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06/05/2012

François Hollande doit maintenant tenir ses promesses en matière de diversité

François Hollande vient deremporter avec clarté l’élection présidentielle. On ne peut que lui souhaiter bonne chance et souhaiter bonne chance à la France.

Il faut maintenant juger le président Hollande sur ses actes.

J’ai une pensée pour le président actuel Nicolas Sarkozy et pour ses électeurs. Nicolas Sarkozy avait commencé parparler de l’égalité des minorités et de diversité comme aucun responsable politique français ne l'avait fait avant lui, avec l'imagination, l'audace et le courage d’un Kennedy français. Il a beaucoup promis : les statistiques de la diversité,l’action positive etc.
Mais presque tous ses grands engagements en matière de diversité sont restés lettre morte.

Nicolas Sarkozy n’a pas tenu parole. Il a écorné le respect que l’on doit aux engagements pris par les responsables politiques et il a rompu la confiance que les électeurs avaient placée en lui. Pire, la situation de la diversité a régressé. Nicolas Sarkozy a conduit la question de la diversité dans une impasse. Lui, le fils d’immigré qui avait tout pour favoriser la compréhension entre tous les citoyens Français, a été le fossoyeur de l’égalité entre les Français.

Les Français et en particulier les Français de la diversité qui se sont massivement portés sur lui en 2007, se sont détournés de lui pour reporter leurs espoirs sur François Hollande.

Sur les questions de diversité, François Hollande a lui aussi beaucoup promis pendant la campagne. Il a suscité un grand espoir au sein des populations de la diversité en promettant notamment :

- de lutter contre la fracture territoriale
- d’encourager un nouveau modèle de développement de l’outre-mer
- de lutter contre le « délit de faciès » dans les contrôles d’identité
- de lutter contre toute discrimination à l’embauche et au logement.
- d’accorder le droit de vote aux élections locales aux étrangers résidant légalement en France
- de sécuriser l’immigration légale
- de lutter contre l’immigration illégale
- de rompre avec la Françafrique

François Hollande.jpgJ'attends de François Hollande qu’il respecte ses engagements en commençant par donner une lisibilité à son gouvernement, dans lequel toute la place doit être faite à la diversité.

Il est particulièrement important que le prochain gouvernement comporte en son sein des Français de la diversité, appelés non pas en raison de leur apparence, mais bien en raison de leurs compétences.

Cela indiquera clairement qu’une place leur est faite dans la communauté politique française.
Ce n’est pas anodin.

Une nouvelle page s’ouvre pour les Français, et elle doit l’être...pour tous les Français.

21:06 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : hollande, sarkozy, 2012, presidentielle, gouvernement | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

22/04/2012

Présidentielle: Débat sur l’immigration, la voix du peuple ?

Le premier tour de l’élection st passé.
Les Français se sont exprimés. Si je me réjouis de la participation importante de nos concitoyens, je m’inquiète du score très élevé du Front national.
Je suis particulièrement inquiet par le bond spectaculaire réalisé par les Le Pen père et fille entre 2007 et 2012..
En 2007, Jean-Marie Le Pen réalisait un score de 10,44%, 5 ans plus tard, Marine Le Pen réalise environ...20% ! Un score spectaculaire.
Jamais l’extrême-droite n’a été aussi haut dans notre pays depuis des années, surtout avec une participation de 80%. En effet, en 2002 quand MM. Le Pen et Mégret totalisaient 16,86% et 2,34%, la participation était de 71,6%.
Jamais donc, l’extrême-droite n’a attiré autant de personnes dans une élection.
Cela veut dire que les questions d’immigration sur lesquelles prospère le Front national sont devenues si importantes pour les Français qu’ils sont près, de manière spectaculaire, à voter massivement (il n’y pas d’autre mot) pour le parti qui accueille ces questions.

Election présidentielle 2012.jpgPresque toutes les tentativespour faire reculer le Front national ont été vaines.

