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14/06/2008

Création d'un conseil scientifique « chlordécone » : Pourquoi écarter les associations ?

L’InVS et l'Inserm (respectivement institut de veille sanitaire et institut national de la santé et de la recherche médicale) ont annoncé avant-hier 12 juin 2008, la création d’un Conseil scientifique « chlordécone », dans le cadre du Plan d'action chlordécone 2008-2010 aux Antilles françaises.
Ce conseil scientifique a « pour objectif de proposer des axes de recherches complémentaires, le renforcement de la veille sanitaire et d'améliorer la surveillance de l'impact des pesticides ».

En outre, il « procédera à une analyse approfondie des connaissances scientifiques, auditionnera de nombreux acteurs et experts et effectuera une mission aux Antilles dans le courant de l'automne ». Les premières conclusions de ses travaux sont attendues pour le premier trimestre 2009.
La création de ce Conseil scientifique est à saluer mais pourquoi les associations en ont-elles été exclues? 
Il est souhaitable que les associations puissent en faire partie, avec un statut particulier s’il le fallait...
Il est également souhaitable que le conseil élargisse son action aux autres pesticides suspectés.

Un premier rapport publié par le professeur Belpomme en septembre 2007 avait conclu que les Antilles françaises étaient aujourd'hui « la deuxième région du monde la plus touchée par le cancer de la prostate ». Le professeur Belpomme avait parlé d' « un véritable empoisonnement » en Martinique et en Guadeloupe.

En cause, l'utilisation de plusieurs pesticides dont le chlordécone, un pesticide interdit aux Etats-Unis depuis 1976 et en France métropolitaine depuis 1990, mais qui ne fut interdit aux Antilles que deux ans plus tard, en 1993...
Ce produit toxique a été utilisé en quantités industrielles dans la culture bananière. Il s'est accumulé dans la chaîne alimentaire, et reste présent dans le sol, produisant des malformations congénitales, des cancers et toutes sortes de problèmes sanitaires d’une gravité extrême.

Avec le Cran, nous avions réclamé dès la publication du rapport Belpomme, en septembre 2007 :
- La mise en place d'un Plan de dépistage général des pathologies
- La mise en place d'une Campagne de sensibilisation
- La mise en place d'une Commission d'enquête indépendante.

En octobre 2007, le Ministre d’État Jean-Louis-Borloo m’avait confié (je suis pharmacien et diplômé en toxicologie), une mission d’études portant notamment, sur la pollution en Martinique.
En décembre 2007, j’ai informé Jean-Louis Borloo de mon refus de continuer plus avant la mission, parce que je considérais que les moyens d’établir un rapport indépendant sur la question du chlordécone n’étaient pas réunis, concernant ce qu’il faut bien qualifier de catastrophe écologique majeure en Martinique et en Guadeloupe...

09:13 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : chlordécone, pesticides, antilles, guadeloupe, martinique, conseil scientifique | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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