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04/04/2012

Descoings, heros de la diversité des élites de la république

Il y a des jours tristes, très tristes...
J’ai appris avec une très vive émotion, la disparition de Richard Descoings, le charismatique directeur de Sciences Po.
Il y a quelques années, j’avais rencontré pour la première fois dans son bureau de la rue Saint-Guillaume, cet homme à l’intelligence vive, au regard acéré mais qui restait toujours disponible.
Je venais discuter avec lui de la fameuse convention éducation prioritaire qu’il avait pilotée et assumée malgré les incompréhensions et les caricatures en « discrimination positive ».

Richard Descoings.jpgRichard Descoings avait ouvert les portes de la prestigieuse école aux enfants issus de la classe moyenne en permettant aux meilleurs élèves de ces lycées d'intégrer l'IEP.
Il a réussi plus que nul à faire comprendre que diversité et performance vont de pair

Il faut redire aujourd’hui que Les élèves des ZEP admis à Sciences Po passent le même examen que n'importe quel autre élève.

Très récemment et toujours sous son impulsion, Sciences Po Paris avait annoncé une réforme de ses examens d'entrée. Dès 2013, l’examen d'entrée en première année ne comportera plus l’emblématique épreuve de culture générale. L’objectif est de diversifier le recrutement. L’examen d’entrée comportera une sélection sur dossier, et une place plus grande sera faite aux épreuves orales. Les épreuves seront concentrées dans le temps, ce qui diminuera le coût des déplacements, prohibitifs pour les enfants de familles modestes.
Sciences Po est à ce jour, la seule grande école à mettre en pratique la réforme de ses concours d’entrée malgré les souhaits émis par Valérie Pécresse en 2010, lorsqu’elle était ministre de l'enseignement supérieur.
Alors responsable associatif, je m’étais effectivement alarmé contre la place trop grande prise par la culture générale dans certaines épreuves de sélection. J’avais souhaité que le caractère socialement discriminant des épreuves de culture générale soit pris en compte pour remédier au très faible taux d'enfants d'origine populaire dans la formation des élites de la République.

Grâce à Richard Descoins, notre système éducatif fonctionne aujourd’hui plus comme une pépinière et moins comme un filtre.
Richard Descoings fait partie de ceux grâce auxquels l’enseignement des élites diversifie son recrutement pour faire plus de place aux enfants issus des milieux populaires.

Richard Descoings était un héros de la diversité des élites de la République.

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26/03/2012

Le Pen reste le Pen et cible les immigrants

N’espérant plus se qualifier pour la 2ème place pourtant promise depuis de longs mois, Mme Le Pen en est réduite à une effrayante fuite en avant pour conserver une hypothétique 3ème place dans la course pour l’élection présidentielle.

Lors d’un discours prononcé hier près de Nantes, dans lequel elle a pourtant prétendu, à propos des tueries de Toulouse et Montauban, ne pas vouloir«récupérer ce drame pour des raisons politiques », Mme Le Pen a réouvert son bréviaire de la haine.

Marine Le Pen (Crédit photo Reuters).jpgAvec le sens de la nuance que l’on lui connaît, elle déclaré vouloir entreprendre«une visite systématique de toutes les caves en banlieue».
Elle a également franchi un nouveau pas dans l’ignominie en liant certains français à l’insécurité et comble de l’horreur, l’immigration au terrorisme :« Combien de Mohamed Merah dans les bateaux, les avions, qui chaque jour arrivent en France remplis d'immigrés ? (...) Combien de Mohamed Merah parmi les enfants de ces immigrés non assimilés ? » a-t-elle proféré.

Chassez le naturel…
Le Front national revient à ses fondamentaux. Lorsque le Front national a pris son envol, en 1982, son discours était violemment anti immigrants. A l’époque, il a rencontré une forte résistance morale, un rejet face à ses prises de position stigmatisantes. Mais au fil des années, le racisme brutal des années 80 a évolué, et la longévité du parti d’extrême droite l’a en quelque sorte rendu familier.
On semble donc ne plus prêter attention ses dérapages successifs.

