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21/09/2015

Fillon et statistiques ethniques: Bienvenue dans la réalité

Dans son livre  « Faire » puis dans une interview au Journal du dimanche, l’ancien premier ministre François Fillon souhaite «faire sauter» le «tabou incroyable» des statistiques ethniques.
François Fillon déclare au JDD ce 20 septembre : « C’est là un tabou incroyable qui fait que personne ne sait en France quelle est la réalité du peuplement de notre pays… […] il faut avoir la possibilité de savoir qui on accueille, ce que ces personnes deviennent, comment elles s’intègrent. Pour cela, il faut des statistiques «ethniques ».

François Fillon.jpgBienvenue dans la réalité M. Fillon ! Mais pourquoi François Fillon qui a été premier ministre pendant cinq ans n’a-t-il pas fait sauter ce « tabou » et pourquoi ne dépose-t-il pas une proposition de loi sur le sujet alors qu’il est député ?

Depuis de longues années, nous nous battons pour que la réalité sociologique de notre pays soit connue. La connaissance de cette réalité sociologique passe par les statistiques ethniques qui seules peuvent permettre de matérialiser le plafond de verre c’est à dire les discriminations indirectes qui sont les plus nombreuses et les plus sournoises.

Refuser les statistiques ethniques c’est s’enfermer dans le déni de la réalité.

Un sondage Odoxa publié le 9 mai 2015 montre qu'une majorité de Français (55%) est favorable aux statistiques ethniques.

On se demande ce que M. Fillon attend pour déposer une proposition de loi sur les statistiques ethniques.

12:28 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fillon, statistiques ethniques, jdd, loi, sondage, odoxa, discrimination | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

10/05/2015

Français pour les statistiques ethniques: Un projet de loi est urgent

Un sondage* Odoxa pour ITélé publié le 8 mai 2015 montre qu'une majorité de Français (55%) est favorables aux statistiques ethniques.

En revanche, les Français se déclarent choqués (54%) par les méthodes employées par Robert Ménard, le maire de Béziers, qui a autoritairement assigné des enfants des écoles de sa ville à la confession musulmane sur la base de leurs prénoms.

Les statistiques ethniques n’ont rien à voir avec le fichage ethnique qui consiste à associer le nom d’une personne à son origine, à sa couleur de peau, sa religion etc.

Les partisans des statistiques ethniques ou de la diversité sont opposés au fichage ethnique.
Il faut dire oui aux statistiques ethniques et non à la constitution de fichiers ethniques.

Statistiques ethniques.jpgCe sondage marque une évolution favorable et très satisfaisante de la société française. Les statistiques ethniques ou de la diversité permettent d’évaluer les politiques publiques de lutte contre les discriminations.

Il est maintenant temps que le premier ministre Manuel Valls qui a déclaré à plusieurs reprises être favorable aux statistiques ethniques dépose un projet de loi sur les statistiques ethniques et que ce projet de loi fasse l'objet d’un grand débat parlementaire.

L'objectif est d’autoriser la conduite d'études pour mesurer notamment le niveau des discriminations, en restant dans le cadre des rapports scientifiques expressément autorités par la Commission nationale informatiques et libertés (CNIL).

Les discriminations les plus nombreuses et les plus graves sont les discriminations indirectes qui ne peuvent être révélées qu'à l'aide d’un outil statistique.

Les statistiques ethniques ou de la diversité constituent le meilleur outil contre le repli identitaire parce qu'elles expriment un signal fort de l'investissement des pouvoirs publics dans la lutte contre les discriminations.

*Sondage réalisé par internet les 7 et 8 mai 2015 auprès d'un échantillon de 1.008 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Notice consultable auprès de la commission des sondages.

07/01/2014

Dieudonné fossoyeur des minorités discriminées

Dans sa dérive antisémite Dieudonné M’bala M’bala trompe les minorités discriminées qu’il instrumentalise.

Les pouvoirs publics doivent être soutenus dans leur lutte contre Dieudonné et son effrayant délire anti-juif.
Pour autant, il faut prendre garde à ne pas transformer Dieudonné en martyr pour son public dans lequel on retrouve des partisans de l’extrême-droite mais aussi des minorités discriminées.

Le public de Dieudonné ne doit pas être ignoré sous peine de voir se répéter les conséquences de l’erreur commise avec les électeurs des Le Pen père et fille.

Dieudonné t Le Pen.jpgIl faut expliquer au public de Dieudonné et notamment aux minorités discriminées que l’antisémitisme est une double horreur à la fois morale et politique.
Il faut faire comprendre en particulier à son public issu des quartiers populaires que le combat de Dieudonné n’est pas le leur, que les diatribes haineuses sont stériles et sans effet sur leur frustration face aux discriminations et au racisme.

