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17/02/2009

Guadeloupe : Attention, ça pourrait mal finir

D'aucuns s’étonnent de ma présence aux côtés d'Olivier Besancenot, Arlette Laguiller, Jean-Luc Mélenchon et d'autres, dans le cortège de solidarité envers l’Outre-mer qui s’est étiré lundi 16 février au soir de la Place de Clichy à la Gare Saint-Lazare.
C’est oublier que le CRAN est "multipolitique" et non pas apolitique.

Mais où donc aurais-je pu être alors que le conflit s’envenime ?
Où donc aurais-je pu être alors que le violence fait irruption dans la crise ultramarine et qu’une issue qui rappellerait les violences de mai 1967 à la Guadeloupe ou la fin dramatique survenue dans la Grotte d’Ouvéa en Nouvelle–Calédonie, hante mon esprit ?

Le président de la République va enfin bousculer son emploi du temps pour la crise dans les Caraïbes. Il recevra en effet les élus de l’outre-mer jeudi.
Le gouvernement par la voix d’Yves Jégo, le secrétaire d’Etat chargé de l’Outre-mer parle enfin de la nécessaire refondation à la fois économique et sociale qui surviendrait à la fin de la crise.

Souhaitons qu’il ne soit pas trop tard...

 

08:12 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : guadeloupe, crise dans l'outre-mer, yves jégo | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

12/02/2009

Français entièrement à part ou français à part entière ?

Nul ne sait de quoi l’avenir sera fait, mais on peut penser que le gouvernement ne sortira pas à son avantage de la crise antillaise.
On se dirige à grand pas vers l’impasse. Evitera-t-on la crise politique ?

Après plus de 22 jours de grève générale, la détermination à la Guadeloupe ne faiblit pas. La Martinique quant à elle, est entrée dans sa 2ème semaine de grève.
Fait-on grève pendant plus de 2 semaines de gaité de cœur ?
Il faut donc admettre que les revendications antillaises sont fortes et leurs causes profondes, liées notamment à un système social d’inspiration coloniale que le monde entier regarde maintenant avec étonnement.

Le gouvernement semble "jouer la montre" et donne la mauvaise impression d’introduire une notion de distance dans le concept de citoyenneté.
Imagine-t-on 2 départements de métropole bloqués par une grève générale pendant aussi longtemps sans que le président de la République ne s’exprime ?

L’Etat prend grand risque en pariant sur le pourrissement de la crise aux Antilles.
Ce faisant, il prend surtout le risque de renforcer le sentiment déjà très présent aux Antilles que nos compatriotes antillais sont de fait, considérés comme des français de seconde zone, c'est-à-dire des français entièrement à part, pour reprendre l’expression d’Aimé Césaire.

09:44 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (23) | Tags : guadeloupe, martinique, grève générale, citoyenneté | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

09/02/2009

Et si la Guadeloupe annonçait la Seine-Saint-Denis de demain ?

Une grève générale paralyse la Guadeloupe depuis le 20 janvier. Cette grève a pour premier objectif, une augmentation des bas salaires. Un mouvement similaire gagne peu à peu la Martinique voisine.
Après plusieurs jours de conciliabules, les négociations entre l’Etat, le patronat, les élus et le LKP (le
collectif de syndicats de partis et d’associations qui ont appelé à grève) ont été suspendues.
L'annonce surprise du départ pour Paris du secrétaire d'Etat en charge de l’Outremer Yves Jego, qui s'était "installé" à la Guadeloupe dimanche dernier, risque de mettre à nouveau le feu aux poudres.

Ceux qui ne voient dans les grèves en Guadeloupe et en Martinique qu’une protestation contre la vie chère, n’ont pas compris le sens profond de ce mouvement. Il y a quelques jours, au moins 20 000 ont manifesté dans les rues de Pointe-à-Pitre. C’est l’équivalent d’un défilé d’un peu moins de 3 millions de personnes en France métropolitaine.
La question mélanique est bien sûr très présente dans cette crise.
La société antillaise vit encore aujourd’hui sur un ordre social d’inspiration coloniale.
Est-il normal que 160 ans après l’abolition de l’esclavage, les descendants des colons, les « békés » possèdent 90 % des richesses de la Guadeloupe, alors qu’ils ne représentent que 1 % de la population?

Est-il normal que les dirigeants économiques des Antilles soient quasiment tous blancs ?
La jeunesse antillaise dénonce de plus en plus fortement une forte discrimination liée à la couleur de peau.

Continuer à appréhender la situation antillaise uniquement sous l’angle social et sur le seul critère de classe serait une erreur. La discrimination "raciale" ou mélanique est bien au coeur du sujet comme le disent à chaque occasion les grévistes et leurs soutiens.

Les évènements qui se déroulent à la Guadeloupe et à la Martinique sont avant-coureurs de ce qui pourrait arriver dans d’autres zones de relégation et de discrimination mélanique en métropole : La Guadeloupe semble annoncer ce qui pourrait arriver un jour en Seine-Saint-Denis.

Plusieurs responsables politiques nationaux ne s’y trompent pas qui citent désormais la situation guadeloupéenne comme emblématique de ce qui pourrait arriver ailleurs en France.

C’est maintenant qu’il faut tirer collectivement les leçons de notre aveuglement sur la situation antillaise.
Il y a une réflexion d'ensemble à mener car la situation antillaise éclaire un problème plus général.
C’est une des rares manières d’éviter qu’un communautarisme noir ne vienne à terme, concurrencer ou remplacer le communautarisme blanc actuel aux Antilles...ou ailleurs en métropole !

08:31 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (19) | Tags : guadeloupe, grève générale, yves jégo | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

14/06/2008

Création d'un conseil scientifique « chlordécone » : Pourquoi écarter les associations ?

L’InVS et l'Inserm (respectivement institut de veille sanitaire et institut national de la santé et de la recherche médicale) ont annoncé avant-hier 12 juin 2008, la création d’un Conseil scientifique « chlordécone », dans le cadre du Plan d'action chlordécone 2008-2010 aux Antilles françaises.
Ce conseil scientifique a « pour objectif de proposer des axes de recherches complémentaires, le renforcement de la veille sanitaire et d'améliorer la surveillance de l'impact des pesticides ».

En outre, il « procédera à une analyse approfondie des connaissances scientifiques, auditionnera de nombreux acteurs et experts et effectuera une mission aux Antilles dans le courant de l'automne ». Les premières conclusions de ses travaux sont attendues pour le premier trimestre 2009.
La création de ce Conseil scientifique est à saluer mais pourquoi les associations en ont-elles été exclues? 
Il est souhaitable que les associations puissent en faire partie, avec un statut particulier s’il le fallait...
Il est également souhaitable que le conseil élargisse son action aux autres pesticides suspectés.

Un premier rapport publié par le professeur Belpomme en septembre 2007 avait conclu que les Antilles françaises étaient aujourd'hui « la deuxième région du monde la plus touchée par le cancer de la prostate ». Le professeur Belpomme avait parlé d' « un véritable empoisonnement » en Martinique et en Guadeloupe.

En cause, l'utilisation de plusieurs pesticides dont le chlordécone, un pesticide interdit aux Etats-Unis depuis 1976 et en France métropolitaine depuis 1990, mais qui ne fut interdit aux Antilles que deux ans plus tard, en 1993...
Ce produit toxique a été utilisé en quantités industrielles dans la culture bananière. Il s'est accumulé dans la chaîne alimentaire, et reste présent dans le sol, produisant des malformations congénitales, des cancers et toutes sortes de problèmes sanitaires d’une gravité extrême.

Avec le Cran, nous avions réclamé dès la publication du rapport Belpomme, en septembre 2007 :
- La mise en place d'un Plan de dépistage général des pathologies
- La mise en place d'une Campagne de sensibilisation
- La mise en place d'une Commission d'enquête indépendante.

En octobre 2007, le Ministre d’État Jean-Louis-Borloo m’avait confié (je suis pharmacien et diplômé en toxicologie), une mission d’études portant notamment, sur la pollution en Martinique.
En décembre 2007, j’ai informé Jean-Louis Borloo de mon refus de continuer plus avant la mission, parce que je considérais que les moyens d’établir un rapport indépendant sur la question du chlordécone n’étaient pas réunis, concernant ce qu’il faut bien qualifier de catastrophe écologique majeure en Martinique et en Guadeloupe...

09:13 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : chlordécone, pesticides, antilles, guadeloupe, martinique, conseil scientifique | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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