Dans le même temps, les minorités se sont affirmées dans leur appartenance nationale. L’extrême droite a été contrainte d’intégrer le fait que la majorité de ceux qu’elle appelle les « immigrés » étaient français. Elle a compris qu’elle ne pouvait plus déclarer que « les immigrés partiraient de gré ou de force », comme on l’entendait encore à une époque pas si lointaine.

Le Front national change donc son fusil d’épaule et adapte son discours : la sécurité et l’’identité française seraient désormais menacées par les nouveaux barbares…de l’intérieur. Ceux qui considéraient il y a quelques décennies certains Français comme l’ennemi de intérieur, utilisent maintenant le même langage au sujet des enfants d’immigrants. L’idée est qu’ « ils sont parmi nous, mais ils ne seront jamais comme nous. Ils n’ont pas nos valeurs et ne pourront jamais les partager, d’ailleurs ils n’ont ni la même religion, ni la même culture. Les fractures sont irréconciliables. »

Décidément, Le Pen restera toujours Le Pen.
Pauvre Front national, pauvre Mme Le Pen.

11:14 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : le pen, front national, immigration, immigrénts, immigrés, nantes, toulouse, montauban | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

23/03/2012

Merah, Français d’origine algérienne ? Non d’origine...française !

Le tueur est un Français d’origine algérienne a-t-on commencé à dire. Et cela n’a plus cessé.
Les mêmes, notamment les médias, qui, avec une pudeur consommée se refusaient à dire que les premières victimes du tueur à scooter étaient des Français..."de la diversité" répétaient ad nauseam, une origine supposée du meurtrier. Allez comprendre.
Ou plutôt on comprenait qu’il fallait, consciemment ou non, embourber le tueur dans une identité qui nous rassurait.

Forces de l'ordre le 22 mars 2012.jpgEn réalité, le terroriste Mohamed Merah est un Français né à Toulouse, scolarisé à Toulouse et mort à Toulouse. Il est Français et s’il faut vraiment lui trouver une origine, alors il, est français d’origine toulousaine, Français d’origine française.

Pourquoi d’ailleurs lui trouver à tout prix, une origine et hors du territoire national ? N’est-ce pas là une manière d’éviter la question qui fâche ? N’est-ce pas une manière d’éviter de s’interroger sur ce qui conduit des enfants français qui n’ont connu que la France, à en arriver à ne pas aimer leur pays pour beaucoup trop, en arriver à lui en vouloir pour quelques-uns, et pour un certains d’entre eux, en arriver à haïr leur propre pays au point passer à l’acte et considérer tous ceux qui ne partagent pas leur haine, comme d’irréductibles ennemis.

La question que le parcours détestable de Mohamed Merah pose à la société française est une question française. Ce n’est pas une question algérienne. Face à la crise de société que nous traversons, face au traumatisme collectif que nous venons de vivre, notre grande démocratie ne peut continuer à repousser l’échéance.

Nous ne pouvons pas continuer à refuser de nous poser les vraies questions, celles des conséquences de la discrimination celles de l'intégration dans le tissu social économique, politique et social, de tous les Français donc aussi des Français victimes de discrimination quelles que soient ces discriminations et pas seulement celles liées à la religion ou à l’apparence.

21/03/2012

Tueur à scooter: Un necéssaire débat sur le patriotisme

Les images des 4 cercueils du rabbin Jonathan Sandler et des enfants exécutés aux portes de l’école Ozar-Hatorah, les images des cercueils 3 parachutistes abattus en uniforme à Toulouse et Montauban nous le disent : si des groupes ont été pris pour cibles par Mohamed Merah, le tueur au scooter, c’est la France toute entière qui a été touchée.
Il nous appartient collectivement de faire en sorte qu’à travers le sacrifice de ces innocentes victimes parmi lesquels des enfants en bas âge, vivent les valeurs de la France, celles que le tueur a tenté selon ses propres dires de mettre "à genoux".

Dans la tragédie qui frappe la Nation, il faut saluer la dignité des représentants des communautés religieuses qui à l’unisson ont refusé tout amalgame.

Oui, il nous faut résister à la tentation de l’amalgame mais il faut aussi ne pas passer sous silence les revendications islamistes du terroriste.