Dieudonné ne lutte pas concrètement contre les discriminations dans l’emploi dans le logement ou face à l’administration. Dieudonné ne cherche pas à lutter contre le racisme
car la haine de l’autre est une impasse et la position antisystème un leurre pour qui veut réellement transformer la société et agir sur les difficultés que cherche à dénoncer une partie du public de Dieudonné.
C’est par le dialogue y compris ferme et la négociation exigeante que l’on transforme le "système".

Mais il ne suffira pas de dénoncer Dieudonné, il faudra également se demander pourquoi l’idéologie insupportable et malfaisante qui sous-tend ses provocations ne le disqualifie pas aux yeux de ceux qui eux-mêmes sont victimes d’intolérance et qui devraient comprendre qu’accepter la haine pour les uns, c’est accepter la haine pour eux !

Il y a bien au sein du public issu des quartiers qui soutient Dieudonné, une revendication urgente d'égalité et une soif de justice de ces populations qui se sentent délaissées.

Les pouvoirs publics doivent aussi entendre cette désespérance et y répondre concrètement.

10:09 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dieudonné, antisémitisme, racisme, discrimination, le pen, anti-juif, antisysteme, minorités | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

09/12/2013

Hollande inspiré par Mandela s’attaquera aux discriminations

Depuis le décès de Nelson Mandela, le président de la République François Hollande multiplie les déclarations sur le héros de la lutte contre la ségrégation raciale.
C’est ainsi qu’il a indiqué le 6 décembre dernier lors de l’ouverture du sommet de l'Elysée pour la Paix et la Sécurité en Afrique, organisé à Paris, que Mandela était « un exemple de lucidité face aux dérives du pouvoir, et […] sera toujours la référence de la lutte contre le racisme, contre les discriminations, contre toutes les intolérances et les injustices » On ne saurait mieux dire !

Mais il ne suffit pas de parler. La lucidité commande à François Hollande de se rappeler qu’il est président d’une République au sein de laquelle subsistent "le racisme, les discriminations, les intolérances et les injustices". Le message du père de la nation arc-en-ciel est universel et il appartient aux responsables politiques qui " récupèrent" aujourd’hui son action, de comprendre le sens profond de son message.

Or depuis l’accession de François Hollande à la présidence de la République, ses actions concrètes pour lutter contre les discriminations sont inexistantes.
M. Hollande qui ira rendre un dernier hommage à Nelson Mandela devrait se souvenir que la plus belle manière de saluer sa mémoire est de s’atteler à rendre son propre pays, la France, plus juste.

Des mots, toujours des mots, rien que des mots
François Hollande a donné à son gouvernement, des visages qui accélèrent l’acceptation de la diversité de la France, mais il s’est arrêté à ce « fait du prince » qui s’apparente à du saupoudrage parce qu’il n’est suivi d’aucune politique publique de lutte contre les discriminations. Des mots, rien que de mots...

Hollande salue Mandela.jpgIl appartient au Président de la République, de donner l'exemple d'une démocratie moderne dans laquelle chacun se reconnaît, se retrouve, se respecte et accepte toutes les composantes de la nation.
L
es idéaux républicains constituent un bien précieux que les injustices, notamment celles liées aux discriminations en particulier dans le logement, dans l’emploi etc, ne doivent plus mettre à mal.

L’Etat, à son plus haut niveau, doit donner l’exemple de la cohésion nationale en mettant en place des politiques publiques visant à lutter contre les injustices et les discriminations.

En Afrique du Sud, M. Hollande ne devrait pas avoir trop de mal à mieux comprendre l’œuvre de Nelson Mandela et, sait-on jamais, à revenir en France inspiré de son exemple...

04/07/2012

La mairie de Paris évalue les discriminations en son sein

Pour une première, c’est une première.
Les études sur les discriminations dans le monde du travail, qui ont pris leur essor en 2004 (date du lancement de la charte de la diversité par Claude Bebéar) étaient jusqu'ici menées auprès des entreprises du secteur privé.

Pour la première fois, l’Institut national des études démographiques (INED) a mené sous la houlette de Mireille Eberhard et Patrick Simon, une
enquête sur la discrimination auprès d’une collectivité territoriale et plus spécifiquement des agents de la ville de Paris.

Mairie de Paris.jpgL’étude (
cliquez ici) visait d’une part à évaluer les déséquilibres éventuels dans les parcours professionnels et d’autre part à analyser la perception et l’expérience des discriminations.

