Avertir le modérateur

15/03/2012

Suppression de "race" : Hollande 2012 contredit Hollande 2007

Hollande l’a asséné : s’il était élu président de la République le 6 mai 2012, il demanderait dès le lendemain "au Parlement de supprimer le mot 'race' de notre Constitution". Ainsi donc, pour mieux lutter contre le racisme, il faudrait supprimer le mot race de notre constitution... Ubu président !

Nier n'efface pas

Nous en sommes tous d’accord, seuls quelques révisionnistes obtus s’obstinent encore à le contester, les races biologiques n’existent pas. Mais si les races n’existent pas en termes biologiques, en existent-elles moins socialement ? M. Hollande s’imaginerait-il qu’il suffit de nier un problème pour l’effacer ?

Hollande, race, Constitution, Conseil constitutionnel, statistiques de la discrimination, statistiques ethniques, statistiques de la diversité, racismeFrançois Hollande a-t-il mesuré toutes les conséquences de sa déclaration ? La Constitution évoque le mot race pour dire, avec raison, que notre République ne distingue pas ses citoyens en fonction de la religion, de la race ou de l’origine réelles ou supposées. Il n’y pas de Français de selon ceci ou selon cela, il y a des Français égaux en droit et en dignité.

Si, au nom de ces nobles principes, le mot race est désormais banni de l’article 1er de notre Constitution, pourquoi donc s’arrêter en si bon chemin et y laisser par exemple le mot origine, tout aussi potentiellement discriminatoire ? Allez, plus de hardiesse !

C
ertains verrous constitutionnels sont nécessaires

Et puis cruelle ironie, François Hollande semble avoir oublié qu’il fait partie des parlementaires qui le 25 octobre 2007, ont saisi le Conseil constitutionnel d’un recours aux fins de censurer, entre autres, un article sur les statistiques ethniques qui avait été introduit dans le projet de loi relative à la maîtrise de l'immigration, à l'intégration et à l'asile.
Le Conseil constitutionnel, dans sa décision du 15 novembre 2007, avait conclu à la non-conformité de cet article de la loi Hortefeux concernant le traitement de données à caractère personnel en se fondant sur… le principe énoncé par l'article 1er de la Constitution : "La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion."

Cela revient à dire que supprimer le mot race de la Constitution, c’est ôter le verrou constitutionnel s’opposant à la mise en place des statistiques ethniques. C’est ôter au Conseil constitutionnel, l’argument qui lui avait permis de répondre favorablement à la saisine du député de Corrèze. Ainsi le François Hollande de 2012 contredit-il le François Hollande de 2007.

Mais c’est peut-être sciemment que François Hollande, désormais favorable, si j’ai bien compris, au bilan de la discrimination par les entreprises et donc favorable aux "statistiques de la discrimination" lève cet obstacle à la mise en place des telles statistiques ? Alors, Docteur François ou Mister Hollande ?

29/05/2010

"Décristallisation" des pensions: le Gouvernement doit aller plus loin que les Sages

Hier  vendredi 28 mai 2010, le Conseil constitutionnel a censurées dispositions inscrites dans les lois de finances sur la "cristallisation" des pensions des ressortissants des ex-colonies françaises, dont certains touchent jusqu’à 12 fois moins que leurs camarades français. Cette décision met fin au système des "pensions à deux vitesses", qui perpétuait une différence de traitement entre ressortissants français et étrangers titulaires de pensions civiles ou militaires de retraite, résidant dans le même pays.

Tirailleur sénégalais.jpgLe 11 juillet 2006, dans une lettre ouverte au Président de la République, publiée, nous avions dénoncé les « inégalités de traitement » des pensions des personnes originaires de l’ex-empire colonial. Jacques Chirac avait abordé cette question au cours de son allocution télévisée du 14 juillet 2006 et il avait reconnu qu'il s'agissait d'une situation « profondément injuste » à laquelle il fallait remédier.

Je me réjouis de la décision historique du Conseil Cosntititionnel. Mais je regrette qu’il ait fallu attendre plus de 50 ans pour voir la fin des "pensions à deux vitesses". Cette décision intervient trop tard pour la plupart des anciens combattants des ex-colonies qui sont morts dans le mépris et dans l'oubli.

Pour les quelques milliers de ces personnes encore en vie il est indispensable que le gouvernement aille plus loin que le Conseil Constitutionnel et instaure une égalité de traitement entre tous les anciens combattants de l'armée française, quel que soit leur lieu de résidence.

En cette année du cinquantenaire des indépendances, en cette année où des troupes des ex-colonies françaises défileront sur les Champs-Elysées le 14 juillet, le gouvernement se grandirait d'honorer enfin comme ils le méritent ceux qui ont œuvré à la grandeur de notre nation.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu