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07/09/2012

Valls et l’obsession sarkozyste

Valls et l’obsession sarkozyste

Le 21 mars 2009, sur son Blog, un député-maire mettait en garde ses camarades socialistes: « certains responsables de notre parti cherchent encore leur cap entre le gauchisme infantile et l'antisarkozysme obsessionnel » écrivait-il.
Pendant la campagne pour l’élection présidentielle 2012, il répètera plus souvent qu’à son tour que l’antisarkozysme ne pouvait pas tenir lieu de programme.

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Depuis, Manuel Valls proteste régulièrement de sa différence avec Nicolas Sarkozy, mais il peine à convaincre lorsqu’il déclare par exemple le 25 août dernier aux Universités d’été du parti socialiste à la Rochelle « Je ne crois pas à la démarche "oui à la sécurité mais d'abord l'emploi, oui à la sécurité mais d'abord la prévention". Pour restaurer la République dans les quartiers, il faut de l'emploi mais aussi de la sécurité ».
Du démantèlement des campements de Roms critiqué par ses collègues du gouvernement, aux envolées contre l’ordre communautariste ou contre les caïds des quartiers, les prises de positions de Manuel Valls sont d’ailleurs saluées avec insistance par l’opposition de droite qui y voit avec malice une certaine continuité avec le précédent quinquennat.

Est-ce pour se démarquer enfin du précédent gouvernement que le nouveau ministre de l'Intérieur s'interdit de jeter un regard lucide et impartial sur les critères d’accession à la nationalité française ? En tout cas, il a annoncé vouloir supprimer les tests de culture générale instaurés par le précédent gouvernement et auxquels les candidats à la naturalisation sont soumis depuis le 1er juillet 2012.

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Il est temps de sortir la France d’une instabilité juridique chronique sur des critères de naturalisation qui doivent redevenir un moteur essentiel de l'intégration.

Certes, une personne peut parfaitement être intégrée socialement, avoir une vie professionnelle reconnue, payer ses impôts, tout en ayant un niveau relativement faible en Français, comme c’est le cas, par exemple, de nombreux ressortissants chinois, mais encore faut-il avoir ce niveau minimum !

La langue française doit être une arme au service des migrants, pour les aider dans leur processus d’intégration. L'article 2 de la Constitution ne souligne-t-il pas que le Français est la langue de tous les Français ?

Il n’y a rien d’infamant ou d’illégitime à souhaiter que les candidats à la nationalité française fassent preuve d'une élémentaire connaissance de la langue française et démontrent une connaissance minimale de notre histoire ou de notre culture en sachant reconnaître par exemple dans un questionnaire à choix multiple que l’hymne de la France est la « La Marseillaise »et non pas « La Versaillaise » ou « La Paimpolaise ».

La langue et de la culture française sont des éléments fondamentaux de l’inclusion au sein de la société. Vouloir que ceux qui accèdent à la nationalité nationale les connaissent, c’est vouloir éviter de créer au sein de la population française, une partie détachable de l’ensemble, c’est tordre le cou à l’appellation « Français de papiers ».

On a reproché à juste raison au précédent gouvernement le discours de Grenoble et l’invention d’une nouvelle catégorie, hautement précarisée et plus ou moins criminalisée, les « Français conditionnels » que l’on pourrait déchoir à volonté de la nationalité française, faudrait-il maintenant, en supprimant les tests de connaissance de la langue française, créer deux catégories de Français: les Français connaissant la France et les français dispensés d’une connaissance minimum de notre pays ?

Si l’antisarkozysme ne peut pas servir de programme de campagne, l’obsession sarkozyste n’est pas non plus bonne conseillère.

Tribune parue sur rue89

17/07/2011

Fillon dit tout haut notre schizophrénie sur la nationalité

En visite officielle en Côte d’Ivoire vendredi 15 juillet, le premier ministre François Fillon a répondu par une insinuation peu digne d’un premier ministre à Eva Joly qui le 14 juillet dernier avait proposé de « remplacer » le défilé militaire de la fête nationale par un défilé citoyen.

François Fillon a déclaré «Je pense que cette dame n’a pas une culture très ancienne des traditions françaises, des valeurs françaises, de l’histoire française

Ces propos se situent dans la droite ligne du débat sur l’identité nationale, du discours de Grenoble ou du débat sur la binationalité et François Fillon qui jusqu’ici avait une réputation de républicain bon teint trainera longtemps ce dérapage comme le sparadrap du capitaine Haddock.

Cependant, nous aurions tort de nous contenter de relever la dérive grave de nos institutions que constitue l’instauration de deux catégories de citoyens : les Français dits de souche et les Français "d’origine étrangère". Les uns auraient tous les droits d'un Français, les autres en auraient...un peu moins et seraient par exemple illégitimes à évoquer certains sujets ou à réclamer une totale égalité.

