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10/05/2016

Refonder la journée de la mémoire de l’esclavage est devenu indispensable

Je reproduis ici une tribune publiée par le Huffington Post
http://www.huffingtonpost.fr/patrick-lozes/journee-commem...

C 'est le 30 janvier 2006 et plus de cinq longues années après le vote à l’unanimité d’une loi dont l’article 4 instaurait en France…métropolitaine, la commémoration de l’abolition de l’esclavage (auparavant réservée aux seuls territoires d’outremer) que le président de la République de l’époque instituait le 10 mai comme date pour honorer le souvenir des esclaves et l'abolition de l'esclavage?

C’est contraint d'apporter des réponses aux émeutes de 2005, c’est sous la pression positive d’individus ainsi que d’associations qui ont réussi à imposer la question noire dans le débat public, que Jacques Chirac a repris l'une des propositions phare de la loi adoptée à l'unanimité par le Sénat le 10 mai 2001, en deuxième et dernière lecture. Cette loi portée par une parlementaire de gauche, Christiane Taubira, reconnaissant la traite et l'esclavage comme un crime contre l'humanité.

Président de droite et parlementaire de gauche ? La symbolique de cette union sur un thème qui transcende les frontières partisanes n’a jamais été valorisée. Bien au contraire, depuis la première commémoration de l’abolition de l’esclavage, les pouvoirs publics se sont montrés pusillanimes sur une question certes sensible mais sur laquelle les Français ont rapidement accumulé les connaissances.

Longtemps tu, longtemps tabou, le passé esclavagiste de la France a tardé à trouver sa juste place dans le récit national, mais nul aujourd’hui ne demande que l’on efface ce pan de notre histoire. Les Français acceptent que l’on se souvienne de l’esclavage mais demandent que l’on n’oublie pas les abolitions.

10 mai,esclaves,esclavage,mémoire,commémoration,abolition,histoire,outremer,afriqueLes Français conçoivent qu’une grande nation assume son histoire en totalité, ils reconnaissent qu’un grand pays regarde avec une égale attention les pages glorieuses et les moments sombres de son histoire.

Les Français exigent à juste raison que le rappel de la responsabilité de la France dans la traite négrière, n’occulte pas l’implication active des territoires dont étaient issus les esclaves dans la traite et l’asservissement.
Las, les responsables politiques de tous bords qui se sont succédé au pouvoir depuis 10 ans ont, les uns à la suite des autres, préféré les atermoiements et le service minimum à l’indispensable rassemblement des Français à travers les questions mémorielles.

Là où il y avait une nécessité de dire, le silence a été préféré. Au moment où il était nécessaire d’expliquer, certains ont fait mine d’entendre des demandes d’excuses.

Au manquement des pouvoirs publics, s’est ajoutée l’irresponsabilité de certaines associations qui n’ont pas compris la charge symbolique de la journée du souvenir en France métropolitaine, des esclaves et de la commémoration de l’esclavage. Ces associations se sont cantonnées à des initiatives spectaculaires mais contreproductives qui ont fini par lasser les Français et qui ont même renforcé la couardise du personnel politique. Pire, la journée du souvenir de l’esclavage devient l’enjeu de revendications extrémistes.

En ce 15ème anniversaire du vote au Sénat de la loi du 10 mai 2001, loi, essentielle pour notre Histoire collective, en ce 10ème anniversaire du début dans l’hexagone des commémorations de l’esclavage et de leurs abolitions, il faut imaginer autre chose que le triste spectacle auquel nous assistons chaque année avec d’un côté des associations isolées et de l’autre, un président de la République qui se recueille devant une stèle – et qui quelque fois oublie de le faire.

Il est regrettable que jamais aucune initiative forte ne soit venue affirmer l'importance pour la nation française de la commémoration en France métropolitaine de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions.

Il est indigne de notre pays que depuis 10 ans, aucune manifestation culturelle d’envergure nationale ne permette en cette occasion de rassembler en un même lieu une célébration officielle et une action populaire, à destination notamment des plus jeunes.

