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28/02/2011

Nicolas Sarkozy et les révoltes arabes : malaise

J’ai éprouvé un sentiment de malaise en écoutant le président de la République hier à 20h.
Justifier le remplacement de Mme Michèle Alliot-Marie par Alain Juppé et le remaniement par des défis sécuritaires et migratoires nés des révoltes arabes est certes une énorme ficelle, mais cette ficelle mène le chef de l’Etat à lire la formidable émancipation de ceux qui se battent pour des valeurs qui sont les nôtres, à travers le prisme de la peur.
Il y a bien d’autres lectures à avoir de ces évènements historiques.

Nicolas Sarkozy.jpgVoir dans la nouvelle version de l’Union pour la Méditerranée, un instrument pour lutter contre l’immigration et pour la sécurité française crée un malaise et il n’est pas du tout sûr que nos voisins de l’autre côté de la Méditerranée aient envie de nous suivre dans cette voie.

Il y a quelques temps, la France avait ce qu’on a appelé à tort ou à raison une « politique arabe ».
Il y a quelques temps, la France avait une politique africaine.

La France représente (encore un peu) aux yeux du monde, la gardienne du temple des droits de l’homme.
A force de jouer avec nos valeurs, nos atouts exceptionnels ont été dilapidés.

Il était encore temps de rattraper notre silence du début de ces révoltes, il était encore temps de ne pas laisser d’autres grandes nations accompagner seules les opportunités qui naissent.

Devant l’« immense bouleversement » mondial, agiter la peur pour rassembler ses fidèles crée un malaise. Décidément, nous mettons du temps à comprendre. Décidément nous mettons du temps à sortir la France de ses compromissions passées avec des dictatures.

07:42 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sarkozy, tunisie, egypte, libye, alliot-marie, juppé | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

04/10/2010

Des députés UMP refusent de se ranger derrière le projet Besson

Le nouveau projet de loi "immigration, intégration et nationalité" présenté par le ministre de l'Immigration, Eric Besson suscite une levée de boucliers...y compris au sein même de la majorité.

La mesure la plus symbolique de ce énième projet de loi sur l'immigration qui prévoit l'extension de la déchéance de la nationalité aux Français naturalisés depuis moins de dix ans qui auraient attenté à la vie d’ un dépositaire de l'autorité publique, passe particulièrement mal.
C’est le malaise au sein de la majorité et même l’opposition farouche de certains députés UMP qui explique que l’examen de ce projet de loi très controversé n’ait pas été bouclé à l’Assemblée nationale vendredi dernier comme prévu.
Le texte reviendra en 2ème semaine avant d’être éventuellement voté le 12 octobre.

En attendant, les députés ferraillent et certains députés UMP dénoncent cette mesure issue du discours du président de la République le 30 juillet à Grenoble. Parmi ces élus qui font honneur à la représentation parlementaire, figure Etienne Pinte, député des Yvelines, ancien maire de Versailles, Président du Conseil national des Politiques de lutte contre la Pauvreté et l'Exclusion sociale.

Etienne Pinte.jpgEtienne Pinte a accuse le gouvernement de "draguer l'électorat du Front national" avec ce nouveau projet.

Par ailleurs, pas moins de 3 anciens premiers ministres tous issus de la majorité ont émis des réserves sur ce texte de loi : Dominique de Villepin, Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin.

La bataille parlementaire est loin d’être finie, car la gauche a déjà annoncé qu’elle déposera dès après le vote solennel du 12 octobre, un recours devant le Conseil constitutionnel afin que ce dernier dise si cette mesure qui entend faire la différence entre les Français de naissance et ceux ayant acquis la nationalité française, est inconstitutionnelle comme nous sommes nombreux à le penser.

09:03 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pinte, ump, déchéance conseil constitutionnel, eric besson, villepin, juppé, raffarin | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

10/05/2010

Sarkozy fait le service minimum sur la mémoire de l’esclavage quand Juppé se grandit

En cette journée de mémoire de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions du 10 mai 2010, ce n’est pas à Paris que les hommes d’Etat se seront montrés les plus grands....
Le président de la République n’a pas été totalement absent (comme l’année dernière) des cérémonies à la mémoire des victimes de la traite et de l’esclavage.
Le Président Sarkozy était présent par personne interposée puisqu’il a fait lire un message par le ministre de l’Intérieur des collectivités territoriales et de l’Outremer Brice Hortefeux.
Je regrette cette présence par procuration qui cache mal le malaise de Nicolas Sarkozy sur l'esclavage.