IMohammed merah, scooter, Djihad, rabbin Sandler, Ozar, hatorah, al-qaïda, loi sur le voile, françaisl
y a lieu de nous interroger sur ce qui fait qu’un Français, né et éduqué sur le territoire national, peut embrasser à ce point une cause terroriste religieuse, qu’il tue des français...parce qu'ils sont Français, se revendique être combattant de Dieu, veuille venger les enfants palestiniens autant que vouloir s'en prendre à l'armée française à cause de ses interventions à l'extérieur et protester contre la loi contre la dissimulation du visage dans l’espace public.

Ces interrogations nous conduisent nécessairement aux ratés de l’appartenance à la Nation, à la capacité de se sentir Français avant tout, Français avant d’être ceci ou cela. Et osons-le dire, à la fierté d’être Français.

Oui, il faut un débat sur ce que les uns appellent les ratés de l’inclusion et les autres, les ratés de l’intégration.

19/03/2012

7 meurtres de Juifs, d'Arabes et 1 Noir abattu en 10 jours en France

Ce lundi 19 mars, à l’heure où commencent les leçons, trois enfants de 3, 6 et 8 ans ont trouvé la mort dans une école de Toulouse. Leur crime ? Ils étaient juifs. Le père de 2 des 3 enfants a également été tué, froidement, comme les autres. Un adolescent de 17 ans se trouve en outre entre la vie et la mort. Les assassinats odieux et lâches ayant été perpétrés dans une école juive, le caractère antisémite des assassinats ne fait pas de doute.

Ainsi donc, en France, en 2012, on peut être assassiné pour la seule raison que l’on est juif. Cela fait frissonner.

Ainsi donc, en 2012, il n’est toujours pas banal d’être juif en France, il n’est toujours pas banal de porter une kippa. Certains le découvrent avec effarement. Ce n’est hélas pas une surprise pour ceux qui voient monter les intolérances de toutes natures.
Aujourd’hui, nous sommes tous juifs et toulousains.

Il est temps de dire que les 4 militaires sauvagement attaqués étaient Arabes et noir.


Toulouse, montauban, juif, Arabe, Noir, école juive, militaire, tueur, scooterIl se confirme aussi que l'arme de calibre 11,43 utilisée ce lundi a déjà servi le 11 mars, lors du meurtre d'un militaire à Toulouse, puis quatre jours plus tard de deux autres militaires à Montauban.
Ces militaires tués, et cela ne peut pas être un hasard s’appelaient Imad, Abel et Mohamed.
Un quatrième Loïc a été très gravement blessé. Et pourquoi ne pas le dire ? Loïc était...noir.
Imad, Abel, Mohamed et Loïc étaient militaires et servaient leurs pays.
Ainsi donc, en France, en 2012, on peut être assassiné pour la seule raison que l’on est Arabe ou noir. Cela fait frissonner. Ainsi donc, en 2012, il n’est toujours pas banal d’être Arabe ou noir en France. Certains le découvrent avec effarement.
Ce n’est hélas pas une surprise pour ceux qui voient monter les intolérances de toutes natures.
Aujourd’hui, nous sommes tous Arabes ou noirs de Toulouse ou de Montauban.

Pourquoi donc ne dit-on pas clairement que les 4 militaires sauvagement attaqués étaient Arabes et noir ? Sept meurtres racistes et antisémites en France en l’espace de 10 jours, ce n’est pourtant pas banal...

18:20 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : toulouse, montauban, juif, arabe, noir, école juive, militaire, tueur, scooter | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

16/03/2012

Je me retire de la présidentielle pour créer le 1er parti français de la diversité

Le 22 septembre 2011, date anniversaire de la proclamation de la Première République, devant une salle enthousiaste à Belleville, j'annonçais ma candidature à l'élection présidentielle de 2012. Depuis lors, j'ai parcouru des centaines de kilomètres à la rencontre des Français et des élus, privilégiant le contact direct aux petites phrases et vaines polémiques.

N'étant pas en mesure d'atteindre le palier des 500 signatures nécessaires pour me présenter à l'élection présidentielle, je me vois contraint de retirer ma candidature. Je remercie toutefois les centaines d'élus courageux qui m'ont apporté leurs parrainages et m'ont permis d’espérer atteindre cet objectif jusqu'au dernier moment.