Il est donc grand temps de refonder la journée de la mémoire de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions.
L'esclavage et la traite ont entaché l’histoire française, cependant, la République a contribué à vaincre cette abomination. C’est la grandeur de la France de montrer comment elle a fini par surmonter cette souillure, c’est son honneur de le faire dans l’apaisement mais surtout dans le rassemblement le plus large.

http://www.huffingtonpost.fr/patrick-lozes/journee-commem...

10:45 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 10 mai, esclaves, esclavage, mémoire, commémoration, abolition, histoire, outremer, afrique | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

10/05/2015

Esclavage: Un Mémorial ACTe à la hauteur des enjeux

A l'occasion de la Journée de la mémoire de la traite négrière, de l'esclavage et de leurs abolitions, le président de la République François Hollande a inauguré aujourd'hui à la Guadeloupe en présence de plusieurs chefs d'Etat africains et caribéens le Mémorial ACTe, un des plus importants lieux de mémoire jamais dédiés à l'esclavage.

La mémoire de l’'esclavage longtemps refoulée commence à trouver une juste place dans le récit national français depuis qu’en 2006 Jacques Chirac a décidé de faire du 10 mai la Journée commémorative l'esclavage en métropole.

Memorial ACTe, esclavage, commémorations, 10 mai, mémoire, François Hollande, Jacques Chirac, , musées, cntres culturels, nouveaux négriersLe Mémorial ACTe s'inscrit dans cette évolution qui permet à notre pays d’'assumer son passé et de s'engager dans des réparations uniquement collectives.

Le Mémorial ACTe permettra aux descendants des victimes de l’esclavage de comprendre et faire comprendre l'horreur.
I
l permettra également à l'ensemble des Français d’apprendre du passé pour s’approprier cette mémoire qui ne peut être qu’une mémoire commune, et non pas une mémoire de quelques-uns contre d'autres.

Les musées, les instituts ou les centres culturels autour de l’esclavage contribuent à ce que l'histoire commune rassemble la nation de manière apaisée.

La journée du 10 mai et l'inauguration du Mémorial ACTe de Pointe-à-Pitre sont aussi l'occasion de s'interroger sans polémiques inutiles sur la manière dont la mémoire de l'esclavage peut trouver sa juste place dans les programmes scolaires.
Une seule ombre au tableau: en voulant insister sur le combat toujours actuel de la lutte contre l’esclavage le président de la République a parlé des «nouveaux négriers» qui monnaient des cargaisons humaines.
M. Hollande aurait pu faire l’économie de l’expression « nouveaux négriers » qui est irrespectueuse et blessante. S’il y des nouveaux négriers, qui sont les nouveaux "nègres" ?

La langue française regorge de mots que le président de la République aurait pu utiliser.

06/05/2010

L’absence de Sarkozy à la commémoration de l’esclavage et son abolition serait discriminatoire

Chaque année depuis l’instauration par Jacques Chirac d’une journée...nationale des mémoires de la traite de l’esclavage et de leurs abolitions le 10 mai, il est de tradition que le chef de l’Etat y participe.
L’intitulé de cette journée a été soigneusement calibré. Il est clairement question de Devoir de mémoire et non pas de repentance.

En 2007, pendant la transition présidentielle, Jacques Chirac le président en fonction et Nicolas Sarkozy le président élu, avaient conjointement pris part aux cérémonies.
La présence du chef de l’Etat à cette journée des mémoires a plusieurs vertus, en particulier celle de répondre à l’oubli des pages douloureuses de notre histoire.

La France avait en effet trop tendance à passer sous silence, les périodes sombres  de son histoire au cours desquelles, l’Etat et la République, répandaient leurs principes tout en les trahissant.

Jacques Chirac en 2006.jpgCette journée des mémoires est aussi une manière de répondre à la demande de justice mémorielle des exclus du récit national. C’est une manière de répondre à ces millions de citoyens, notamment de la diversité et de les associer à la France d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

La participation du président de la République à la journée des mémoires de la traite de l’esclavage et de leurs abolitions est donc importante.