François Fillon.jpgFrançois Fillon ne fait que traduire notre schizophrénie collective sur la nationalité. Eva Joly en est "simplement" la victime collatérale.
Car c’est cette schizophrénie sur la nationalité qui amène certains de nous, en contradiction avec nos lois et nos valeurs, à considérer au fin fond de nous-mêmes, que la carte d’identité ne fait pas vraiment un français.

C’est la schizophrénie française sur la nationalité qui nous conduits à accepter plus facilement l’inscription de la parité dans la constitution que l’inscription dans cette même constitution de la…diversité.
C’est cette schizophrénie qui amène à accepter plus facilement les quotas de femmes en politique ou dans les entreprises que l’action positive.

Nous pouvons tirer à boulets rouges sur François Fillon mais tant que nous (responsables politiques de tous bords, citoyens, intellectuels, personnalités morales...) n’aurons pas le courage de regarder collectivement en face cette réalité, nous laisserons l’extrême-droite surfer sur notre schizophrénie et notre subconscient nous trahir à intervalles de plus en plus rapprochés.

La présidentielle de 2012 est une occasion unique de poser la seule question qui permettra de répondre à bon nombre de difficultés françaises notamment économiques : comment rassembler les Français, tous les Français et accepter la diversité de la société française ?

La diversité n’est pas une question annexe de cette présidentielle, c’est une question préalable car un pays divisé sur son identité aura toujours du mal à réussir collectivement. Tous ceux qui aiment la France et les Français devraient au moins tomber d'accord sur ce point.

15:07 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fillon, joly, 14 juillet, défilé, binationalité, nationalité | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

22/06/2011

Rapport Goasguen sur la nationalité : La lepénisation des esprits continue

Le journal Libération a publié aujourd'hui en "Une" des extraits du projet de rapport de la "Mission d'information sur le droit de la nationalité en France" dont le rapporteur est Claude Goasguen, député UMP de Paris.

Claude Goasguen.jpgSelon Libération, ce rapport introduirait l’exigence pour les personnes nées en France de parents étrangers nés à l’étranger de choisir entre « entre la nationalité française et leur(s) nationalité(s) étrangère(s) » lors de leur demande de naturalisation.

Le rapport recommanderait aussi de « subordonner l’acquisition de la nationalité française […] à la renonciation expresse du déclarant ou du candidat à sa ou ses nationalité(s) étrangère(s) ».

Ce projet montre bien que la campagne pour l’élection présidentielle de 2012 se déroule sur fond de "lepénisation des esprits". Le racisme se banalise au sommet de l'Etat, et au sein du parti majoritaire.

Aujourd’hui comme toujours, certains s’évertuent à vouloir diviser les Français.

Nous devons accepter la France telle qu’elle est afin de libérer l'espoir, l'énergie et le dynamisme du peuple français, pour que notre pays continue à être un grand pays, et non une nation repliée sur elle-même, et sur ses peurs.

06/06/2011

la binationalité en débat: l’obligation de choisir entre son père et sa mère ?

L’extrême-droite, la droite populaire et une partie de la droite classique sont à la manœuvre pour faire de la binationalité une des thématiques de la campagne présidentielle.

Binationalité (2).jpgParmi les tenants de la limitation ou de la suppression de la binationalité, peu se soucient de dire aux Français qu’une telle disposition ferait perdre à la France la souveraineté sur sa nationalité. En effet la France ne pourrait par exempple accorder la nationalité française à un américain ou un togolais que si les Etats-Unis ou le Togo autorisent le demandeur à perdre sa nationalité américaine ou togolaise.

Par ailleurs beaucoup évitent de dire que c’est l’égalité-homme femme qui est aussi en débat puisque c’est parce que les femmes ne perdent plus leur nationalité en se mariant que le nombre de binationaux a fortement augmenté.

Après la remise en cause de la binationalité, quelle sera la prochaine étape ? Imposer à certains Français de choisir entre leur père et leur mère ? Demander aux métis de se défaire de la couleur de l’un de leurs parents ?

11:24 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : binationalité, estrême-droite, droite populaire, nationalité, présidentielle | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

09/03/2011

Déchéance de nationalité abandonnée : le mal est déjà fait

Ainsi donc, la mesure-phare, la mesure-totem du énième projet la loi sur l’immigration, la mesure qui a mis le feu aux poudres le 30 juillet dernier a été abandonnée purement et simplement hier 8 mars 2011, juste avant le début l‘examen du texte par l’Assemblée nationale abandonnée purement et simplement. Tout ça pour ça serait-on tenté de dire.

Jusqu’ici la déchéance de la nationalité était réservée aux individus coupables d'atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation ou d'acte de terrorisme.
Dans son discours de Grenoble le 30 juillet 2010, le président de la République nous disait que rien n’était plus important que de l’étendre aux personnes devenues françaises depuis moins de 10 ans qui se seraient rendues coupables de crime à l'encontre de personnes dépositaires de l'autorité de l'État.