« Je n’ai pas répondu aux appels de ralliement »
Dans cette campagne, j'ai été le seul candidat à aborder sans tabou ni complexe deux questions essentielles pour l'essor et l'unité de notre pays : la diversité de la société française et l'incroyable potentiel des banlieues. Je ne peux me résoudre à ce que ces priorités essentielles s'évanouissent au gré de l'agenda électoral. La tâche qui incombe aux défenseurs d’une France qui assume ses diversités et sache pleinement en tirer parti demeurera immense trop longtemps encore.

J'apporterai une nouvelle pierre à ce combat en créant dans les mois qui viennent le premier parti politique de France dédié aux questions de diversité.

A ce jour, seules des associations portaient la thématique de la diversité, comme ce fut naguère le cas pour l'écologie. Leur message n'étant toujours pas compris des partis politiques traditionnels, il faut désormais prendre les devants. Quand une société est en avance sur ses élites, il est vain de chercher à vouloir prendre place dans la remorque. Si je suis resté attentif à d'éventuels signes sincères d’ouverture sur le plan des idées, je n'ai donc pas répondu aux appels lancés par certains grands partis en vue d’un ralliement.

Ce nouveau parti, dont l'identité sera dévoilée à l'ouverture de la campagne des législatives, sera ouvert à tous les citoyens qui partagent les idéaux de la République et concourra à l'expression du suffrage universel. Il présentera à toutes les élections des candidats qui s’engageront à favoriser la jeunesse et le renouvellement de la classe politique française. Il se consacrera à promouvoir une diversité responsable, qui exclut toute forme de communautarisme. Une diversité des droits et des devoirs, qui travaille et contribue au développement de la France, une diversité patriote, une diversité qui est l'essence même de notre contrat républicain.

Des axes de travail pour la période 2012-2017
Les semaines qui viennent seront donc consacrées à la fondation de notre mouvement. Elles seront aussi l'occasion d'entamer, avec les principaux candidats qui restent dans la course à l'Élysée, un dialogue sur le sens de notre démarche, et de leur exposer nos premiers axes de travail :

- L'autorisation de « statistiques » : anonymes, volontaires, auto-déclaratives et sans constitution de fichiers pour évaluer la discrimination en France,
- Le lancement d’une étude nationale sur le coût économique des discriminations,
- La création d’une Agence nationale pour l'essor des Talents émergents des quartiers populaires,
- La suppression des ZEP et l'indexation de la dotation aux établissements en fonction du nombre d’élèves« décrocheurs » ayant besoin d’un soutien scolaire individualisé obligatoire et gratuit
- L'obligation pour l'État de doter les quartiers populaires de services publics minimums équivalents à ce qu’ils sont en moyenne dans le pays (enseignement, police/justice, transport, santé).

15/03/2012

Suppression de "race" : Hollande 2012 contredit Hollande 2007

Hollande l’a asséné : s’il était élu président de la République le 6 mai 2012, il demanderait dès le lendemain "au Parlement de supprimer le mot 'race' de notre Constitution". Ainsi donc, pour mieux lutter contre le racisme, il faudrait supprimer le mot race de notre constitution... Ubu président !

Nier n'efface pas

Nous en sommes tous d’accord, seuls quelques révisionnistes obtus s’obstinent encore à le contester, les races biologiques n’existent pas. Mais si les races n’existent pas en termes biologiques, en existent-elles moins socialement ? M. Hollande s’imaginerait-il qu’il suffit de nier un problème pour l’effacer ?

Hollande, race, Constitution, Conseil constitutionnel, statistiques de la discrimination, statistiques ethniques, statistiques de la diversité, racismeFrançois Hollande a-t-il mesuré toutes les conséquences de sa déclaration ? La Constitution évoque le mot race pour dire, avec raison, que notre République ne distingue pas ses citoyens en fonction de la religion, de la race ou de l’origine réelles ou supposées. Il n’y pas de Français de selon ceci ou selon cela, il y a des Français égaux en droit et en dignité.

