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24/02/2015

République et entreprise, mêmes valeurs

Je signe sur le site des Echos, un papier reproduit ici

La République doit se mobiliser, au côté de l'entreprise, pour lutter contre les discriminations et poursuivre sa politique d'inclusion.

Les fondateurs de la IIIe République ont doté la France d’un mode d'organisation sociale exigeant et généreux: gratuité de l’école, éducation obligatoire, enseignement public laïc, liberté de la presse, lois sur le droit de grève ou d’association, légalisation des syndicats, séparation de l'Église et de l'État…

Contreparties républicaines

Le contrat social qui sous-tend la vie collective suppose de la part du récipiendaire des bienfaits publics, une adhésion aux valeurs de la communauté nationale, à sa culture, à sa langue et un accord pour participer à la pérennisation du pacte.

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a France est inclusive, ce qui contribue au respect et à l’admiration dont elle bénéficie. La générosité républicaine a rarement été remise en cause par les pouvoirs successifs -de gauche ou de droite- qui l’ont enrichie: sécurité sociale, retraite, participation, programme national de rénovation urbaine, loi de programmation pour la cohésion sociale... En matière d’inclusion il n’y a pas d’un côté une gauche forcément altruiste et de l’autre une droite qui serait individualiste.

Mais voilà, depuis la fin des années 1960 la France renonce à l’apprentissage de la République et de ses principes. Or ces années correspondent à l’arrivée sur le territoire national d’un nombre important de populations originaires du Sud.

En n’informant pas très tôt ces populations de ce que la Nation attendait d’elles, le pouvoir et la société ont omis de s’acquitter du devoir supérieur de transmettre l'idéal républicain ainsi que ses contreparties.

En effet la République soutient, protège, soigne, respecte les croyances ou les appartenances, elle contribue à la liberté, à l’éducation, à la formation, à la carrière, ce qui impose en retour une allégeance lucide et une mise en commun d’une partie de la valeur ajoutée générée. C’est cet essentiel-là qu’il s’agit désormais de réaffirmer sans concession et avec humanisme. C’est le sens du vivre ensemble qui ne mobilise pas si les droits ne sont pas en permanence associés à des devoirs.

Esprit d'inclusion 

Quant à elles, les ruptures de l’égalité trop nombreuses finissent par décevoir des populations qui devraient être les plus zélés défenseurs des valeurs d’une République qui fait beaucoup pour elles.

J
e garde en mémoire ce que m’a contée cette jeune fille d'origine africaine qui après avoir aidé une dame âgée à traverser la rue comme elle l'aurait fait tout naturellement dans son pays d'origine, a été très touchée lorsque cette dame l'a serrée dans ses bras pour la remercier. Elle me disait avoir eu le sentiment d’appartenir à la communauté française tant l’émotion qu’elles ressentaient toutes les deux était forte.

On dit souvent que les discriminations sont principalement sociales. Il n’y a pas de hiérarchies entre les discriminations qui toutes sont des offenses aux individus. Une personne pauvre aura du mal à se loger et à trouver un emploi mais un Français pauvre ET issu de l’immigration est quasiment certain de ne pas facilement pouvoir se loger ou trouver un emploi. Les discriminations s’additionnent et ne s’éliminent pas entre elles.

La communauté nationale doit donc se mobiliser contre les discriminations sociales et celles liées à l’origine pour éviter que les populations touchées par ce fléau n’en soient réduites à devoir trouver elles-mêmes des solutions, ce qui ne peut que renforcer le communautarisme.

Au XIXe siècle lorsque sous le choc de l’exode rural des populations se sont dirigées vers les grandes villes en quête d’emploi, sous le Second Empire et la IIIe République, le pays s’est mobilisé pour apporter des réponses économiques, sociales et politiques. Les Auvergnats, les Corréziens, les Bretons du XIXe siècle étaient plus loin du Parisien standard que le gamin d’Aubervilliers l’est aujourd’hui d’un habitant du XVIe arrondissement de Paris. Et pourtant la cohésion a fini par l’emporter. N’est-ce pas cela une démocratie inclusive ?

Pour relever le défi qui se pose aujourd’hui à notre pays, l’entreprise aura un rôle déterminant. Il y a quelques années, sous l’impulsion de Claude Bébéar, les entreprises s’étaient distinguées en imposant avec succès la charte de la diversité.
D’autant que bien mobilisée, la diversité de la société française contribuerait largement à la conquête de nouveaux marchés. Les millions de personnes disposant de plusieurs codes culturels et de réseaux à l'étranger représentent un levier puissant de la croissance française et une chance pour la conquête de marchés extérieurs. La France pourrait mieux utiliser les compétences de ces citoyens adaptables à de nombreuses situations et très motivés.

L
’inclusion est dans la nature même de l’entreprise et je me souviens de ce jeune Normand, fils d’ouvriers qui me racontait sa fierté d'avoir pris la parole et d’avoir été écouté avec respect pour la première fois, lors de sa première réunion professionnelle.