Il est regrettable, ô combien, que le président de la République ne parvienne pas à s’élever à la hauteur qui lui permettrait de rassembler le pays sur la mémoire l’esclavage autour de laquelle il est grand temps que nous nous rassemblions comme le Parlement français s’est rassemblé en ce 10 mai 2001, pour dire à l’unanimité à la face du pays et du monde qu’il assumait son passé.
Ce jour là, la France était digne, elle était grande. Elle était à la hauteur de ses principes et de ses valeurs.

A Bordeaux, Alain Juppé, lui a su trouver des mots justes et forts, des mots qui dans le même temps apaisent.
Il a dit ce qui ne se disait plus aussi clairement, aussi intelligiblement : que la ville dont il est maire, Bordeaux, a été, un port négrier important où ont été armés "des centaines de navires partis effectuer leur sinistre besogne".
Comme l’a compris l’ancien premier ministre, dire la vérité, ce n’est pas de la repentance.
C’est même tout le contraire, puisque c’est donner son sens le plus profond à la mémoire.
Cela permet de rappeler qu’à Bordeaux comme dans les villes de France, les anti-esclavagistes n’étaient pas rares.

La mémoire de l’esclavage et de son abolition méritent que nous nous rassemblions comme se sont rassemblés les abolitionnistes, qui étaient esclaves ou libres, noirs ou blancs.

16:22 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : juppé, sarkozy, paris, bordeaux, esclavage, abolition, 10 mai | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

21/12/2009

Juppé critique toujours le débat sur l’identité nationale

On ne compte plus les personnalités de la majorité présidentielle qui prennent leurs distances par rapport au débat sur l’identité nationale ou qui critiquent fortement ce débat ouvert par Eric Besson le ministre de l'immigration de l'intégration de l'identité nationale et du développement solidaire.

On a entendu l’ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin tonner : « la question de l'identité ne peut pas être une réflexion de comptoir», et souhaiter que l’on évite le… « populisme ».
On a entendu Dominique de Villepin, ancien premier ministre lui aussi, dire « Ce débat n'a pas de sens», « c'est un faux débat », « dans une période de crise, on a autre chose à faire qu'à se diviser sur un sujet aussi important que celui-ci ».

On se souvient que François Baroin, ancien ministre de l’intérieur avait fortement regretté qu’avec ce débat on « joue un peu les apprentis sorciers ».
Christine Boutin, ancienne ministre du logement a regretté pour sa part que ce débat était un «piège» qui « ne peut que redonner de l'oxygène au FN ».

Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur et candidate UMP aux régionales en Ile-de-France, a pour ce qui la concerne, demandé de « recentrer » le débat sur des « propositions concrètes ».

Yazid Sabeg, Commissaire à la Diversité et à l'égalité des chances, a pointé que ce débat ouvrait « un champ et un espace au Front national ».

Alain Juppé.jpegDernier en date, c’est donc l’ancien premier ministre Alain Juppé qui hier lors d’un entretien dans l'édition de dimanche du quotidien Le Parisien a une nouvelle éreinté le débat en affirmant que « tout ce qui peut dresser les communautés les unes contre les autres, et en particulier les musulmans contre les autres, est détestable ».

Populisme, faux-débat, division,  dresser les uns contre les autres etc...Ca commence à faire beaucoup non ?

06:50 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : identité nationale, débat, juppé, besson, baroin, villepin, rarrafin, boutin, sabeg | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

16/11/2009

Grand emprunt: 500 millions pour la diversité économique?

Je suis surpris que la diversité ne soit vue que comme une contrainte et non comme une opportunité.
La diversité est presque toujours dans la colonne "charges", presque jamais dans la colonne "produits"; elle est trop souvent perçue comme une dépense et non comme un investissement.