Si, au nom de ces nobles principes, le mot race est désormais banni de l’article 1er de notre Constitution, pourquoi donc s’arrêter en si bon chemin et y laisser par exemple le mot origine, tout aussi potentiellement discriminatoire ? Allez, plus de hardiesse !

C
ertains verrous constitutionnels sont nécessaires

Et puis cruelle ironie, François Hollande semble avoir oublié qu’il fait partie des parlementaires qui le 25 octobre 2007, ont saisi le Conseil constitutionnel d’un recours aux fins de censurer, entre autres, un article sur les statistiques ethniques qui avait été introduit dans le projet de loi relative à la maîtrise de l'immigration, à l'intégration et à l'asile.
Le Conseil constitutionnel, dans sa décision du 15 novembre 2007, avait conclu à la non-conformité de cet article de la loi Hortefeux concernant le traitement de données à caractère personnel en se fondant sur… le principe énoncé par l'article 1er de la Constitution : "La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion."

Cela revient à dire que supprimer le mot race de la Constitution, c’est ôter le verrou constitutionnel s’opposant à la mise en place des statistiques ethniques. C’est ôter au Conseil constitutionnel, l’argument qui lui avait permis de répondre favorablement à la saisine du député de Corrèze. Ainsi le François Hollande de 2012 contredit-il le François Hollande de 2007.

Mais c’est peut-être sciemment que François Hollande, désormais favorable, si j’ai bien compris, au bilan de la discrimination par les entreprises et donc favorable aux "statistiques de la discrimination" lève cet obstacle à la mise en place des telles statistiques ? Alors, Docteur François ou Mister Hollande ?

10/03/2012

Politiques incompétents en banlieue ? Non, une responsabilité partagée

Je reproduis ci-dessous ma contribution à un débat qui se déroule en ce moment sur Newsring le pure-player de débat animé entre autres par Frédéric Taddeï.

Les politiques sont-ils incompétents en banlieue ?
N
on. Il n’y a objectivement aucune raison que les politiques soient plus incompétents pour traiter des questions de banlieueque de traiter les questions de défense nationale, d’agriculture, de santé etc., Cependant, la plupart des politiques se comportent de fait comme s’ils étaient incompétents en banlieue.

Il faut également s’interroger sur la bonne manière de susciter l’intérêt politique ou l’intérêt des politiques sur cette question cruciale pour l’avenir du pays. Car on ne peut pas exiger des responsables politiques qu’ils agissent comme tels et leur reprocher ensuite de rechercher…avant tout à remporter des élections pour pouvoir mettre en place la politique qui leur semble la meilleure pour le pays.
L
a responsabilité des politiques qui se tiennent loin des questions de banlieue est engagée, certes, mais il y a aussi la responsabilité d’acteurs majoritairement regroupés dans le monde associatif et qui agissent presqu’exclusivement sur le terrain de la morale ou de la demande de droits.

Ville et banlieue (Crédit photo INSEE).pngIl est vain de vouloir agir seulement sur le terrain de la moralité. Pour être résolue, la question de la banlieue nécessite des actions concrètes, ainsi qu’une politique volontariste s’appuyant d’abord sur le terrain économique et l’enseignement. Les acteurs qui depuis des années s’évertuent à imposer la question des banlieues sur l’agenda des responsables politiques en sont-ils tous convaincus?

Par ailleurs, si les politiques sont éloignés de la banlieue, il y a aussi une défiance de la banlieue envers la politique. Cette défiance de millions de citoyens qui se sentent mis sur le côté, se manifeste par des taux très élevés d'abstention électorale. En 2010, le taux d’abstention lors du 2ème tour des élections régionales à Clichy-sous-Bois était de 69%.

L
a conjugaison de ces phénomènes a, jusqu’ici, conduit les pouvoirs publics à ignorer largement la banlieue mais cela a aussi conduit le grand public à passer à côté de propositions formulées de manière dispersée, et donc peu audible.

Et puis, les acteurs du dossier de la banlieue prennent trop souvent appui sur le respect des droits sans aborder que la question des devoirs !

Il n’y a pas de droits sans devoirs. Les droits sont d’autant plus respectés qu’ils sont liés à des devoirs. La banlieue est parfaitement disposée à entendre et faire entendre ce message de responsabilité.

La question des banlieues est beaucoup plus complexe que les raccourcis dont certains responsables politiques et quelquefois des membres de l’exécutif, abreuvent les Français. Il est grand temps que les politiques empoignent avec sérieux cette question avant qu’elle ne se rappelle, sans douceur, à notre bon souvenir.

10:10 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : banlieue, politiques, incompétents, clichy-sous-bois, abstention | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

20/02/2012

Hugo: Le stéréotype, rare faiblesse d’un génie national

A l'occasion des 150 ans du lancement des Misérables, Le Monde a consacré un hors-série à "l'élu du peuple" et a demandé à des candidats à l'élection présidentielle ce que représentait Victor Hugo pour eux.

Je reproduis ci-dessus le texte que j'ai signé.

 

A l’inégalité réelle que produit la fortune ou la loi, succède toujours une inégalité imaginaire qui a sa racine dans les mœurs. Alexis de Tocqueville

 

Victor Hugo.jpgNous sommes le 18 mai 1879. Victor Schœlcher a organisé un banquet commémoratif de l'abolition de l'esclavage qu’il a poussée et obtenue 31 ans plus tôt.

Victor Hugo, l’homme-océan se lève. Parmi les convives il aperçoit Adolphe Crémieux l’ex-ministre de la Justice et Jules Simon, l’ancien président du Conseil.

Hugo est inspiré. Son discours enlevé, suscite des « Vive Victor Hugo! Vive la République !» répétés.

 

Qu’a déclaré Victor Hugo de si enthousiasmant ? Il a dit entre autres :

« Ce n'est certes pas pour rien que la Méditerranée a sur l'un de ses bords le vieil univers et sur l'autre l'univers ignoré, c'est-à-dire d'un côté toute la civilisation et de l'autre toute la barbarie. […] Il est là, devant vous, ce bloc de sable et de cendre, ce monceau inerte et passif qui, depuis six mille ans, fait obstacle à la marche universelle, ce monstrueux Cham qui arrête Sem par son énormité, - l'Afrique. […] L'Afrique n'a pas d'histoire. Une sorte de légende vaste et obscure l'enveloppe. […] Cette Afrique farouche n'a que deux aspects: peuplée, c'est la barbarie; déserte, c'est la sauvagerie ;  […]Au dix-neuvième siècle, le blanc a fait du noir un homme; au vingtième siècle, l'Europe fera de l'Afrique un monde.»

«Refaire une Afrique nouvelle, rendre la vieille Afrique maniable à la civilisation, tel est le problème. L'Europe le résoudra. Allez, Peuples! Emparez-vous de cette terre. Prenez-la. A qui? A personne. Prenez cette terre à Dieu. Dieu donne la terre aux hommes, Dieu offre l'Afrique à l'Europe. Prenez-la. […] Versez votre trop-plein dans cette Afrique, et du même coup résolvez vos questions sociales, changez vos prolétaires en propriétaires. »

 

Le discours de Victor Hugo ne peut se résumer à ces poncifs. Hugo insiste aussi sur l’absolue nécessité d'un dialogue entre les populations et les cultures : « […] La destinée des hommes est au Sud. Le moment est venu de donner au vieux monde cet avertissement». «Il faut être un nouveau monde». «Le moment est venu de faire remarquer à l'Europe qu'elle a, à côté d'elle, l'Afrique. »

 

Il ne s’agit pas de jeter l’opprobre sur l’un des plus grands écrivains de langue française. Qui n’a pas été ému par Ruy Blas, Notre-Dame de Paris ou les Contemplations ? Qui peut souhaiter mettre au banc des accusés le visionnaire qui a su merveilleusement décrire les devoirs ou les valeurs de notre société dans Claude Gueux et qui a dépeint avec précision la nature humaine dans ce monument social que sont Les Misérables ? Il s’agit plutôt de relever une rare faiblessed’un génie national et de saisir cette occasion pour éclairer une période de notre histoire où un géant de la pensée, un intellectuel aussi engagé, pouvait défendre nos valeurs fondamentales tout en se laissant aller à une analyse  superficielle et à des stéréotypes.