Récemment, Michel Emsalem, le patron de la supérette Hyper Cacher de la porte de Vincennes qui a recruté Lassana Bathily -musulman pratiquant- et ce dernier qui a héroïquement caché et sauvé des clients du magasin puis a donné de précieux renseignements aux forces de l’ordre, ont démontré tous les deux que le monde du travail est inclusif.

En France le sursaut a toujours suivi les périodes de crise ou de doute. La France a toujours fini par surmonter ses difficultés pour aller de l’avant.
« Ce qui constitue une nation, ce n'est pas de parler la même langue, ou d'appartenir à un groupe ethnographique commun, c'est d'avoir fait ensemble de grandes choses dans le passé et de vouloir en faire encore dans l'avenir. » disait Ernest Renan.

Faire de grande choses ensemble ? Les entreprises ont déjà beaucoup fait pour l’inclusion et elles sont certainement prêtes à en faire encore plus. La solution passera par la République et par l’entreprise.

21/06/2011

Déclarations xénophobes d’une rectrice d’académie

Dans une interview à Nouvelle République samedi le 18 juin 2011, Marie Reynier, rectrice de l’académie d’Orléans-Tours a justifié les mauvais résultats de son académie par la présence d’enfants... "issus de l’immigration" !

"Si on enlève des statistiques les enfants issus de l’immigration, nos résultats ne sont pas si mauvais ni si différents de ceux des pays européens" a-t-elle déclaré, alors qu’il lui était demandé si le problème ne venait pas des classes "surchargées", un facteur que l'ensemble de la communauté enseignante pointe du doigt.

Je dénonce ces propos xénophobes, tenus par une rectrice, qui est censée représenter les valeurs de la République et inculquer ces valeurs à nos enfants.

Logo de l'éducation nationale.jpgCes propos n’ont pas leur place dans le système éducatif français et ils confirment l’urgence d'une défense ferme et résolue de nos valeurs républicaines lors de l’élection présidentielle de 2012, face à une banalisation de la xénophobie, dont l'exemple est donné au sommet de l'Etat.

Je suis candidat à l’élection présidentielle de 2012 pour rompre avec cette logique du bouc-émissaire qui se met en place.
Je suis candidat à l’élection présidentielle de 2012 que cette élection ne se fasse pas sur dos des immigrés et des Français des minorités.

Lors de cette campagne électorale, je compte mettre en avant des exemples de réussites des enfants issus de l'immigration.

Il se trouve que la France est un des pays occidentaux où les destins scolaires demeurent le plus intimement liés aux origines sociales : 78,4 % des élèves provenant des catégories favorisées obtiennent un baccalauréat général, contre seulement 18 % des élèves d’origine défavorisée.

Plutôt que de pointer du doigt une partie des enfants français ou étrangers, je propose de mettre en place un véritable statut de l’élève à besoin éducatif prioritaire. La dotation des établissements devrait être affectée selon des critères mixtes, à la fois géographiques et en fonction des élèves prioritaires.

17/08/2009

Tous les jeunes Noirs de France ne doivent pas rêver de devenir Usain Bolt

Beaucoup me font remarquer depuis, hier non pas qu’Usain Bolt avait gagné la course et pulvérisé le record du monde du 100 mètres hier aux championnats du monde d’athlétisme à Berlin hier, mais que...tous les finalistes étaient noirs.

Certains me demandent avec humour, d’autres mi-sérieux, si je dénoncerai la surreprésentation des Noirs lors de cette finale.
Non ! Pas plus que je ne dénoncerai la surreprésentation des Blancs lors des...mondiaux de natation ou lors du Tour de France !

C’est l’occasion de redire je dénoncerai bien sûr les discriminations envers les Blancs en sport si elles existaient, or il ne me semble pas y avoir de discrimination directe ou indirecte envers les Blancs pour leur interdire la participation aux finales du 100 mètres pendant les grandes rencontres internationales.

BoltWR2.jpgPlus sérieusement, je salue la performance extraordinaire d’Usain Bolt, mais, je vois bien les risques pour les jeunes Noirs si les seuls modèles de réussite qui leur sont proposés sont des modèles de sportifs ou de musiciens (je n’ai rien non plus contre les musiciens).

La surreprésentation des Noirs dans le monde du sport et de la musique agit comme un moyen d’exclusion des milieux d’influence et de la décision, qu’ils soient de nature politique ou économique.

Prenons garde à ce que pour les jeunes noirs l’idée de compter sur un talent sportif ou musical ne soit plus immédiate que celle d’inscrire l’histoire de leur mérite et de leur développement au sein d’un système national. Pour le dire plus clairement, il ne faut pas que les modèles de réussite noirs illustrent tous une manière de réussir qui se passe du système éducatif et de ses filières d’excellence.
C’est en cela que l’élection de Barack Obama est symbolique, c’est pour cela que des modèles positifs noirs en politique, en sciences, en économie ou en littérature sont indispensables.

Tous les jeunes Noirs de France ne doivent pas rêver de devenir Usain Bolt, je souhaite qu’ils aspirent aussi à être ingénieurs, médécins, professeurs, ministres et pourquoi pas président de la République !

10:06 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : usain bolt, talent, sport, mérite, éducation, système d'excellence | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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