Les résultats passionnants de cette enquête montrent que:

-
Les groupes les plus exposés aux discriminations sont : les femmes, les jeunes (moins de 35 ans) et les agents originaires d’Afrique et des DOM-TOM.

- 39 % des agents de la Ville de Paris déclarent à avoir été témoins d’une discrimination ou d’un traitement défavorable à la Ville.

- 29 % des agents de la Ville de Paris disent avoir vécu au moins une discrimination.

- Les originaires d’Afrique et des DOM-TOM font des déclarations d’expérience de discrimination (40%) nettement supérieures aux autres groupes, qui se situent un peu en-dessous de 30%

- L’ascenseur social concerne moins les descendants d’origine africaine (9%) ou des DOM-TOM (5%) que la population majoritaire (18%).

- Les agents originaires d’Afrique et des DOM-TOM sont surreprésentés dans les emplois de catégorie C qui est la catégorie hiérarchique la plus basse dans la grille de la fonction publique. C’est une catégorie au sein de laquelle le recrutement se fait sur concours de niveau brevet ou CAP/BEP ou sans concours.

A la mairie de Paris, cette catégorie C concentre...90% des originaires des DOM-TOM et leurs descendants, et 80% des immigrés d’Afrique contre...8% pour la population majoritaire.

Comme il s’agissait d’une étude inédite, la situation des agents de la Ville de Paris n’a hélas pas pu être comparée à celle d’autres collectivités territoriales.

Il est temps que d’autres collectivités se livrent au même exercice de transparence et de connaissance que Paris.


Retrouvez l'étude sur: http://www.ined.fr/fichier/t_presse_fichier/59/fichier_fi...

10:27 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : discrimination, mairie de paris, ined, patrick simon, mireille eberhard | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

23/03/2012

Merah, Français d’origine algérienne ? Non d’origine...française !

Le tueur est un Français d’origine algérienne a-t-on commencé à dire. Et cela n’a plus cessé.
Les mêmes, notamment les médias, qui, avec une pudeur consommée se refusaient à dire que les premières victimes du tueur à scooter étaient des Français..."de la diversité" répétaient ad nauseam, une origine supposée du meurtrier. Allez comprendre.
Ou plutôt on comprenait qu’il fallait, consciemment ou non, embourber le tueur dans une identité qui nous rassurait.

Forces de l'ordre le 22 mars 2012.jpgEn réalité, le terroriste Mohamed Merah est un Français né à Toulouse, scolarisé à Toulouse et mort à Toulouse. Il est Français et s’il faut vraiment lui trouver une origine, alors il, est français d’origine toulousaine, Français d’origine française.

Pourquoi d’ailleurs lui trouver à tout prix, une origine et hors du territoire national ? N’est-ce pas là une manière d’éviter la question qui fâche ? N’est-ce pas une manière d’éviter de s’interroger sur ce qui conduit des enfants français qui n’ont connu que la France, à en arriver à ne pas aimer leur pays pour beaucoup trop, en arriver à lui en vouloir pour quelques-uns, et pour un certains d’entre eux, en arriver à haïr leur propre pays au point passer à l’acte et considérer tous ceux qui ne partagent pas leur haine, comme d’irréductibles ennemis.

La question que le parcours détestable de Mohamed Merah pose à la société française est une question française. Ce n’est pas une question algérienne. Face à la crise de société que nous traversons, face au traumatisme collectif que nous venons de vivre, notre grande démocratie ne peut continuer à repousser l’échéance.

Nous ne pouvons pas continuer à refuser de nous poser les vraies questions, celles des conséquences de la discrimination celles de l'intégration dans le tissu social économique, politique et social, de tous les Français donc aussi des Français victimes de discrimination quelles que soient ces discriminations et pas seulement celles liées à la religion ou à l’apparence.

30/04/2011

Quotas discriminatoires dans le football ?

Dans un article publié le 28 avril (ici), le journal en ligne Mediapart affirme que Laurent Blanc, le sélectionneur de l'équipe de France de football et plusieurs autres dirigeants de la Direction technique nationale (DTN) de la Fédération Française de Football, auraient « approuvé dans le plus grand secret, fin 2010, le principe de quotas discriminatoires officieux dans les centres de formation de la fédération, les écoles de foot du pays ».
Au terme de son enquête, Mediapart conclut: « L'objectif avoué au sein de la DTN, mais inavouable au grand public, est de limiter, en les triant dès l'âge de 12-13 ans, le nombre de joueurs français de type africains et nord-africains. Une authentique ségrégation appliquée au football. »

Laurent Blanc (Crédits photo Reuters).jpgLaurent Blanc nie en bloc, mais Mediapart maintient ses informations et a même apporté de nouveaux élements ce 30 avril 2011.