Nicolas sarkozy à Grenoble (Crédit photo AP).jpgNicolas Sarkozy a ainsi lié de manière totalement injuste, les questions d'insécurité en France à une immigration "insuffisamment régulée"
" Nous allons réévaluer les motifs pouvant donner lieu à la déchéance de la nationalité française. Je prends mes responsabilités" "La nationalité doit pouvoir être retirée à toute personne d’origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d’un fonctionnaire de police d’un militaire de la gendarmerie ou de toute autre personne dépositaire de l’autorité publique."

Aujourd’hui, tout cela semble oublié. Sauf qu’entre-temps le mal a été fait.
Il aurait mieux valu ne pas se mettre dans ce pétrin. La meilleure façon de se sortir d’une difficulté ? C’est peut-être de ne pas y être entré.
Oui le mal a été fait. L'extrême-droite a beau jeu maintenant de dénoncer la « lâcheté » de ceux qui reculent sur une mesure dangereuse.

Nous avons été très nombreux à nous opposer à cette mesure dès son annonce sentant bien tout le mal qu’elle ferait au pays.
Tout le monde voit bien aujourd’hui que cette mesure était bien un clin d’œil à l’extrême-droite.

Beaucoup de celles et ceux qui hier ne voyaient rien de mal dans cette mesure tournent casaque aujourd’hui.
Certes l’erreur est humaine, mais quand même !

Il paraît que le premier ministre François Fillon a annoncé hier que la décision d’abandonner cette disposition polémique avait été prise en accord avec le président de la République. Alors encore un effort : il reste maintenant à annuler le débat sur l’islam.

P.S. : Le collectif « Non à la politique du pilori » appelle à un rassemblement contre le projet de immigration, ce mercredi 9 mars, à Paris à 18h30 place Edouard-Herriot (face à l’Assemblée nationale). Malgré l'abandon du volet concernant la déchéance de la nationalité, le projet de loi contient toujours beaucoup de dispositions inacceptables.

07/09/2010

En quoi est-il moins grave de tuer un policier quand on est français de longue date, M. le président ?

Expliquez-nous M. le président, en quoi il serait moins grave de tuer un policier, quand on est français de naissance

M. le président de la République, vous souhaitez voir adoptée dans les meilleurs délais, la possibilité de retirer la nationalité française, dans un délai de 10 ans après l'accession à la nationalité française, à ceux qui portent atteinte à la vie d'une personne dépositaire d'une autorité publique, en particulier les policiers et les gendarmes.

Comme vous Monsieur le président je suis né de parents qui étaient français avant ma naissance, je n’ai donc rien à craindre de vos mesures. Il me semble même que mon père, qui a combattu l'occupant, était français avant le votre, mais cela ne me donne aucun mérite supplémentaire et pire, je ne veux pas faire de telles distinctions entre les français.

Je suis comme beaucoup de nos concitoyens, attaché à la sécurité, mais j’ai beau me creuser la tête, je ne vois pas en quoi il serait moins grave de tuer un policier, quand est français "de longue date", que quand est français depuis moins de 10 ans. Et pourquoi 10 ans d’ailleurs ?

Drapeau français.jpgJe souhaite que vous nous expliquiez,  M. le président de la République en quoi il serait moins grave de tuer un policier lorsque l‘on est français depuis 10 ans et un jour, que lorsque l’on est français depuis 10 ans tout juste ?

Et tant que nous y sommes, expliquez-nous M. le président, pourquoi il faudrait s’arrêter aux coupables ? Pourquoi  ne pas faire de différence, selon que la victime serait française depuis plus de 10 ans ou française depuis moins de 10 ans ?

Expliquez-nous, Monsieur le président, expliquez-nous, car j’ai le plus grand mal à comprendre.

Je suis triste, triste bien sûr que vous engagiez officiellement la France dans cette voie détestable, mais je suis tout aussi triste que cette mesure, inquiétante pour notre socle de valeurs communes, ne soulève pas de plus grandes réactions parmi nos concitoyens.

Pourquoi les grandes voix morales de notre pays se taisent-elles ?

J’ai du mal à imaginer que nos concitoyens ne se rebelleront pas d’une manière ou d’une autre, j’ai du mal à penser que la majorité dont on dit qu’elle serait silencieuse et dont je fais souvent partie, le restera et qu’elle va regarder ailleurs, tourner la tête, alors que l’on touche à l’essentiel.

Je pensais qu’il y avait, en France, des valeurs auxquelles on ne touchait pas. Je le pensais, et je veux continuer à le penser.

Le climat en France en cette rentrée est bien désagréable et bien attristant en vérité, M. le président.

05:44 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : déchéance, sarkozy, france, nationalité, république, égalité, fraternité | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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