L
a conclusion s’impose : aujourd’hui pour faire reculer le Front national,nous nous ne pouvons plus offrir à l’extrême droite, d’être la seule à prendre en charge les interrogations, les peursou même les colères des français vis-à-vis de l’immigration et osons le dire vis-à-vis de l’islam, ou plutôt des questions qu’il semble poser en matière d’égalité homme femme par exemple.

Le moment est venu pour les Français issus de l’immigration d’accepter de parler d’assimilation et de répondre aux reproches qui leur sont faits de constituer des communautés à l’intérieur de la communauté nationale, de ne pas accepter le mode de vie, les normes, les codes culturels du pays, bref, de ne pas accepter la vie à la française.
Les 20% obtenus Marine Le Pen, veulent aussi dire cela: En démocratie, on ne peut pas ignorer le message porté par un nombre aussi élevé d'électeurs !

Si nous ne voulons pas voir demain une extrême-droite majoritaire dans plusieurs villes, il faut donc ouvrir le débat sur l’immigration et ses conséquences sur la société française.

Pour ma part, je ne m'y déroberai pas. Je suis d’autant plus à l’aise pour demander d’entendre ce que disent ces électeurs, notamment sur l’immigration, que par le passé, j’ai pu sembler vouloir envoyer des messages inverses.

22:53 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : présidentielle, le pen, 2012, 2007, 2002, extrême-droite | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

16/03/2012

Je me retire de la présidentielle pour créer le 1er parti français de la diversité

Le 22 septembre 2011, date anniversaire de la proclamation de la Première République, devant une salle enthousiaste à Belleville, j'annonçais ma candidature à l'élection présidentielle de 2012. Depuis lors, j'ai parcouru des centaines de kilomètres à la rencontre des Français et des élus, privilégiant le contact direct aux petites phrases et vaines polémiques.

N'étant pas en mesure d'atteindre le palier des 500 signatures nécessaires pour me présenter à l'élection présidentielle, je me vois contraint de retirer ma candidature. Je remercie toutefois les centaines d'élus courageux qui m'ont apporté leurs parrainages et m'ont permis d’espérer atteindre cet objectif jusqu'au dernier moment.

« Je n’ai pas répondu aux appels de ralliement »
Dans cette campagne, j'ai été le seul candidat à aborder sans tabou ni complexe deux questions essentielles pour l'essor et l'unité de notre pays : la diversité de la société française et l'incroyable potentiel des banlieues. Je ne peux me résoudre à ce que ces priorités essentielles s'évanouissent au gré de l'agenda électoral. La tâche qui incombe aux défenseurs d’une France qui assume ses diversités et sache pleinement en tirer parti demeurera immense trop longtemps encore.

J'apporterai une nouvelle pierre à ce combat en créant dans les mois qui viennent le premier parti politique de France dédié aux questions de diversité.

A ce jour, seules des associations portaient la thématique de la diversité, comme ce fut naguère le cas pour l'écologie. Leur message n'étant toujours pas compris des partis politiques traditionnels, il faut désormais prendre les devants. Quand une société est en avance sur ses élites, il est vain de chercher à vouloir prendre place dans la remorque. Si je suis resté attentif à d'éventuels signes sincères d’ouverture sur le plan des idées, je n'ai donc pas répondu aux appels lancés par certains grands partis en vue d’un ralliement.

Ce nouveau parti, dont l'identité sera dévoilée à l'ouverture de la campagne des législatives, sera ouvert à tous les citoyens qui partagent les idéaux de la République et concourra à l'expression du suffrage universel. Il présentera à toutes les élections des candidats qui s’engageront à favoriser la jeunesse et le renouvellement de la classe politique française. Il se consacrera à promouvoir une diversité responsable, qui exclut toute forme de communautarisme. Une diversité des droits et des devoirs, qui travaille et contribue au développement de la France, une diversité patriote, une diversité qui est l'essence même de notre contrat républicain.

