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10.05.2012

Un si discret souvenir de l'esclavage

C’est le 10 mai 2001 que la loi dite « Taubira », du nom de la députée de Guyane Christiane Taubira, qui en a été à l’origine, a été adoptée. Par cette loi, essentielle dans notre Histoire collective, la République française a reconnu que la traite et l’esclavage « constituent un crime contre l’humanité ». La République a ordonné que manuels scolaire fassent à ces évènements « la place conséquente qu’ils méritent » et qu’une date commémorative soit officiellement proclamée partout en France.

Depuis 2006, à l’initiative de Jacques Chirac, c’est le 10 mai, en hommage à cette avancée historique incontestable, qui s’est déroulée au Parlement, que la France honore le souvenir des esclaves et commémore l’abolition de l’esclavage.
Certaines associations auraient voulu que la commémoration se déroule le 23 mai. En référence au 23 mai 1998, et à la marche organisée à Paris pour le 150èmeanniversaire de la commémoration de l’esclavage. Cette marche avait rassemblé près de 40 000 personnes sur le pavé parisien. C’était un défilé d’une ampleur inattendue et à n’en pas douter, un évènement important dans notre Histoire.

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ntre ces deux dates, je préfère le 10 mai, parce que la traite négrière et l’esclavage appartiennent à l’histoire commune de tous les Français sans distinction. Cette histoire a été vécue, ensemble, des deux côtés de la barrière : le côté du bourreau et le côté de l’esclave. Nous devons comprendre l’histoire de l’esclavage ensemble, la conjurer ensemble, pour que nous puissions, un jour, devenir réellement égaux.

La République a besoin que tous les Français, et non pas seulement les Noirs, se souviennent et se recueillent ensemble à la mémoire des dizaines de millions de victimes de ces crimes chaque 10 mai.

Le 10 mai est une excellente date pour se souvenir des esclaves, de l’esclavage et de son abolition, car cette date fait référence à l’action d’une députée, dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. Que cette députée soit noire ou blanche, guyanaise, antillaise ou bretonne n’est qu’un détail. Cette députée a œuvré pour le rapprochement et la réconciliation des Français. Elle a œuvré pour que ces évènements cessent d’être oubliés et pour réaffirmer que l’esclavage n’est pas seulement un crime contre les Noirs, mais un crime contre l’humanité.

Il est grand temps que cesse le rituel compassé qui montre chaque année, d'un côté un discours officiel de circonstance, en présence (les bonnes années !) du président de la République, devant une stèle, et de l'autre, des manifestations associatives, puis plus rien !

Je rêve d’un 10 mai avec une grande manifestation populaire qui associerait les officiels et tous les citoyens...ensemble !

10.05.2010

Sarkozy fait le service minimum sur la mémoire de l’esclavage quand Juppé se grandit

En cette journée de mémoire de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions du 10 mai 2010, ce n’est pas à Paris que les hommes d’Etat se seront montrés les plus grands....
Le président de la République n’a pas été totalement absent (comme l’année dernière) des cérémonies à la mémoire des victimes de la traite et de l’esclavage.
Le Président Sarkozy était présent par personne interposée puisqu’il a fait lire un message par le ministre de l’Intérieur des collectivités territoriales et de l’Outremer Brice Hortefeux.
Je regrette cette présence par procuration qui cache mal le malaise de Nicolas Sarkozy sur l'esclavage.

Il est regrettable, ô combien, que le président de la République ne parvienne pas à s’élever à la hauteur qui lui permettrait de rassembler le pays sur la mémoire l’esclavage autour de laquelle il est grand temps que nous nous rassemblions comme le Parlement français s’est rassemblé en ce 10 mai 2001, pour dire à l’unanimité à la face du pays et du monde qu’il assumait son passé.
Ce jour là, la France était digne, elle était grande. Elle était à la hauteur de ses principes et de ses valeurs.

A Bordeaux, Alain Juppé, lui a su trouver des mots justes et forts, des mots qui dans le même temps apaisent.
Il a dit ce qui ne se disait plus aussi clairement, aussi intelligiblement : que la ville dont il est maire, Bordeaux, a été, un port négrier important où ont été armés "des centaines de navires partis effectuer leur sinistre besogne".
Comme l’a compris l’ancien premier ministre, dire la vérité, ce n’est pas de la repentance.
C’est même tout le contraire, puisque c’est donner son sens le plus profond à la mémoire.
Cela permet de rappeler qu’à Bordeaux comme dans les villes de France, les anti-esclavagistes n’étaient pas rares.

La mémoire de l’esclavage et de son abolition méritent que nous nous rassemblions comme se sont rassemblés les abolitionnistes, qui étaient esclaves ou libres, noirs ou blancs.

   Patrick Lozès candidat à l’élection présidentielle de 2012.   Le candidat de l’ascension sociale.

16:22 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | diversité | Tags : juppé, sarkozy, paris, bordeaux, esclavage, abolition, 10 mai | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

06.05.2010

L’absence de Sarkozy à la commémoration de l’esclavage et son abolition serait discriminatoire

Chaque année depuis l’instauration par Jacques Chirac d’une journée...nationale des mémoires de la traite de l’esclavage et de leurs abolitions le 10 mai, il est de tradition que le chef de l’Etat y participe.
L’intitulé de cette journée a été soigneusement calibré. Il est clairement question de Devoir de mémoire et non pas de repentance.