Commission Juppé Rocard (Crédit photo AFP).jpgMon audition par la commission Rocard-Juppé sur le "grand emprunt" mercredi prochain le 18 novembre est peut-être le signe d'un changement.

Je crois à la nécessité d'un grand emprunt pour financer des investissements d'avenir et donner le signal fort d'une offensive économique et pour trancher avec le pessimisme ambiant.

On me répond: La dette. Certes le niveau d’endettement français est élevé mais, il ne serait pas raisonnable de commencer à se désendetter au pire moment c'est-à-dire au moment où le pays traverse une crise sans précédent !

Pour le montant de l’emprunt, imaginer un emprunt inférieur ou égal aux 25 milliards injectés pour le plan de relance serait curieux.
pour ce qui est du plafond, il devrait être fonction de l'ambition du projet et de la confiance que l'on a en l'avenir.
Il faut donc sélectionner les secteurs les plus prioritaires, sur lesquels de retards ont été identifiés et qui contribueraient à sublimer la reprise tout en étant porteurs de croissance et d'emploi : la diversité répond à ses critères.

Je proposerai à la Commission de l'emprunt national d'investir  500 millions d'euros dans la diversité économique, pour doper la consommation et l'économie françaises comme c’est le cas aux Etats-Unis, via la Minority Business Development Agency (MBDA), l’Agence pour le développement du commerce des minorités. 
 
Le jour de sa création, le 5 mars 1969, Richard Nixon, un président républicain, a expliqué que la MBDA répondait : « Au besoin de stimuler particulièrement ces entreprises qui peuvent donner aux membres des groupes minoritaires confiance dans le fait que les opportunités ne sont pas fermées, ni limitées, pour eux, dans notre pays. » 
 
Cette politique a connu un succès phénoménal. De 100 000 entreprises détenues par les minorités en 1969, les Etats-Unis sont passés à 800 000 en 1980, puis à 3 millions en 1997.  On estime aujourd’hui à 4,7 millions le nombre d’entreprises détenues par les minorités, soit plus de 20 % des entreprises du pays, pour un chiffre d’affaires de 495 milliards de dollars, en croissance de 343 % sur 10 ans. Le pouvoir d’achat des minorités visibles aux Etats-Unis est estimé, de son côté, à 1 trillion de dollars. 
 
Selon la MBDA, si le taux de création d’entreprise au sein de la population générale était égal à celui des minorités, on créerait 16 millions d’emplois supplémentaires, générant 2,5 trillions de dollars de chiffres d’affaires, ce qui se traduirait par 100 milliards de dollars supplémentaires de recettes pour l’Etat. 

06:30 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : grand emprunt, juppé, rocard, diversité économique | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

31/03/2009

Statistiques de la diversité : la logique illogique d’Alain Juppé

Dimanche dernier le 29 mars dans l’émission Dimanche plus de Canal+, l’ancien premier ministre Alain Juppé a eu un jugement définitif sur les statistiques de la diversité puis sur la « discrimination positive » qu’il justifie pourtant. Allez comprendre
M. Juppé a déclaré "Quand j'ai créé les zones franches urbaines dans les quartiers en difficulté, c'est une forme de discrimination positive puisque l'on donne plus à ceux qui ont moins. Mais sur des critères objectifs ! Sur des taux de chômage, sur des niveaux de revenus, sur des taux d'illettrisme. Ça oui ! En revanche, sur la couleur de la peau, non !".

Non ? Pourquoi non ?

M.  Juppé a fait comme beaucoup, un lien direct entre le thermomètre (les statistiques de la diversité) et le remède le mieux adapté, que par définition nul ne connaît, puisque justement il dépend du diagnostic que l’on se refuse à faire...
Par ailleurs, pourquoi donner plus à ceux à ceux qui ont moins, mais en définissant à l’avance les critères ? Pourquoi ces critères-ci et pas d’autres s’il était prouvé que ces deniers entrainaient des désavantages ?

Et surtout pourquoi refuser les seuls outils qui montreront « objectivement » qu’il existe bien des discriminations à raison de l’apparence.
Nul ne nie l’existence de discrimination à raison de la couleur de peau, mais seulement beaucoup parmi ceux qui ne nient pas cette évidence, éprouvent une étrange pudeur à en mesurer l’ampleur et surtout à prendre des mesures républicaines pour compenser cette infamie.

