveur de la diversité est aujourd’hui éparpillée entre plusieurs ministères, il s’agit donc de structurer ces actions pour plus d’efficacité.

Nous proposons l'adoption d'une loi sur l’évaluation statistique de la diversité dans l’emploi. Il s'agit de sortir d’une l’hypocrisie qui consiste à faire croire qu’il suffit à une entreprises de signer une charte de la diversité non contraignante, pour faire de la diversité. Cette conception est dangereuse car si la charte est une condition nécessaire pour la sensibilisation, la condition suffisante serait de disposer d’un moyen de contrôle permettant de vérifier la déclaration d’intention. 

Il s’agit donc par l’adoption de cette loi, d’inscrire dans le bilan social des entreprises, à côté du bilan sur la parité, un bilan diversité, à l’image du modèle de l’enquête "Trajectoire et origines", dite enquête "TeO", établie par l'INSEE et l'INED.

Nous proposons, enfin, que les aides et les marchés publics, qui sont un important levier de l’action publique, soient réservés prioritairement aux entreprises qui signeraient un Label diversité « Quartiers populaires».

 C'est-à-dire à celles qui s’engagent pour travailler avec des entreprises installées dans les quartiers populaires ou dont le personnel reflète la diversité de la société française. Il est parfaitement légitime de la part de l’Etat et des collectivités locales, d'exiger des entreprises qui prétendent aux aides publiques et aux marchés publics, qu’elles soient exemplaires en matière d'égalité républicaine.

Le dialogue sur la diversité doit s’engager aujourd’hui, car nos quartiers sont las de voir le poing sans la main tendue. Les quartiers populaires attendent du courage politique.

Ayons donc le courage de faire avancer la diversité.

Patrick Lozès, Président du Cran (Conseil représentatif des associations noires de France)

* Kamel Hamza, Conseiller municipal UMP de la Courneuve, Président de l’Aneld (Association nationale des élus locaux de la diversité)
** Leïla Leghmara,
Conseillère municipale Nouveau Centre de Colombes et membre du Conseil d’Administration d’APC Recrutement (Agir Pour la Citoyenneté).

07:43 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : anlieue, quartier populaire, hamza, leghmara, diversité, république | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu