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23/10/2009

Jean Sarkozy et l'EPAD: Un cas typique de discrimination indirecte

Pendant 15 jours et grâce à l’affaire de la candidature de Jean Sarkozy à la tête de l’EPAD, les français ont vécu le quotidien des minorités visibles !

Depuis l'annonce de la candidature du fils du chef de l'Etat, à la tête de l'EPAD (Etablissement public d’aménagement de la Défense), la gauche scandalisée, la droite gênée, les médias étrangers ou Internet ont (peut-être sans le savoir) relayé les revendications du Cran ou des militants de la diversité et de l'égalité des chances.

Tout candidat en face de Jean Sarkozy avait peu de chances de l'emporter...alors que les choses auraient été différentes si on ne savait pas que l'un des candidats était M. Sarkozy fils.

Jean Sarkozy sur France 2 (Reuters - HO).jpgAvec la candidature de Jean Sarkozy à la tête de l'EPAD, nous étions face à un cas typique de discrimination indirecte! C'est à dire des pratiques et procédures qui (de la même façon que la discrimination directe) aboutissent à des désavantages significatifs pour les membres d’un groupe, en l'occurrence ceux qui n'ont pas tel ou tel nom...

Pour le dire d'une autre manière, les choses auraient été différentes avec le CV anonyme, ou par tout autre moyen permettant de juger les candidats à la présidence de l'EPAD en fonction de leurs seules compétences et de non pas de leurs...appartenances réelles ou supposées!
Le mérite de Jean Sarkozy n'est même pas en cause. La légitimité de sa candidature non plus. Simplement les autres candidats auraient été comme transparents.

Et bien cette transparence, c'est le quotidien des minorités visibles. C'est le quotidien de ces millions d'hommes et de femmes pourtant méritantes auxquelles on préfère, le blanc, le valide, l'homme, etc...
Le tollé soulevé par la candidature de Jean Sarkozy soulignait fortement...l'inégalité des chances entre les candidats à la tête de l'EPAD.

Pour officialiser son retrait de la course à la présidence de l’EPAD, Jean Sarkozy a annoncé "Je n'accepte pas que ce soupçon de favori, de passe-droit ou de traitement de faveur puisse peser".

C'est contre ce passe-droit souvent involontaire, ce traitement de faveur qui va presque de soi, que s'élèvent les défenseurs de l'égalité.
C'est contre cette pratique de la discrimination indirecte que nous nous élevons.

Pourvu que cet épisode de lucidité collective serve la cause de la diversité, celle de la lutte contre toutes les discriminations et celle de l'égalité des chances.

08:22 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : sarkozy, epad, discrimination indirecte, égalité | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

19/10/2009

Nouveaux fichiers de police : Edvige revient et en couleur

Deux nouvelles bases de données destinées à renforcer les moyens d'enquête de la police ont été créés par décrets parus hier au Journal officiel. Ces nouveaux fichiers de police ne comportent plus de références aux origines "ethniques" ou "raciales", comme il en était question pour le fichier  Edvige.
J’avais saisi le Président de la République Nicolas Sarkozy qui avait répondu que les nouveaux fichiers de police feraient l’objet  d’une « rédaction équilibrée ».
Je suis donc satisfait du retrait des données "ethniques" ou "raciales" des fichiers de police.
Mais je suis très préoccupé par la circulaire adressée aux préfets et qui dresse une liste des dérogations éventuelles, comme celle permettant une référence à l'"origine géographique".

L’"origine géographique" dont il est question n’est pas le lieu de naissance. Avec cette nouvelle notion, on pourra dire d’un français noir né en France qu’il est d’origine africaine ou antillaise.

Avec ces 2 nouveaux fichiers, nous aurons la photocopie en couleur du fichier Edvige.

Je suis favorable, aux statistiques de la diversité qui, je le rappelle, sont: anonymes, volontaires, autodéclaratives et surtout sans constitution de fichier.
Je peux même me retrouver en accord avec le gouvernement sur cette ligne.

Le Ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux.jpgMais aujourd’hui, ce que nous propose le gouvernement avec ces fichiers est totalement différent.
Le ministre Brice Hortefeux veut par un décret et une circulaire, sans débat préalable au Parlement, un dimanche, à la sauvette, ficher l'"origine géographique" et les signes physiques de la population.

M. Hortefeux dit qu'il évacue les critères "ethniques" du fichage, et il les réintroduit, sous un autre nom !
L''"origine géographique" risque d'être utilisée pour contourner l'interdiction de ficher l'origine "ethnique" des personnes.
Je m'inquiète très vivement de cette dérive, qui pourrait menacer gravement les libertés publiques.

Si le Gouvernement est sûr de sa position par rapport au Conseil constitutionnel, alors pourquoi ne passe-t-il pas par une loi ?

Bien sûr, la police a besoin de fichiers pour nous protéger contre les délinquants, mais il s’agit d’autre chose avec ces nouveaux fichiers. On y parle de personnes "susceptibles de porter atteinte...", autrement dit, presque toute la population française ! Qu'on fiche les coupables, personne n’y est opposé (aux Etats-Unis, on connaît le nombre d'afro-américains en prison, et c’est tant mieux qu’on le sache. Je suis favorable à la vérité des chiffres)
Mais il y a une différence entre ficher des coupables, et ficher toute la population, au nom de la prévention du terrorisme ou des bandes organisées - deux domaines dans lequel, on le sait, le fichage est très peu efficace.

Lors de sa visite à Châtelaillon-plage en septembre 2008, le président de la République Nicolas Sarkozy a estimé à propos du fichier Edvige que « tout ce qui est nécessaire à la sécurité des Français, il faut le garder. Tout ce qui n'est pas indispensable à la sécurité des Français, il faut l'enlever »

Je m’interroge aujourd’hui: considérer l’"origine géographique" et les signes physiques comme indispensables à la sécurité des Français rappellerait les heures les plus sombres de notre histoire et constituerait une grave remise en cause du cadre républicain.

16/10/2009

Des statistiques de la diversité sinon rien !

Le débat sur les statistiques de la diversité va bientôt être relancé.

Avec Manuel Valls le député-maire d'Evry, nous organisons le 12 décembre prochain à Evry, un colloque sur ce thème.
Ce colloque est intitulé « Faire des égaux : Pour un nouveau dialogue sur la diversité en France »

Le Comité pour la mesure et l’évaluation de la diversité et des discriminations  (COMEDD) présidé par  François Héran le Directeur de l’Institut national des études démographiques, va bientôt remettre son rapport à Yazid Sabeg le Commissaire à la diversité et à l'égalité des chances.

Le président de la République va enfin pouvoir trancher ce débat. Il n'en est que temps car comme l'a théorisé Nicolas Sarkozy lui-même (dans une interview dans le Figaro de ce jour) il reste à peine une année utile et demie avant la fin de son mandat.
Nicolas Sarkozy a en effet affirmé dans une phrase sur son opposition à un mandat présidentiel de quatre ans "il n'y aurait que deux années utiles, la première année étant consacrée à l'installation et la quatrième à la campagne"

Mon soutien aux statistiques de la diversité...pour peu qu'elles soient rendues anonymes, facultatives, auto déclaratives et sans constitution de fichier, est basé sur la conviction profonde qu'une meilleure connaissance de la diversité, des discriminations et bien sûr de l'évolution des ces données dans le temps est la clé d'une politique de la diversité réellement efficace et maîtrisée.
Comment en effet mesurer l'efficacité d'une politique sans données?
Mieux vaut une connaissance de la réalité chiffrée que le fantasme induit par l'ignorance.

Les adversaires de la connaissance de la réalité chiffrée de la diversité et des discriminations prétendent que l'on sait tout ou presque. Je crois que l'on sait beaucoup de choses sur les étrangers, mais que l'on sait peu de choses sur les immigrés (qui peuvent devenir français et qui disparaissent dès lors des statistiques sur les étrangers) et que l'on sait encore moins de choses sur les français de la diversité...une curieuse expression pour dire "minorités visibles".

Un tel aveuglement n’est pas digne d’un grand pays comme le nôtre. Il frise même la volonté de dissimuler, de vérités qu’il vaudrait mieux cacher.

Une étude de l'Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes) révélée hier vient d'apporter de l'eau à mon moulin.
Cette étude démontre pour la première fois en France que les immigrés consultent moins le médecin que le reste de la population française.

Foin donc des fantasmes et des contre-vérités sur les immigrés sur-consommateurs et qui "coûteraient cher à la nation" ou "coûteraient plus qu'ils ne rapportent".

Des chiffres vous dis-je.
Des chiffres sinon rien! Des statistiques de la diversité sinon rien.

L'étude de l'Irdes révèle que les différences constatées s'expliquent notamment par une "situation sociale défavorisée".
"Les personnes immigrées ont un taux de recours à la médecine de ville, au généraliste comme au spécialiste, plus bas que le reste de la population française. Ceci s’explique davantage par la situation sociale défavorisée des immigrés que par des différences d’âge, de sexe ou d’état de santé entre ces deux populations", note cet institut.
 "85% des personnes nées en France et 84% des immigrés naturalisés déclarent avoir consulté un généraliste au cours de l’année écoulée. Les immigrés étrangers sont en revanche un peu moins nombreux: 81% seulement ont consulté au moins une fois un généraliste".
"L’écart est encore plus marqué pour les séances de spécialistes: 63% des Français nés en France et des immigrés naturalisés ont consulté un spécialiste au cours des douze derniers mois, contre 52% des étrangers
".
La catégorie socioprofessionnelle, le niveau de revenu ou la couverture santé complémentaire figurent parmi les facteurs susceptibles d'expliquer ces différences selon l'Irdes qui note que "35% des immigrés étrangers et 20% des immigrés naturalisés ne disposent pas de couverture complémentaire, contre 7% des Français nés en France".

Allez, vite la fin de l'obscurantisme et la fin de l'absence de données sur la diversité et les discriminations !

09:57 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : statistiques, sarkozy, diversité, irdes, immigrés | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

11/09/2009

Le dérapage de Brice Hortefeux abîme la politique de diversité de Sarkozy

Le dérapage de Brice Hortefeux aura à n’en pas douter des conséquences très négatives sur la politique de diversité du président de la République Nicolas Sarkozy.
La politique de diversité de Nicolas sarkozy, c’est une idée (discutable pour certains, seule voie possible pour d’autres) selon laquelle il fallait sublimer la "diversité citoyenne"
Tout donc pour la diversité citoyenne, beaucoup moins pour la diversité résidente.
Tout pour la diversité du dedans, considérée comme celle qui acceptait un contrat républicain, pas grand-chose pour la diversité du dehors, parée de beaucoup de maux.
Lisibilité de la diversité au sein du Gouvernement, politique de la diversité (en paroles plus qu'en actes) d’un côté, fermeté…ou plus avec "l’immigration", de l’autre.

L’inquiétant dérapage du Ministre de l’Intérieur et de l’Outre-mer (une fonction incompatible avec des dérapages sur les "origines" réelles ou supposées), risque de briser ce "bel" ordonnancement.
Les propos de Brice Hortefeux troublent jusqu’à ceux qui se laissaient convaincre par cette politique.

Nicolas Sarkozy est devant un choix crucial : Un geste politique à la mesure des dégâts causés, ou une modification de sa politique de diversité.

16:28 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : hortefeux, dérapage, racisme, diversité, sarkozy | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

19/08/2009

Malgré les Etats généraux de l’Outre-mer, la Polynésie française et la Martinique en ébullition

Les Etats généraux de l’Outre-mer se déroulent dans une indifférence seulement troublée par les sorties intempestives du préfet Girot de Langlade (Ex correspondant local pour la Réunion de ces fameux Etats généraux de l'outre-mer).
N'oublions pas que ces Etats généraux sont la réponse du gouvernement à la crise qui a secoué l’Outre-mer français cet hiver.

Les Etats généraux n’empêchent en tout cas pas les troubles en Martinique où les salariés des stations services ont lancé depuis dimanche un mouvement de grève pour exiger le respect des engagements pris le 15 juin 2009 c’est-à-dire le versement d’une prime de vie chère à compter du 1er mars 2009 et l’application de la convention collective nationale à compter du 1er mars 2009 également.

Près de 70% des 98 stations-service martiniquaises seraient déjà paralysées.

Ce n’est pas tout la Polynésie française est en passe, depuis hier mardi, d’être paralysée à son tour par une grève illimitée dans les secteurs public et privé.
L’objectif du mouvement social polynésien est d’obtenir l'arrêt des licenciements économiques et des mesures contre la vie chère.

Comment ces Etats généraux peuvent-ils apporter une réponse aux questions du futur si déjà, ils n’arrivent pas à apporter un début de réponse aux questions posées...cet hiver par nos compatriotes de l’Outre-mer ?

11:07 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : etats généraux de l'outre-mer, sarkozy, crise, outre-mer | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

07/08/2009

Le peu moral "Loto pour le développement de Afrique"

Alain Joyandet le secrétaire d'Etat à la Coopération a proposé la création d’un Loto ou d’un Bingo comme mode de «financement innovant» de l’aide au développement de l’Afrique.

Alain Joyandet a assuré que la France étudiait de près avec la Française des Jeux, ce projet qui pourrait voir le jour l’année prochaine.

Si l’idée d'un financement innovant est en soi une bonne idée, il est étonnant que les conséquences symboliques de l’association de l’aide au développement à un jeu n’aient pas été prises en compte.

Alain Joyandet et Loto.jpgAssocier le financement de l’aide au développement de l’Afrique à un jeu de hasard: Est bien moral ?

D’autre part, selon M. Joyandet, ce « Bingo pour l’Afrique » rapporterait 10 millions d’Euros par an ce qui est dérisoire par rapport aux besoins de financement des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) qui ont été évalués par les experts des Nations-Unies à plus de 150 milliards de dollars par an. Les 10 millions d’Euros représenteraient moins de 0,01% de ces 150 milliards de dollars.

Une fausse bonne idée donc et un effet d’annonce qui interviennent quelques jours après que la BNP a confirmé son intention de distribuer à ses traders un milliard d'euros de plus en 2009 qu'en 2008 c'est-à-dire... 100 fois plus que ce que rapporterait annuellement ce « Loto pour les plus pauvres » qui paraît bien indécent comparativement à ce milliard de la BNP.

Sensibiliser les diasporas africaines et l’ensemble de nos concitoyens aux enjeux du développement des pays plus pauvres est nécessaire, mais, d’autres pistes de financement de l’aide au développement existent comme les taxes sur les billets d’avion, sur les transactions financières voire sur les manuels scolaires.

Le président de la République Nicolas Sarkozy ainsi que le Minstre des Affaires étrangères Bernard Kouchner doivent sortir la France d’une relation misérabiliste avec l’Afrique.

Des rapports renouvelés entre la France et l’Afrique sont d’autant plus indispensables que l’administration du président américain Barack Obama engage actuellement une relation responsable avec l’Afrique en évoquant la coopération économique et commerciale avec le continent africain, en facilitant les exportations africaines vers les Etats-Unis pour soutenir le développement économique, et en n’hésitant pas à aborder l’épineuse question de la bonne gouvernance sur le continent noir qui va de pair avec un développement réel et sain.

09:03 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : bingo, loto, aide au développeemt, afrique, sarkozy, obama | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

29/07/2009

A l'étranger Sarkozy est pris pour le roi de la diversité

beaucoup de Français vont à l’étrangerEn cette période estivale, .
Mon "étranger" cette année c’est le Portugal d’où sont originaires mes aïeux (oui, ils n’étaient pas noirs et une famille peut changer de couleur de peau en quelques générations)

Et de qui nous parle-t-on le plus souvent lorsque nous sommes à l’étranger? Du président de la République, pardi ! Et pas seulement à cause du "petit incident de dimanche" pour reprendre les mots utilisés par Nicolas Sarkozy lui-même sur sa page Facebook.

C’est fou l’image de Nicolas Sarkozy à l’étranger, une image un peu éloignée de celle que nous en avons à l’intérieur du pays. A l’étranger on me parle souvent des réussites du président de la République en matière de diversité. Des réussites ?

Nul n’est prophète en son pays pensez-vous et les progrès que nous ne voyons pas, seraient plus visibles à l’étranger ?
Hélas, 3 fois hélas, beaucoup me citent Rachida Dati. Je vois bien que je fais des malheureux quand je révèle sa sortie du gouvernement.
Mais quand je demande d’autres exemples de réussite pour la diversité, plus rien !
Des progrès peuvent-ils être cités pour ce qui concerne les banlieues depuis les émeutes de 2005 ? Mes interlocuteurs n’en voient pas. Des changements notables ont-ils été observés en matière de diversité pour les plus humbles ? Mes interlocuteurs n’en ont pas non pas entendu parler.

06:00 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : sarkozy, mirage, diversité | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

27/07/2009

Sarkozy, l'emprunt et la diversité

Je publie une tribune dans le quotidien économique "Les Echos" de ce matin

Les Echos.jpgBarack Obama et Nicolas Sarkozy, les Etats-Unis et la France. On a souvent écrit sur ce qui les sépare, sans réfléchir assez à ce qui les unit : une opportunité historique, offerte par la crise et par la large majorité qui les a élus, de changer le cours des événements, de donner un nouveau visage à leur pays. Ce visage, c'est celui de l'homme de la rue. C'est celui du balayeur, que nous croisons tous les matins. C'est celui de son fils, devenu employé de banque, qui enverra ses enfants à l'université ou dans une grande école, et ils pourront devenir chefs d'entreprise, hauts fonctionnaires, puis pourquoi pas, un jour, président de la République.

Ce rêve est, plus que jamais, à portée de main, avec l'annonce d'un emprunt national, destiné à financer le développement de notre pays. Il n'y a qu'une condition au succès de cet emprunt. C'est qu'il n'oublie pas ceux qui attendent depuis des dizaines d'années, depuis des siècles, qu'on leur fasse une place dans l'économie française, pour qu'ils puissent en être l'âme, le moteur, et en incarner l'esprit d'entreprise : les Français des minorités visibles. Ces Français-là, quand ils sont balayeurs, le restent de père en fils, parce que toutes les portes leur sont fermées. Ces Français-là, quand ils veulent obtenir un emploi à la hauteur de leurs compétences, ou créer leur entreprise, sont contraints de s'exiler et enrichissent les économies des Etats-Unis, de Grande-Bretagne ou d'Afrique du Sud. Pour ces Français, c'est la valise ou le chômage.

Le président de la République a confié à Michel Rocard et Alain Juppé la mission de définir les priorités de l'emprunt national. Nous avons rédigé à leur intention un programme de 50 mesures, couvrant tous les domaines de l'action publique, afin que la lutte pour la diversité soit prise en compte, comme une priorité. Il est temps que la France change sa façon de lutter contre les discriminations. Il est temps qu'elle emploie des méthodes modernes et efficaces. On ne combat pas les discriminations en vendant des pin's. Des approches nouvelles existent. Nous avons le devoir de les explorer....
La suite de l'article dans Les Echos de ce jour (lundi 27 juillet 2009)

07:15 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sarkozy, emprunt, diversité, exclusion, lutte contre l'exclusion | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

11/07/2009

Obama au Ghana: Même discours que Sarkozy mais un accueil très différent

Barack Obama le premier président noir des Etats-Unis à prononcé lors de sa  première visite en Afrique noire, un discours dans lequel il dit::

Il est "facile de montrer les autres du doigt, de rejeter la faute sur les autres"

" L'Occident n'est pas responsable de la destruction de l'économie zimbabwéenne au cours de la dernière décennie, ou encore des guerres où on enrôle les enfants dans les rangs des combattants".

" Vous avez le pouvoir de demander des comptes à vos dirigeants, de construire des institutions pour servir le peuple. Vous pouvez vaincre la maladie, mettre fin aux conflits, changer fondamentalement les choses. Vous pouvez faire ça. Oui, vous le pouvez" ("yes, you can)" "Mais cela n'est possible que si, vous tous, vous assumez la responsabilité de votre avenir"

"Le développement dépend de la bonne gouvernance. C'est un ingrédient qui a fait défaut pendant beaucoup trop longtemps, dans beaucoup trop d'endroits".

La phrase sur l’homme africain et son entrée dans l'histoire mise à part, ce
 discours rappelle par son ton et par ses mots, celui prononcé par Nicolas Sarkozy à Dakar.

Obama au Ghana.jpgEt pourtant, quelle différence entre l’accueil réservé au discours de Nicolas Sarkozy Dakar et l’accueil triomphal réservé au discours de barack Obama à Accra !
Ayons le courage de dire que cette grande différence d'accueil entre les deux discours n’est pas justifiée.