Si les faits sont avérés, cette affaire d'une extrême gravité irait au-delà de la banalisation de la parole raciste de la société française à laquelle nous assistons depuis quelques mois.
Il ne s'agirait plus de propos racistes mais d’une politique raciste.

L’extrême-droite serait-elle à la tête de l'équipe de France ?

13:08 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : quotas, mediapart, football, fff, laurent blanc, dtn, extrême droite, discrimination, racisme | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

07/10/2010

Pour mieux vendre, Mohamed doit s'effacer devant « Alexandre »

Nous sommes en France, nous sommes en 2010 et nous sommes encore confrontés à des situations de discrimination indignes.

Nous sommes en France, en 2010, à un moment où le pouvoir, plutôt que d’engager une véritable lutte contre les discriminations qui est pourtant le meilleur moyen gagnant-gagnant de favoriser l’"intégration", se complaît dans la dangereuse storytelling du "nous" et du "eux", ces "eux" qui « refusent de s’intégrer »...
Nous sommes en France, en 2010, et certains se réfugient dans le déni des discriminations ou prétendent que la lutte contre les discrimination serait illégitime.

CV Anonyme.jpgA tous ceux-là, je veux raconter l’histoire qui suit.

Cela se passe en 2010, cela se passe en France: Mohamed un lycéen, qui effectuait un stage dans une société dans les Ardennes a saisi la justice à la suite d’une discrimination pratiquée par la direction de l’entreprise qui l’employait.
Cette entreprise lui aurait demandé de se présenter par téléphone aux clients sous le prénom...«Alexandre», plus vendeur à leur avis que «Mohamed».

L’entreprise nie les faits mais d’une étrange manière: elle ne réfute pas avoir demandé au jeune stagiaire de changer de prénom, mais rétorque qu’il est «
d'usage dans la profession que les télévendeurs changent leur prénom, ce qui leur permet de préserver leur identité et ainsi d'éviter de s'exposer personnellement »
Voire...

En novembre 2009, la cour de Cassation a rendu un jugement qui impliquait un autre Mohamed qui s’était vu conseiller d'utiliser plutôt le prénom «Laurent». Décidément...
La cour de Cassation a estimé que « demander à un salarié de changer de prénom» s'apparentait à une forme de discrimination.

Nous sommes en 2010, en France où la lutte contre les discriminations en est encore à ses balbutiements et où la politique du gouvernement en la matière se résume au cautère sur jambe de bois que représente le CV anonyme.
CV anonyme, dont le message très violent est de dire que pour rentrer dans une entreprise, il vaut mieux cacher son prénom, son nom et son visage, comme s'il n'y avait pas, par ailleurs, l'étape cruciale de l'entretien de recrutement...

J’ai du mal à ne pas voir une même logique entre la violence du CV anonyme et la violence du message envoyé aux 2 Mohamed.

08:36 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : prénom, mohamed, entreprise, discrimination, plainte | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

17/07/2010

Pour Thuram Bleus ont réveillé le racisme : consternant !

J’ai relu les phrases plusieurs fois tellement elles m’ont semblé grotesques et inacceptables.

Revenant sur les « conséquences dans la société française » de la grève de l'entraînement à Knysna des joueurs de l’équipe de France de football lors du Mondial en Afrique du Sud, l’ancien international et représentant des sportifs d'élite au Conseil fédéral de la Fédération française de football (FFF), Lilian Thuram a déclaré dans le journal l’Equipe de ce jour samedi 17 juillet.

«Par leur geste, les joueurs ont été capables de réveiller le racisme latent dans la société. Nous sommes dans le raccourci : "Les problèmes viennent du fait qu'il y a trop de Noirs en équipe de France". Quand vous arrivez à ce point à réveiller les mauvais côtés de la société, c'est que vous avez une responsabilité. En ce moment la fédération reçoit des courriers avec des licences déchirées et des lettres d'insultes racistes. Moi, je ne veux pas minimiser les faits
Des propos consternants.

Lilian Thuram.jpgJe ne sais pas sur quelles statistiques sérieuses M. Thuram se base pour juger du réveil du racisme depuis le...20 juin 2010, c'est-à-dire depuis environ 4 semaines!
Nous sommes dans le raccourci dit Lilian Thuram? Oui, en effet.
Juger du « réveil » du racisme latent et des « mauvais côtés de la société » à l'aune des lettres reçues à la FFF est...un peu court, pour rester aimable.