On aimerait penser que cette faiblesse française est celle d’un temps révolu. Il n’en est rien. Il suffit pour se rendre compte des progrès qui nous restent à accomplir, de lire le discours prononcé par le président de la République le 26 juillet 2007 à Dakar. Nicolas Sarkozy tout en reconnaissant des fautes et des crimes, déclarait «Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire

 

Comment se forge, se fige, et se cristallise le stéréotype ? Souvent grâce à la bonne conscience. Une des principales raisons de la persistance des stéréotypes est qu’ils font autorité depuis la nuit des temps, qu’ils ont toujours fait partie de l’idéologie dominante, qu’ils sont si ancrés dans les représentations collectives que nul n’est à l’abri de ses effets.Il serait vain de nier les stéréotypes. On peut cependant les combattre. D’abord en réfutant sans relâche les a priori sur lesquels ils prospèrent et en réaffirmant les valeurs de tolérance, de fraternité et de justice qui font la grandeur de notre pays.La persistance des stéréotypes a des conséquences très concrètes dans la France de 2012. Elle empêche la société française et notamment ses élites, de prendre conscience du potentiel énorme de ces femmes et de ces hommes piégés dans une identité péjorée.

Notre pays gâche ses atouts en abandonnant notamment les populations françaises originaires d’Afrique, à la condescendance ou au mépris alors qu’elles constituent des réservoirs de croissance économique inestimables.


Mais il est une autre constante de notre histoire. La France a toujours fini par refuser le fatalisme et la résignation pour se mettre en mouvement et se hisser à la seule hauteur qui vaille : celle de son rêve républicain. Ce mouvement empli de promesses a peut-être déjà commencé: en 2012, les personnalités préférées des français se nomment Yannick Noah, Zinedine Zidane et Omar Sy...

09:01 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

13/02/2012

Bayrou veut aider Le Pen à obtenir des parrainages ? Tordu et honteux.

François Bayrou, candidat MoDem à l’élection du président du président de la République propose que les grands courants démocratiques se réunissent pour permettre à la représentante d’un parti dont les idées menacent notre démocratie d'obtenir les parrainages nécéssaires pour se présenter à l’élection présidentielle !

Une telle proposition est spécieuse et honteuse. Cela témoigne d’une étrange conception de la modernisation de notre vie politique.

D’abord, la règle des parrainages n’est pas nouvelle, tous les candidats déclarés à l’élection présidentielle savent que la recherche de ces 500 signatures une tâche herculéenne pour tous les candidats et les partis qui n’ont pas ou peu d’élus locaux. Ensuite, pourquoi aider le Front national et pas les autres candidats qui au contraire favorisent la cohésion nationale ou représentent des courants de pensée qui doivent aussi s’exprimer cette élection présidentielle ?

bayrou, parrainage, Le pen, signaturesMa position par rapport à la candidature de Jean-Marie Le Pen, et maintenant à celle de Marine Le Pen, a toujours été sans ambiguïté. Je réprouve totalement sur le fond et sur la forme le discours du Front national, que je juge de nature à mettre à mal notre unité sociale, mais je crois souhaitable que le nombre requis d’élus lui permette d’intégrer au plus vite le processus électoral pour 2012.

Pour autant faut-il forcer la main aux élus par une manœuvre d’appareils comme le propose François Bayrou ? Certainement pas. Car si Mme Le Pen a du mal à convaincre les élus c’est parce que les élus ne se satisfont pas du système de parrainage tel qu’il est organisé actuellement (et cela pénalise tous les candidats "hors système") mais c’est aussi, c'est le plus important, parce que les élus rejettent massivement les présupposés du programme du Front national et de Marine Le Pen.

Il y a quelque chose de tordu dans la position de François Bayrou qui consiste d’un côté à rejeter violemment le détournement de valeurs qu’il prête à Nicolas Sarkozy accusé de vouloir dresser les Français les uns contre les autres et de l’autre à vouloir aider un parti spécialisé depuis des années dans le détournement des valeurs et dans la volonté de dresser les Français les uns contre

13:08 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bayrou, parrainage, le pen, signatures | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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