Des axes de travail pour la période 2012-2017
Les semaines qui viennent seront donc consacrées à la fondation de notre mouvement. Elles seront aussi l'occasion d'entamer, avec les principaux candidats qui restent dans la course à l'Élysée, un dialogue sur le sens de notre démarche, et de leur exposer nos premiers axes de travail :

- L'autorisation de « statistiques » : anonymes, volontaires, auto-déclaratives et sans constitution de fichiers pour évaluer la discrimination en France,
- Le lancement d’une étude nationale sur le coût économique des discriminations,
- La création d’une Agence nationale pour l'essor des Talents émergents des quartiers populaires,
- La suppression des ZEP et l'indexation de la dotation aux établissements en fonction du nombre d’élèves« décrocheurs » ayant besoin d’un soutien scolaire individualisé obligatoire et gratuit
- L'obligation pour l'État de doter les quartiers populaires de services publics minimums équivalents à ce qu’ils sont en moyenne dans le pays (enseignement, police/justice, transport, santé).

10/12/2011

Alberto Filipe, l'homme aux images

J’ai rencontré Alberto Filipe le 25 novembre dernier au Val Fourré.

Je faisais campagne sur le terrain quand j’ai vu débouler l’ami Alberto Filipe. J’ai été immédiatement saisi par la force de caractère qui se dégageait de cet homme en casquette et en maillot de l’équipe de France de football.
Il était armé de pancartes ainsi que de photographies de personnalités.
Des photos de lui et de personnalités, il en a des dizaines et des dizaines : ici il est avec des sportifs, là avec des responsables politiques etc, etc.

Visitez son Blog blackandwhite.zeblog et vous serez certainement surpris par sa moisson de photos de candidats à la présidentielle 2012. C’est sûr, un de ceux qui sont sur une photo avec lui, sera président de la République le 6 mai 2012 !

Photo avec Alberto Filipe (251111).jpgAvis aux responsables politiques : inutile d’essayer de l’entraîner dans votre campagne, c’est peine perdue ! La seule cause que souhaite défendre Alberto Filipe, c’est celle de la "lutte contre le racisme et contre la mort par la faim dans le monde".
Mais pour cette cause-là, Alberto Filipe se donne de la peine pour la porter haut.

Alberto Filipe m’a ensuite expliqué son projet : convaincre des personnalités que si environ 1 € pouvait être récupéré sur les ventes de tee-shirts présentés par ceux qui par exemple posent avec lui sur ses nombreux clichés, cela permettrait de lutter contre la faim et renforcerait beaucoup la cohésion humaine.
Cet homme  de bon sens et de bonne volonté est bluffant.

20:25 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : alberto, filipe, val fourré, mantes-la-jolie, presidentielle, 2012 | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

03/10/2011

Borloo renonce, les idées centristes demeurent

Jean-Louis Borloo a annoncé hier sur TF1, qu’il ne se présenterait pas à l’élection présidentielle de 2012.

La candidature à l’élection présidentielle n'est jamais anodine. C’est une décision que l’on ne saurait prendre à la légère. Il faut donc respecter le choix de Jean-Louis Borloo.

borloo,centrisme,2012,présidentielle,économie,criseJe n'ai pas été surpris par cette décision cohérente et même logique, car Jean-Louis Borloo et tous les autres centristes qui ont participé aux gouvernements de Nicolas Sarkozy auraient eu le plus grand mal à expliquer ce qui les différencie aujourd’hui d’un président dont ils ont appliqué la politique pendant de longues années.

Pour autant, les valeurs centristes ne seront pas absentes du débat de la présidentielle de 2012.
Je compte bien défendre les idées républicaines, sociales, humanistes et européennes du centrisme. C’est la raison pour laquelle j’ai annoncé ma candidature et que je sillonne notre pays pour lui faire prendre conscience de ses atouts.
En effet, La France a des richesses. Tous ces enfants Français qui comprennent deux langues, qui ont deux cultures, représentent une énorme richesse dans la mondialisation. La France est l'un des pays les mieux armés dans la mondialisation.

Nous traversons une crise économique et sociale d’une rare violence. Nous devons décréter la mobilisation générale pour l'emploi. Pour cela, nous avons besoin de tout monde.

La diversité de la France n’est donc pas une option en ces temps compliqués; c’est une nécessité vitale pour notre économie.

