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07/05/2010

La guerre des mémoires va-t-elle avoir lieu ?

Deux évènements de l'actualité viennent rappeler la difficulté de notre pays à poser un regard équilibré sur son passé. Un passé qui comme celui de tous les grands pays, comprend ses pages glorieuses et ses pages sombres.

Les attaques subies par Rachid Bouchareb auteur du film Hors-la-loi qui revient sur le massacre commis à Sétif, en Algérie alors française en mai 1945 d’une part, puis le mal du président de la République Nicolas Sarkozy à poser un regard apaisé sur le passé esclavagiste de la France et à adopter sur cette question une attitude qui rassemble, d'autre part, témoignent de manière caricaturale de cette difficulté.

Primo Levi.jpgA un examen dépassionné, à un examen honnête de notre conscience collective, beaucoup optent encore pour l’oubli et font souvent le choix de tenter d’éviter le débat, comme on glisse une poussière sous le tapis.

On dit souvent que les minorités veulent manipuler la mémoire. Plus souvent c’est la majorité au pouvoir, qui tente d’imposer sa lecture de l’histoire.

C’est bien dommage car cela empêche notre pays de regarder son histoire en face et de se réconcilier avec lui-même.
Le devoir de mémoire est un devoir moral attribué à des États d'entretenir le souvenir des souffrances subies dans le passé par certaines catégories de la population...
pour Primo Levi, le devoir de mémoire est un témoignage qui a une triple fonction. Pédagogique: expliquer. Politique: lutter contre l’oubli. Morale: lutter contre le mensonge...Qu’on se le dise.

08:00 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : devoir de mémoire, bouchareb, sarkozy, primo levi, 10 mai | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

03/05/2010

Plusieurs députés UMP dénoncent le "pouvoir des juges et des associations" et soutiennent Zemmour

Plusieurs députés UMP ont créé la semaine dernière, un "collectif des parlementaires pour la liberté d'expression".
A la lecture de l’exposé des motifs de ce collectif petit par sa taille et petit par ses objectifson comprend vite que le collectif souhaite non pas de libérer l’expression mais de censurer les juges et les associations. Drôle de conception de la démocratie et de la liberté de la part de représentants du peuple et de ces soi-disant défenseurs de la liberté d’expression.

A l’origine de cette initiative, on retrouve le député des Alpes-Maritimes Lionnel Luca qui, pour justifier la création de ce collectif dénonce "le pouvoir des juges et des associations", et prend comme exemple le "procès d'intention" "récemment fait au journaliste Eric Zemmour, poursuivi en justice par certaines associations pour ses propos sur l'origine ethnique des délinquants"

Nous sommes dans un pays de Droit, mais demander à la justice de se prononcer sur des appels à la haine, est intolérable aux yeux de ces députés qui disent sus aux empêcheurs de la libération d’une parole haineuse, sus au juges et sus aux associations!

Lionnel Luca.jpgLe même Lionnel Luca s’attaque depuis quelques jours, avec une extrême virulence à …la liberté d’expression du cinéaste Rachid Bouchareb, coupable d’avoir fait un film (Hors-la-loi avec Jamel Debbouze, qui sera en compétition au Festival de Cannes et devrait sortir en salle le 22 septembre) sur le massacre de Sétif commis en Algérie en mai 1945.
Curieux paradoxe...

Le supposé défenseur de la liberté d’expression a commencé par dénoncer (il n’y a pas d’autre mot) ce « film anti-français » (sic) au secrétaire d'Etat à la Défense, Hubert Falco et a obtenu que ce dernier demande une expertise du film au Service historique de la Défense.
Depuis, le député qui reconnait ne pas avoir vu le film part en croisade et parle de «négationnisme» ou de «falsification» de l'histoire dans la présentation que ferait Rachid Bouchareb du massacre de Sétif.

Sans surprise et emboitant le pas au député Luca, un comité proche du Front national menace de « pourrir » le Festival de Cannes.

Le passé de Lionnel Luca parle pour lui. M. Luca fait partie des députés qui ont porté la loi du 23 février 2005 louant le «rôle positif» de la «présence française» outre-mer.
En décembre 2005, Lionnel Luca avait déclaré que sans « la colonisation, ni Léon Bertrand ni Azouz Begag ne seraient ministres de la République française »
Le 23 octobre 2009, interrogé sur la polémique qui a suivi le renvoi de 3 réfugiés afghans dans leur pays, il a dit « Je trouve un petit peu indécent qu’on s’apitoie sur leur sort quand au même moment nos soldats se battent pour leur liberté. S’ils étaient des hommes, ils se battraient aussi pour leur liberté, sur leur territoire »

Bref, la liberté d’expression, mais pas pour tout le monde !
La liberté de parole seulement pour Zemmour, Lionnel Luca et ceux qui pensent comme eux.

 
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