En 2009, rompant brutalement avec la noble tradition républicaine de cette présence du chef de l’Etat, Nicolas Sarkozy a trouvé dans son agenda, la veille, le temps d’assister, à un match de football, mais n’a pas trouvé le temps d’assister aux cérémonies à la mémoire des millions de victimes de l’esclavage.

Faut-il rappeler que le président de la République est le président...de tous les français ?
Faut-il rappeler que le président de République doit veiller au respect de la Constitution qui elle-même affirme l’attachement du peuple français aux Droits de l'Homme ?
Qui peut croire que le président de la République ne parvienne pas à trouver une heure...par an pour la mémoire des victimes de ce crime contre l’humanité ?
Qui peut croire que le Président de tous les Français puisse se montrer indifférent à ce qui est le paroxysme de l’exploitation de l’homme par l’homme ?

Pourtant, en 2010, une nouvelle dérobade de Nicolas Sarkozy à cette journée des mémoires est envisagée.
Une telle absence serait une forme de discrimination. Elle dirait en somme, que décidément ce qui concerne la diversité n’est jamais la priorité, n’est jamais urgent.
Cette discrimination ferait le lit des extrémistes et des démagogues qui l’utiliseront à leur avantage pour tenter de capter les laissés-pour-compte de la République.
Cette discrimination renforcerait même le communautarisme, que pourtant Nicolas Sarkozy dit vouloir combattre.

10:15 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sarkozy, discrimination, 10 mai, esclavage, mémoire, abolition, traite | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

05/05/2010

Sarkozy veut-il liquider la commémoration de l'esclavage ?

Depuis 2006, le 10 mai est la Journée nationale de commémoration des mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions.

Cette journée du souvenir permet à tous les Français, quelle que soit la couleur de leur peau, de se souvenir ensemble des millions de victimes de l'esclavage.


Nicolas Sarkozy.jpgSur le plan symbolique, il est particulièrement important, que le président de la République, Nicolas Sarkozy, s’associe à cette commémoration.


Une absence du Chef de l’Etat à cette cérémonie, cette année, serait choquante et préjudiciable à cette journée du souvenir et de la mémoire qui a trouvé toute sa place dans les villes et les villages de France.

Le Centre de mémoire et de recherche sur la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions, dont l'étude de préfiguration avait été confiée à Edouard Glissant, attend encore de voir le jour.
Les moyens pour permettre à Edouard Glissant de mener à bien ce projet ne lui ont toujours pas été donnés.
Les recommandations du Comité pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage, de lancer la construction d’un musée national de l’esclavage en France, n'ont toujours pas été suivies par le gouvernement

 

Que signifie cet attentisme ?

Je n'ai pas oublié que quelques jours avant la célébration du 11 novembre 2008, l'historien André Kaspi avait suscité la polémique en laissant entendre qu’il y avait une "inflation" commémorative" et il avait proposé de donner une signification particulière et nationale aux seuls 8-Mai, 14-Juillet et 11-Novembre, les autres dates ayant "un statut régional" ou "communautaire" ( ???), et moins souvent "national".

Devant le tollé suscité par cette proposition et le risque d’une indigne "hiérarchie des mémoires" qui ouvrirait inévitablement la voie à une non moins indigne concurrence mémorielle, l’historien avait finalement annoncé qu’il était « contre la remise en cause de commémorations existantes, qu'elles soient nationales ou autres ».

Si officiellement le projet de "déflation commémorative" est abandonné, on sait que les visiteurs du soir de l’Elysée sont toujours actifs...

Alors la question mérite d’être posée : Nicolas Sarkozy veut-il ou essaie-t-il de liquider la journée de commémoration de l’esclavage ?

L’histoire ne doit pas servir à excuser ou accuser, l'histoire doit servir à...expliquer

09:21 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : esclavage, traite négrière, mémoire, abolition, 10 mai, sarkozy, kaspi | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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