10:41 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : borloo, centrisme, 2012, présidentielle, économie, crise | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

30/09/2011

En revenant de Fort-de-France

Je rentre d’un périple à la Guadeloupe et à la Martinique. Un voyage fructueux à tous les sens du terme.
Européen convaincu j’ai souhaité que mon premier déplacement après l’officialisation de ma candidature à la présidentielle, le 22 septembre dernier, soit symboliquement pour Strasbourg, puis je me suis envolé vers les Antilles.

Certes, je me suis rendu dans ces départements d’Outre-mer pour y chercher les précieuses signatures d’élus nécessaires à toute candidature à la présidentielle, et de ce point de vue, la satisfaction était totale, mais je m’y suis aussi rendu parce que les problématiques et les spécificités de ces départements sont au cœur des préoccupations que je défends dans cette campagne : l’emploi et l’éducation.

Je ne dirai jamais assez que les quatre dernières places du classement Eurostat des régions d'Europe où le taux de chômage est le plus élevé sont occupées par...quatre départements d'Outre-mer français : Peut-on continuer à tolérer que le chômage des jeunes de 15 à 24 ans soit de 56 % à la Guadeloupe et de 48 % à la Martinique ?

aint-louis,augustin,raymond,laguerre,didier,paquit,yvon,fort-de-france,martinique,présidentielle,2012,réunion,guadeloupeEt puis, au moment de me lancer dans cette campagne, il me semblait essentiel de faire le pèlerinage antillais car je garde au fond de moi, une rencontre inoubliable avec un petit homme dans l’ancienne mairie de Fort-de-France.
Un petit homme physiquement car il était au soir de sa vie, mais un immense bonhomme qui avait gardé intact, sa vision du monde et qui avait eu le génie de penser puis de toujours chercher à affirmer qu’une identité n’était nullement incompatible avec une visée universelle, bien au contraire.

A Fort-de-France en discutant, sous l’ombre tutélaire de ce géant, avec son 2ème successeur Raymond Saint-Louis-Augustin le maire actuel de la ville, je ne pouvais m’empêcher de penser aux mots de ce grand humaniste lors de notre conversation en 2006…

Photo:

Avec le Maire de Fort-de-France dans son bureau en compagnie de Didier Laguerre secrétaire général du PPM (à gauche), d’Yvon Paquit premier adjoint au Maire (à droite) et …sous le regard du grand homme

29/09/2011

Conversation avec Elie Domota

Lors de mon déplacement de cette semaine à la Guadeloupe pour y rencontrer la population guadeloupéenne, des personnalités locales et des élus syndicaux j’ai eu une très longue conversation avec Elie Domota, le Secrétaire général de l’UGTG et leader du LKP.

Avec Eli Domota à Pointe-à-Pitre.jpgElie Domota était accompagné de 8  autres personnes représentant les différentes forces syndicales de la Guadeloupe.

A la suite de ma longue conversation avec ces leaders syndicaux, je reste persuadé que nous ne pouvons plus faire l'impasse sur les causes profondes de la situation économique désastreuse dans les DOM et nous contenter de mesures de colmatage.

Il n’est pas acceptable que le chômage des jeunes de 15 à 24 ans soit de...56 % à la Guadeloupe, c’est-à-dire le plus élevé de l'ensemble des départements français.

La situation en Guadeloupe reste explosive et l’élection présidentielle de 2012 doit être l’occasion de tirer collectivement les leçons de notre aveuglement sur la situation dans les départements d'Outre-mer et de lancer une réflexion d'ensemble sur ces territoires.

La Guadeloupe ne demande pas la charité, elle réclame la justice.

21:50 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : domota, lkp, ugtg, guadeloupe, chômage, 2012, présidentielle | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

22/09/2011

Pourquoi je veux que la France renoue avec sa diversité

Ce 22 septembre 2011,  jour anniversaire de la proclamation de l'an I de la Première République, je déclarerai officiellement ma candidature à l’élection présidentielle 2012 à 19h à la Bellevilloise (19-21, rue Boyer Paris 20ème).