Entendons-nous bien, le racisme, c’est  la théorie de la hiérarchie des groupes humains, qui conclut à la nécessité de la préservation du groupe considéré comme supérieur.
Le racisme c’est une idéologie fondée sur la croyance en la supériorité de certains groupes humains par rapport à d'autres, c’est le droit des uns à dominer les autres.
Le racisme c’est un sentiment abject, c’est aussi la discrimination raciale, la stigmatisation, la diffamation, les injures, les actes violents.
Le racisme, ce sont des formes d'expression considérées comme des délits en France.

Les Bleus ont-ils vraiment réveillé tout cela depuis la grève du 20 juin 2010?

Il y a parmi les Bleus plusieurs joueurs qui ont déclaré avoir été victimes de racisme.
Comment alors M. Thuram, qui est plutôt connu pour tenir des propos réfléchis, peut-il accuser les victimes de racisme d’être la cause du racisme qu’ils subissent ?
Peut-on accuser les malheureuses  victimes d’agressions d’avoir provoqué leurs assaillants ?

«Par leur geste, les joueurs ont été capables de réveiller le racisme latent dans la société» : Mettez cette phrase dans la bouche d’un autre membre de la fédération française de football, et vous aurez un scandale !
Prononcés par un député disons de droite ces mots provoqueront à coup sûr un tollé bien compréhensible.

De deux choses l’une, ou M. Thuram a voulu dire autre chose, et dans ce cas, en homme responsable il faut qu’il clarifie ses propos, où alors, il assume ses déclarations, et il risque, hélas de ternir son image.

28/06/2010

Non à la catho-laïcité et oui à un islam de France qui chasse les discriminations

Le premier ministre François Fillon inaugure en ce lundi 28 juin la mosquée Al-Ihsan (la bienfaisance) à Argenteuil, dans le Val-d'Oise, aux côtés de Brice Hortefeux, le ministre de l’Intérieur, également Ministre des Cultes, de Mohammed Moussaoui  le président du Conseil Français du Culte Musulman, et de Dalil Boubaker le recteur de la grande mosquée de Paris.

Cette mosquée de 3000 mètres carrées et qui possède un minaret est le premier bâtiment véritablement conçu et dédié au culte l’islam.

C’est la première fois sous la
Ve République, qu’un premier ministre inaugure une mosquée. Plusieurs voix s’élèvent contre cette inauguration par le premier ministre.


Cette sorte de catho-laïcité qui devient le schéma de pensée dominant en France est étonnante
La loi du 9 décembre 1905 impose à la République de garantir le libre exercice des cultes…donc de tous les cultes.


Il était  grand temps que le gouvernement donne des gages aux musulmans
échaudés par les dérapages islamophobes liés au débat sur l’identité nationale, par les conséquences du vote Suisse sur les minarets et par le débat du le niqab

Nous avons encore en mémoire le mitraillage de la mosquée d’Istres dans les Bouches-du-Rhône ou l’’attaque à la kalachnikov contre boucherie halal du centre de Marseille le 24 avril dernier.
Ces évènements ont confirmé le climat raciste et xénophobe qui s’installe en France et porte en lui des germes de division.

Mosquée Al Ihsan.jpgCependant, il serait aussi temps que l’instance de représentation de l’islam de France, le Conseil français du culte musulman (CFCM) s’attelle à faire la chasse aux discriminations qui persistent en son sein.

Le CFCM, a refusé de condamner les violences
homophobes en refusant de participer le 17 mai dernier au colloque contre l’homophobie organisé à l'occasion de la journée mondiale contre l'homophobie
. Toutes les religions étaient présentes à ce colloque.

Et puis il y a la question encore taboue de la discrimination indirecte liée à la très faible représentation des musulmans non originaires du Maghreb au sein de l’islam de France.
Le CFCM en particulier et l’islam de France en général doivent désormais s’efforcer de mieux représenter les musulmans qui ne sont pas originaires du Maghreb. Il y a en effet de nombreux musulmans français issus notamment des Comores, de l’Afrique subsaharienne. Il y a de nombreux musulmans français qui ne sont pas originaires d’Afrique et qui doivent également être représentés par le CFCM.

Il est heureux que le président de la République et son gouvernement, reprennent, à une semaine du vote de la loi d’interdiction du port du voile intégral dans l'espace public, des initiatives sur la question de l’égalité et la diversité qui semblaient abandonnées depuis les élections régionales au profit d’une fuite en avant sécuritaire.

Il est souhaitable que le gouvernement ne fasse plus de la diversité et des quartiers populaires des banlieues, le laboratoire des politiques sécuritaires.

 
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