En d’autres termes, le discours de Sarkozy à Dakar prononcé par Barack Obama n’aurait certainement pas reçu le même accueil

Interrogeons-nous alors sur les raisons d’une telle différence de traitement.


La présence de l’Afrique et des personnes qui ont une histoire avec l’Afrique est tout aussi forte aux Etats-Unis qu’en France.

Les relations de la France avec l’Afrique ont des racines historiques tout aussi complexes que celles qui existent entre les Etats-Unis et l’Afrique.

Et pourtant, les Etats-unis réussissent à avoir avec l’Afrique des relations saines et apaisées alors que la France entretient encore, des rapports empreints de schizophrénie avec le continent africain.

Depuis son accession à la présidence de la République, Nicolas Sarkozy n’a pas encore, il faut aussi le reconnaître, trouvé le bon tempo pour s’adresser à l’Afrique, aux afro-français ou aux Noirs de France.

Depuis le discours de Dakar, beaucoup attendent un geste du Président Sarkozy. Puisse-t-il le faire en 2010 à l’occasion de la célébration du 50e anniversaire de l'indépendance de quatorze ex-colonies françaises.
Ce serait une bonne occasion pour faire évoluer les relations entre la France et l'Afrique subsaharienne pour parvenir à une relation sereine.

Les Noirs de France et les français qui connaissent bien ce continent me paraissent prêts à s’investir fortement pour bâtir ces relations nouvelles.

19:59 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (25) | Tags : obama, afrique, sarkozy, accra, dakar, france etats-unis | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

08/07/2009

Brésil, un exemple pour la France ?

Lula et Sarkozy.jpgNicolas Sarkozy et le président brésilien Luis Inacio Lula da Silva se sont rencontrés hier à l'Elysée.

Luis Inacio Lula da Silva dit " Lula" s’est ensuite rendu à L’UNESCO pour y recevoir le prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la Paix des mains de Mario Soares l’ancien président du Portugal mais surtout grand promoteur des droits de l'homme au Portugal et dans le monde.

J’ai assisté  à cette cérémonie au cours de laquelle de nombreux orateurs ont expliqué en quoi, la réduction des privilèges (et donc des inégalités) participe de la paix. La révolution française est toujours pour nos voisins et amis, le symbôle de la lutte contre les privilèges indus.

Fondamentalement, le combat pour la justice sociale est un combat pour la paix sociale et pour la paix tout court.
Le Brésil, pays de 190 millions d’habitants dont 95 millions de Noirs ou de non blancs a avec un passé tourmenté, comme celui de la France, C'est un pays avec des inégalités économiques et sociales parmi les plus élevées sur cette terre.
C’est pourtant dans un tel pays que "Lula" a engagé une lutte déterminée pour réduire les inégalités notamment entre la majorité (entendue comme notion de pouvoir) et les minorités, notamment les afro-brésiliens.

Le Brésil est aujourd’hui considéré comme un modèle de redistribution sociale pacifique. La participation de l’ensemble de ses citoyens à son développement a permis au Brésil de devenir  la dixième puissance économique mondiale et de conquérir année après année, une pérenne prospérité.
Les universités, jadis monocolores, le sont de moins en moins, l’armée et l’administration s’ouvrent à la diversité. Le sport et la musique cessent d'être les seuls domaines dans lesquels les Noirs du Brésil peuvent exprimer leurs talents.
Bien sûr, tout n’est pas allé sans débat, notamment lorsqu’une journée nationale de la conscience noire a été instaurée au Brésil.

Certes la France ce n’est pas le Brésil, mais le modèle social de notre pays a inspiré une large partie du monde.
C’est cette espérance venue de France qui a été le moteur pour beaucoup de pays.
Cette "espérance exagérée" a permis  à ces pays de surmonter les résistances au changement et de ne pas céder à la facilité qui consiste à laisser les choses comme elles sont.

Si la France a inspiré le monde, pourquoi, ne pourrions-nous plus nous inspirer nous-même et avoir le courage de regarder les inégalités qui existent encore trop fortement dans notre pays et minent sa cohésion et donc son avenir ?
C’est à cela que la France est appélée aujourd’hui.
Parmi ces pays qui se sont inspirés de la France, pourquoi ne pas regarder vers le Brésil, qui jadis a regardé vers nous?

09:46 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : brésil, france, sarkozy, lula | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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