 

J'ai publié ce matin sur le Monde.fr un article intitulé "Pourquoi je veux que la France renoue avec sa diversité"

Cet article est reproduit ci-dessous.

Je suis Français. Je suis né au Bénin, le 13 janvier 1965. Je suis noir. Et je suis candidat à l'élection présidentielle.

Je me présente à l'élection présidentielle parce qu'aimant profondément mon pays, je ne peux me résoudre à voir notre contrat social vidé de son sens par le défaitisme et les divisions.

Je tiens autant que beaucoup de mes compatriotes à notre héritage commun, à l'esprit frondeur de Jeanne d'Arc, à l'intelligence de Pascal, à l'esprit des Lumières, au courage de Victor Schœlcher, aux acquis du Front populaire ou à la grandeur d'un De Gaulle.

Mais je sais aussi, pour être souvent considéré comme un fils "adoptif" de la France, que notre patrie ne traite pas encore, en 2011, ses enfants indifféremment. Que nos principes de liberté, d'égalité et de fraternité sont plus que jamais à géométrie variable selon que l'on soit né riche ou pauvre, Français de "souche" ou de sang mêlé.

Notre République, "une et indivisible", requiert un effort permanent de combinaison de contraires apparents : ordre et progrès, liberté et intégration, unité et diversité. Je suis persuadé que la remise en cause systématique et assumée au plus haut niveau de cette alchimie fondatrice est grandement responsable de la perte de confiance et de repères qui saisit nos concitoyens.

Je veux contribuer à remettre à l'endroit ce qui fait le sel de notre vivre ensemble, de notre dynamisme et de notre singularité dans le monde. Je veux rappeler avec force l'un des fondements de notre identité nationale : la diversité de la France n'est pas une menace. Elle en est le moteur. Et elle est plus que jamais, dans la mondialisation, sa plus grande chance.

La France est devenue un pays riche parce qu'elle a accueilli en son sein toutes les énergies convergeant vers un projet commun.

Il n'est plus tolérable que nos institutions demeurent aveugles à cette diversité qui fait notre richesse. Je pense à tous ces "invisibles", à ces oubliés de la République, à ces minorités paradoxalement qualifiées de "visibles", à ces communautés qui voudraient s'ouvrir mais que l'on enferme, à ces jeunes de banlieue dont l'envie de vivre ne peut se satisfaire que des rares interstices laissés par un Etat absent.

Rien ne sert de chercher du pétrole dans nos sous-sols : il y a là notre plus large réservoir d'énergies et de talents inexploités.

Ce constat irriguera les propositions que j'émettrai tout au long de la campagne. Je veux en présenter ici les deux principaux piliers. Et avancer d'ores et déjà deux premières propositions concrètes.

Tout d'abord, il est urgent de relever les institutions fondamentales de notre modèle républicain, de les remettre en phase avec la réalité d'une société dont elles se sont coupées. Je pense ici en priorité à l'éducation. Il n'est plus admissible, en 2011, que des écoles, des collèges ou des lycées entiers ne soient composés en quasi intégralité que d'élèves soit blancs soit de couleur. Et que les différences ethniques et sociales recoupent celles de la qualité des enseignements et des moyens. Puisque la ségrégation raciale et sociale est aussi géographique, je propose ainsi le déploiement d'un service public national de transport scolaire organisé pour promouvoir la mixité au sein des établissements.

Le second pilier de ma campagne est économique. Il met la priorité sur les viviers de ressources inexploitées que représente cette France "invisible". D'après un sondage de l'institut CSA de 2009, 49 % des Français issus des minorités visibles disent avoir envisagé de créer leur entreprise. Ce chiffre grimpe à 59 % chez les moins de 30 ans.

Je propose la création d'un fonds d'investissement et d'une Agence nationale pour le développement des activités économiques des talents émergents, qui s'adresserait en priorité aux jeunes aux revenus modestes, exclus du monde du travail, ayant un projet entrepreneurial.