En 2007, pendant la transition présidentielle, Jacques Chirac le président en fonction et Nicolas Sarkozy le président élu, avaient conjointement pris part aux cérémonies.
La présence du chef de l’Etat à cette journée des mémoires a plusieurs vertus, en particulier celle de répondre à l’oubli des pages douloureuses de notre histoire.

La France avait en effet trop tendance à passer sous silence, les périodes sombres  de son histoire au cours desquelles, l’Etat et la République, répandaient leurs principes tout en les trahissant.

Jacques Chirac en 2006.jpgCette journée des mémoires est aussi une manière de répondre à la demande de justice mémorielle des exclus du récit national. C’est une manière de répondre à ces millions de citoyens, notamment de la diversité et de les associer à la France d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

La participation du président de la République à la journée des mémoires de la traite de l’esclavage et de leurs abolitions est donc importante.

En 2009, rompant brutalement avec la noble tradition républicaine de cette présence du chef de l’Etat, Nicolas Sarkozy a trouvé dans son agenda, la veille, le temps d’assister, à un match de football, mais n’a pas trouvé le temps d’assister aux cérémonies à la mémoire des millions de victimes de l’esclavage.

Faut-il rappeler que le président de la République est le président...de tous les français ?
Faut-il rappeler que le président de République doit veiller au respect de la Constitution qui elle-même affirme l’attachement du peuple français aux Droits de l'Homme ?
Qui peut croire que le président de la République ne parvienne pas à trouver une heure...par an pour la mémoire des victimes de ce crime contre l’humanité ?
Qui peut croire que le Président de tous les Français puisse se montrer indifférent à ce qui est le paroxysme de l’exploitation de l’homme par l’homme ?

Pourtant, en 2010, une nouvelle dérobade de Nicolas Sarkozy à cette journée des mémoires est envisagée.
Une telle absence serait une forme de discrimination. Elle dirait en somme, que décidément ce qui concerne la diversité n’est jamais la priorité, n’est jamais urgent.
Cette discrimination ferait le lit des extrémistes et des démagogues qui l’utiliseront à leur avantage pour tenter de capter les laissés-pour-compte de la République.
Cette discrimination renforcerait même le communautarisme, que pourtant Nicolas Sarkozy dit vouloir combattre.

   Patrick Lozès candidat à l’élection présidentielle de 2012.   Le candidat de l’ascension sociale.

10:15 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | diversité | Tags : sarkozy, discrimination, 10 mai, esclavage, mémoire, abolition, traite | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

05.05.2010

Sarkozy veut-il liquider la commémoration de l'esclavage ?

Depuis 2006, le 10 mai est la Journée nationale de commémoration des mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions.

Cette journée du souvenir permet à tous les Français, quelle que soit la couleur de leur peau, de se souvenir ensemble des millions de victimes de l'esclavage.


Nicolas Sarkozy.jpgSur le plan symbolique, il est particulièrement important, que le président de la République, Nicolas Sarkozy, s’associe à cette commémoration.


Une absence du Chef de l’Etat à cette cérémonie, cette année, serait choquante et préjudiciable à cette journée du souvenir et de la mémoire qui a trouvé toute sa place dans les villes et les villages de France.

Le Centre de mémoire et de recherche sur la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions, dont l'étude de préfiguration avait été confiée à Edouard Glissant, attend encore de voir le jour.
Les moyens pour permettre à Edouard Glissant de mener à bien ce projet ne lui ont toujours pas été donnés.
Les recommandations du Comité pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage, de lancer la construction d’un musée national de l’esclavage en France, n'ont toujours pas été suivies par le gouvernement

 

Que signifie cet attentisme ?

Je n'ai pas oublié que quelques jours avant la célébration du 11 novembre 2008, l'historien André Kaspi avait suscité la polémique en laissant entendre qu’il y avait une "inflation" commémorative" et il avait proposé de donner une signification particulière et nationale aux seuls 8-Mai, 14-Juillet et 11-Novembre, les autres dates ayant "un statut régional" ou "communautaire" ( ???), et moins souvent "national".

Devant le tollé suscité par cette proposition et le risque d’une indigne "hiérarchie des mémoires" qui ouvrirait inévitablement la voie à une non moins indigne concurrence mémorielle, l’historien avait finalement annoncé qu’il était « contre la remise en cause de commémorations existantes, qu'elles soient nationales ou autres ».

Si officiellement le projet de "déflation commémorative" est abandonné, on sait que les visiteurs du soir de l’Elysée sont toujours actifs...

Alors la question mérite d’être posée : Nicolas Sarkozy veut-il ou essaie-t-il de liquider la journée de commémoration de l’esclavage ?

L’histoire ne doit pas servir à excuser ou accuser, l'histoire doit servir à...expliquer

   Patrick Lozès candidat à l’élection présidentielle de 2012.   Le candidat de l’ascension sociale.

09:21 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | diversité | Tags : esclavage, traite négrière, mémoire, abolition, 10 mai, sarkozy, kaspi | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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