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09/03/2011

Déchéance de nationalité abandonnée : le mal est déjà fait

Ainsi donc, la mesure-phare, la mesure-totem du énième projet la loi sur l’immigration, la mesure qui a mis le feu aux poudres le 30 juillet dernier a été abandonnée purement et simplement hier 8 mars 2011, juste avant le début l‘examen du texte par l’Assemblée nationale abandonnée purement et simplement. Tout ça pour ça serait-on tenté de dire.

Jusqu’ici la déchéance de la nationalité était réservée aux individus coupables d'atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation ou d'acte de terrorisme.
Dans son discours de Grenoble le 30 juillet 2010, le président de la République nous disait que rien n’était plus important que de l’étendre aux personnes devenues françaises depuis moins de 10 ans qui se seraient rendues coupables de crime à l'encontre de personnes dépositaires de l'autorité de l'État.

Nicolas sarkozy à Grenoble (Crédit photo AP).jpgNicolas Sarkozy a ainsi lié de manière totalement injuste, les questions d'insécurité en France à une immigration "insuffisamment régulée"
" Nous allons réévaluer les motifs pouvant donner lieu à la déchéance de la nationalité française. Je prends mes responsabilités" "La nationalité doit pouvoir être retirée à toute personne d’origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d’un fonctionnaire de police d’un militaire de la gendarmerie ou de toute autre personne dépositaire de l’autorité publique."

Aujourd’hui, tout cela semble oublié. Sauf qu’entre-temps le mal a été fait.
Il aurait mieux valu ne pas se mettre dans ce pétrin. La meilleure façon de se sortir d’une difficulté ? C’est peut-être de ne pas y être entré.
Oui le mal a été fait. L'extrême-droite a beau jeu maintenant de dénoncer la « lâcheté » de ceux qui reculent sur une mesure dangereuse.

Nous avons été très nombreux à nous opposer à cette mesure dès son annonce sentant bien tout le mal qu’elle ferait au pays.
Tout le monde voit bien aujourd’hui que cette mesure était bien un clin d’œil à l’extrême-droite.

Beaucoup de celles et ceux qui hier ne voyaient rien de mal dans cette mesure tournent casaque aujourd’hui.
Certes l’erreur est humaine, mais quand même !

Il paraît que le premier ministre François Fillon a annoncé hier que la décision d’abandonner cette disposition polémique avait été prise en accord avec le président de la République. Alors encore un effort : il reste maintenant à annuler le débat sur l’islam.

P.S. : Le collectif « Non à la politique du pilori » appelle à un rassemblement contre le projet de immigration, ce mercredi 9 mars, à Paris à 18h30 place Edouard-Herriot (face à l’Assemblée nationale). Malgré l'abandon du volet concernant la déchéance de la nationalité, le projet de loi contient toujours beaucoup de dispositions inacceptables.

07/09/2010

En quoi est-il moins grave de tuer un policier quand on est français de longue date, M. le président ?

Expliquez-nous M. le président, en quoi il serait moins grave de tuer un policier, quand on est français de naissance

M. le président de la République, vous souhaitez voir adoptée dans les meilleurs délais, la possibilité de retirer la nationalité française, dans un délai de 10 ans après l'accession à la nationalité française, à ceux qui portent atteinte à la vie d'une personne dépositaire d'une autorité publique, en particulier les policiers et les gendarmes.

Comme vous Monsieur le président je suis né de parents qui étaient français avant ma naissance, je n’ai donc rien à craindre de vos mesures. Il me semble même que mon père, qui a combattu l'occupant, était français avant le votre, mais cela ne me donne aucun mérite supplémentaire et pire, je ne veux pas faire de telles distinctions entre les français.

Je suis comme beaucoup de nos concitoyens, attaché à la sécurité, mais j’ai beau me creuser la tête, je ne vois pas en quoi il serait moins grave de tuer un policier, quand est français "de longue date", que quand est français depuis moins de 10 ans. Et pourquoi 10 ans d’ailleurs ?

Drapeau français.jpgJe souhaite que vous nous expliquiez,  M. le président de la République en quoi il serait moins grave de tuer un policier lorsque l‘on est français depuis 10 ans et un jour, que lorsque l’on est français depuis 10 ans tout juste ?

Et tant que nous y sommes, expliquez-nous M. le président, pourquoi il faudrait s’arrêter aux coupables ? Pourquoi  ne pas faire de différence, selon que la victime serait française depuis plus de 10 ans ou française depuis moins de 10 ans ?

Expliquez-nous, Monsieur le président, expliquez-nous, car j’ai le plus grand mal à comprendre.

Je suis triste, triste bien sûr que vous engagiez officiellement la France dans cette voie détestable, mais je suis tout aussi triste que cette mesure, inquiétante pour notre socle de valeurs communes, ne soulève pas de plus grandes réactions parmi nos concitoyens.

Pourquoi les grandes voix morales de notre pays se taisent-elles ?

J’ai du mal à imaginer que nos concitoyens ne se rebelleront pas d’une manière ou d’une autre, j’ai du mal à penser que la majorité dont on dit qu’elle serait silencieuse et dont je fais souvent partie, le restera et qu’elle va regarder ailleurs, tourner la tête, alors que l’on touche à l’essentiel.

Je pensais qu’il y avait, en France, des valeurs auxquelles on ne touchait pas. Je le pensais, et je veux continuer à le penser.

Le climat en France en cette rentrée est bien désagréable et bien attristant en vérité, M. le président.

05:44 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : déchéance, sarkozy, france, nationalité, république, égalité, fraternité | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

06/09/2010

Déchéance de la nationalité : une double peine inutile et dangereuse

Nicolas Sarkozy s'est prononcé aujourd'hui sur le contenu des mesures de déchéance de la nationalité qui devraient être intégrées au Projet de loi immigration, intégration, nationalité qui sera examiné par le parlement à partir du 27 septembre 2010.

S’il faut se féliciter du rejet des propositions visant à punir la "polygamie de fait" ou l’excision (pratiques condamnables) par la déchéance de la nationalité, il est à déplorer que Nicolas Sarkozy entende déchoir de la nationalité les Français "d’origine étrangère" qui porteraient atteinte à la vie d'une personne dépositaire d'une autorité publique.

Il est tout aussi grave de tuer un policier, quelle que soit son origine. Ces crimes sont, par ailleurs, déjà punis de lourdes peine. Par cette nouvelle disposition, Nicolas Sarkozy crée, donc, une double peine.

Nicolas sarkozy à Grenoble (Crédit photo Reuters).jpgLe gouvernement prend paradoxalement le risque d'ôter tout caractère dissuasif à la déchéance de la nationalité, qui était une mesure forte, en raison de son caractère exceptionnel.
En banalisant la déchéance de la nationalité, le gouvernement prend à la fois le risque du populisme et de l'inefficacité en matière criminelle.

Enfin, et surtout, ces mesures créeraient de fait, une catégorie de sous-citoyens, les Français « d’origine étrangère ». Ils envoient un message sans ambiguïtés aux Français naturalisés, en leur indiquant qu'ils ne font pas partie de la communauté nationale.

En créant cette sous-catégorie de la nationalité, en créant une nationalité de plein droit et une nationalité conditionnelle, Nicolas Sarkozy et son gouvernement divisent les Français et renforcent le communautarisme.

15:21 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : déchéance, sarkozy, polygamie, populisme | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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