10.03.2012
Politiques incompétents en banlieue ? Non, une responsabilité partagée
Je reproduis ci-dessous ma contribution à un débat qui se déroule en ce moment sur Newsring le pure-player de débat animé entre autres par Frédéric Taddeï.
Les politiques sont-ils incompétents en banlieue ?
Non. Il n’y a objectivement aucune raison que les politiques soient plus incompétents pour traiter des questions de banlieueque de traiter les questions de défense nationale, d’agriculture, de santé etc., Cependant, la plupart des politiques se comportent de fait comme s’ils étaient incompétents en banlieue.
Il faut également s’interroger sur la bonne manière de susciter l’intérêt politique ou l’intérêt des politiques sur cette question cruciale pour l’avenir du pays. Car on ne peut pas exiger des responsables politiques qu’ils agissent comme tels et leur reprocher ensuite de rechercher…avant tout à remporter des élections pour pouvoir mettre en place la politique qui leur semble la meilleure pour le pays.
La responsabilité des politiques qui se tiennent loin des questions de banlieue est engagée, certes, mais il y a aussi la responsabilité d’acteurs majoritairement regroupés dans le monde associatif et qui agissent presqu’exclusivement sur le terrain de la morale ou de la demande de droits.
Il est vain de vouloir agir seulement sur le terrain de la moralité. Pour être résolue, la question de la banlieue nécessite des actions concrètes, ainsi qu’une politique volontariste s’appuyant d’abord sur le terrain économique et l’enseignement. Les acteurs qui depuis des années s’évertuent à imposer la question des banlieues sur l’agenda des responsables politiques en sont-ils tous convaincus?
Par ailleurs, si les politiques sont éloignés de la banlieue, il y a aussi une défiance de la banlieue envers la politique. Cette défiance de millions de citoyens qui se sentent mis sur le côté, se manifeste par des taux très élevés d'abstention électorale. En 2010, le taux d’abstention lors du 2ème tour des élections régionales à Clichy-sous-Bois était de 69%.
La conjugaison de ces phénomènes a, jusqu’ici, conduit les pouvoirs publics à ignorer largement la banlieue mais cela a aussi conduit le grand public à passer à côté de propositions formulées de manière dispersée, et donc peu audible.
Et puis, les acteurs du dossier de la banlieue prennent trop souvent appui sur le respect des droits sans aborder que la question des devoirs !
Il n’y a pas de droits sans devoirs. Les droits sont d’autant plus respectés qu’ils sont liés à des devoirs. La banlieue est parfaitement disposée à entendre et faire entendre ce message de responsabilité.
La question des banlieues est beaucoup plus complexe que les raccourcis dont certains responsables politiques et quelquefois des membres de l’exécutif, abreuvent les Français. Il est grand temps que les politiques empoignent avec sérieux cette question avant qu’elle ne se rappelle, sans douceur, à notre bon souvenir.
Patrick Lozès candidat à l’élection présidentielle de 2012.
Le candidat de l’ascension sociale.
10:10 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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25.05.2010
Elus et associatifs redoutent de nouvelles émeutes en banlieue
Comme de nombreux responsables associatifs quarante-quatre maires appartenant aussi bien à la majorité qu’à l’opposition appellent le gouvernement à se mobiliser enfin concrètement en faveur des banlieues qui peuvent exploser à tout moment. "Faudra-t-il de nouvelles émeutes pour que les pouvoirs publics s'intéressent à nos villes et à ceux qui y vivent ?", écrivent avec justesse ces maires.
Les élus et les associatifs craignent de nouvelles émeutes en banlieue. Comme ces maires, je regrette que seule la délinquance semble attirer l’attention notamment du gouvernement.
Il faut rappeler que émeutes de 2005 n’étaient pas le fait de trafiquants ou de voyous récidivistes.
La plupart des jeunes gens arrêtés et jugés à Bobigny à la suite de ces émeutes.
n’étaient pas connus des services de police.
Il est temps que le gouvernement et le premier ministre trouvent des solutions, aux problèmes concrets qui minent ces banlieues et qui sont: le chômage, la discriminations, les difficultés de transports, les mauvaises conditions pour se loger, l'absence de services publics, sans oublier l'échec scolaire par la mauvaise répartition des moyens qui vient d'être soulignée par la Cour des comptes...
Il est indispensable que François Fillon le premier ministre profite du Conseil national des villes qui se tient aujourd’hui pour annoncer des mesures fortes, susceptibles de redonner espoir à ceux dans les banlieues attendent tout de la République.
Sinon ?
Sinon nous irons inévitablement vers un scénario catastrophe : Claude Bartolone le président du Conseil général de Seine-Saint-Denis n’y va pas par 4 chemins : il a déclaré dans une récente interview : « A tout moment, la Seine-Saint-Denis peut revivre la crise de l'automne 2005 »
On se demande si tout le monde s'en s'en rend bien compte.
Patrick Lozès candidat à l’élection présidentielle de 2012.
Le candidat de l’ascension sociale.
08:13 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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| Tags : emeutes, automne 2005, bartolone, fillon, banlieue |
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