Alain Juppé a la réputation de comprendre rapidement. Je crains qu’il ne se soit pas assez penché sur la question de la discrimination. Nul doute qu’il aurait certainement vu la logique illogique qui consiste à refuser de mesurer l’ampleur d’une maladie : les discriminations (notamment à raison de la couleur de peau), pour mieux en repousser le remède...

11:12 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : juppé, statistiques de la diversité, mesure | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

01/04/2008

Elections municipales 2008 : les prix de la diversité et les communautaristes

Le comité national pour la diversité a décerné 2 prix à l’issue des élections municipales.

Le prix de la diversité républicaine: Attribué à la liste qui a défendu le mieux les valeurs républicaines d’égalité et de fraternité, par son programme, par la composition de la liste, par l’accession effective des minorités à des postes de responsabilité à l’issue des élections.

Le prix du communautarisme: Attribué à la liste la plus monocolore, celle qui a le moins respecté la diversité, celle qui a créé des obstacles à la diversité, celle qui a le moins respecté les valeurs de la République , etc.

Prix de la diversité républicaine:

UMP: Alain Juppé (Bordeaux): En raison du fort taux de renouvellement de la liste sortante. En raison de l’ouverture aux personnes handicapées et à toutes les autres diversités.

PS: Bertrand Delanoë (Paris): La liste était diverse, et l’accession de la diversité aux responsabilité était effective : 14% des délégations d’adjoints ont été confiées à des personnes de la diversité visible.

MoDem: Ensemble des candidats du MoDem...notamment ceux de la diversité.
Le MoDem a présenté le plus grand nombre de candidats de la diversité souvent dans des villes où ils avaient peu de chance de l’emporter. Les candidats n’ont pas démérité…eux.

Verts: Slimane Tir (Roubaix) et Dominique Voynet (Montreuil)

PC: Catherine Peyge (Bobigny) et Didier Paillard (Saint-Denis)

En l’absence d’union avec le PS et plutôt que de ronger son frein, M. Slimane Tir a mené pour les Verts, une liste indépendante qui a recueilli 14% au 1er tour et 18% au 2ème tour dans une triangulaire.
Tous les autres lauréats ont été récompensés pour la composition de leur liste et pour les responsabilités effectives confiées aux élus de la diversité.

Prix du communautarisme: Se voient attribuer un prix honteux dans leurs partis respectifs :

UMP: Christian Vanneste (Tourcoing) : Condamné par la justice pour propos homophobes, on peut être surpris par le choix de l’UMP d’accorder une investiture à un tel candidat.

PS: François Pupponi (Sarcelles) : M. Pupponi à annoncé à plusieurs reprises qu’il choisissait dans sa ville, les populations noires au détriment des personnes handicapées.

MoDem: Jean-Luc Bennhamias (Marseille) : Lors de la fusion de la liste dans le premier secteur de Marseille, M. Bennhamias a laissé la liste MoDem s’engager dans des scandaleuses négociations qui ont eu pour effet de retenir des candidats placés avant et après le 3ème sur la liste mais en contournant soigneusement ce 3ème de la liste qui comme par hasard, se nomme...Aziz Ottmane.

PC: Francis Parny (Garges-lès-Gonesse) : La politique est aussi affaire d’éthique.
Arrivé loin derrière le candidat PS Hussein Mokhtari (17.45% contre 28.14%) M. Parny (PC) s’est maintenu dans une triangulaire suicidaire.
M. Parny est emblématique de tous ces candidats dissidents qui préfèrent faire gagner le camp en face plutôt que les idées qu’ils disent représenter. Lors des fusions de listes, ils ont toujours l’impression que le candidat de la diversité même arrivé en tête doit faire des courbettes !

Verts: Pas de prix du communautarisme pour les Verts ce qui constitue un signe positif pour ce mouvement.

Par ailleurs le comité demande instamment aux instances nationales du PS d’infirmer l’investiture sénatoriale accordée à Georges Frêche.

16:50 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : diversité, MoDem, UMP, PS, Juppé, Delanoë, municipales | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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