Quelques associations et fondations œuvrent avec succès en ce sens en France, mais à petite échelle. Mon modèle est celui de la MBDA, la Minority Business Developement Agency, fondée aux Etats-Unis par Richard Nixon en 1969. Le succès de cette politique a été phénoménal. Elle a permis la création de près de 5 millions d'entreprises, soit plus de 20 % des entreprises du pays, pour un chiffre d'affaires de 495 milliards de dollars, en croissance de 343 % sur dix ans.

Il s'agit ni plus ni moins de libérer des énergies que notre pays s'évertue à étouffer parce que certains se refusent à le voir tel qu'il est. Avec ses atouts, ses contraintes et toutes ses richesses.

Cela a toujours été le sens de mon engagement. Tout d'abord en politique, il y a dix ans, par adhésion aux valeurs centristes. Puis en fondant le Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN) en 2005, avec un même objectif. Je n'ai peut-être pas toujours été compris dans un univers médiatique où l'on aime coller des étiquettes, mais j'ai toujours agi par souci de faire avancer, à mon humble échelle, la société française.

Je la vois aujourd'hui, sous la férule d'une droite à la dérive, se figer. Or une mobilité sociale qui se bloque, c'est une société qui décline, qui ne va plus de l'avant. C'est un pays qui bride son potentiel de créativité et refuse le droit de l'aimer à ceux qui désirent s'élever en son sein. Et je refuse de voir l'amour de la France confisqué par ceux qui en réclament le monopole.

Souvenons-nous que "ce qui constitue une Nation", comme le disait Ernest Renan, "ce n'est pas de parler la même langue, ou d'appartenir à un groupe ethnographique commun", mais c'est "d'avoir fait ensemble de grandes choses dans le passé et de vouloir en faire encore dans l'avenir". Je serai au rendez-vous de 2012 pour que nous ne l'oubliions pas.

20/06/2011

Délégation de présidence

 compter de ce jour 20 juin 2011, pour pouvoir conduire en toute indépendance ma candidature à l'élection présidentielle de 2012, j’ai délégué la présidence du CRAN et je suis donc remplacé dans mes fonctions par Claudine Tisserand, première vice-présidente de la fédération.

Des élections auront lieu fin  2011, conformément au calendrier de la fédération, pour renouveler le Conseil d'Administration et procéder à l'élection d'un nouveau président car je ne suis  pas candidat à ma propre succession.

Les six années passées à la présidence de cette fédération ont été des années d’une rare richesse.
La création et la présidence de cette fédération ont été des évènements éprouvants et motivants.
Mon devoir est aujourd’hui de prendre de la distance par rapport à cette fédération. C’est un acte douloureux, mais nécessaire pour remettre en toute indépendance l’égalité républicaine au centre des débats pendant la campagne présidentielle de 2012.

L’élection présidentielle de 2012 menace en effet de se faire sur le dos des minorités.

J’ai développé largement les raisons de ma candidature dans mon livre « Candidat. Et pourquoi pas ? », publié aux Editions du Moment
Candidat.jpg

09:32 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cran, présidentielle, 2012 | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

06/06/2011

la binationalité en débat: l’obligation de choisir entre son père et sa mère ?

L’extrême-droite, la droite populaire et une partie de la droite classique sont à la manœuvre pour faire de la binationalité une des thématiques de la campagne présidentielle.

Binationalité (2).jpgParmi les tenants de la limitation ou de la suppression de la binationalité, peu se soucient de dire aux Français qu’une telle disposition ferait perdre à la France la souveraineté sur sa nationalité. En effet la France ne pourrait par exempple accorder la nationalité française à un américain ou un togolais que si les Etats-Unis ou le Togo autorisent le demandeur à perdre sa nationalité américaine ou togolaise.

Par ailleurs beaucoup évitent de dire que c’est l’égalité-homme femme qui est aussi en débat puisque c’est parce que les femmes ne perdent plus leur nationalité en se mariant que le nombre de binationaux a fortement augmenté.

Après la remise en cause de la binationalité, quelle sera la prochaine étape ? Imposer à certains Français de choisir entre leur père et leur mère ? Demander aux métis de se défaire de la couleur de l’un de leurs parents ?

11:24 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : binationalité, estrême-droite, droite populaire, nationalité, présidentielle | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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