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20/06/2010

Anelka, un coupable idéal

En France, le football, c’est un peu plus que du sport.
Je n’ai pas, depuis la qualification hasardeuse de l’équipe de France de football pour la coupe du monde en Afrique du Sud, ménagé mes critiques envers les joueurs de notre équipe et surtout envers la fédération française de football qui a tendance à s’exonérer un peu facilement de ses responsabilités.

Cependant, j’éprouve aujourd'hui un certain malaise devant la très lourde sanction infligée à Nicolas Anelka. Il y a un je-ne-sais-quoi qui cloche dans cette histoire, qui cloche.

D’abord la punition à retardement amène forcément des questions : Pourquoi l’avoir laissé Anelka s’entraîner vendredi, de longues heures après l'altercation?
Pourquoi avoir attendu 48h pour l’exclure et surtout pourquoi avoir attendu la révélation de l’esclandre dans la presse pour prendre une telle décision?
Nicolas Anelka.jpgCertes les propos que l’on prête à Nicolas Anelka sont inacceptables, mais l’intéressé dément catégoriquement avoir utilisé les mots rapportés par la presse.

Bien sûr, on ne peut pas accepter qu'un sélectionneur soit impunément injurié, mais pour indéfendables qu’ils sont, les propos de Nicolas Anelka étaient des propos privés, tenus dans l'intimité d'un vestiaire et il y a une grande différence entre les propos privés et les propos publics.

Par ailleurs, nul ne dit vraiment les circonstances exactes dans lesquelles les propos ont été prononcés.

Une sanction s’impose dès lors que les propos sont rendus publics. D’où une question importante : Qui a informé la presse? Et...dans quel but?
Nous aurions donc tort de nous contenter de la version que veut bien nous servir la fédération française de football. Tout cela semble cousu de fil blanc. Anelka semble une victime expiatoire. Il fait d’ailleurs le coupable idéal d’une fédération, d’un sélectionneur et d’un groupe qui mérite amplement les critiques qui s’abattent sur eux. Anelka est un enfant des quartiers populaires de banlieues, c'est donc un irresponsable forcément...
Tout le monde va lui tomber dessus et la fédération pourrait sortir blanchie de ce fisaco complet. Trop gros.
Le scenario se met en place.
Déjà le philosophe Alain Finkielkraut qui déclarait...avec beaucoup, beaucoup de finesse en 2005 qu’il n’était qu’à porter le regard sur l’équipe de France de football pour constater qu’elle n’était pas « black-blanc-beur », mais « black-black-black », ce qui, ajoutait-il, « [faisait] ricaner toute l’Europe », tente déjà de se refaire une virginité sur le dos d’Anelka.

Et puis, on veut maintenant nous faire croire que les footballeurs doivent se comporter comme des rosières ou des premiers communiants !
Faut-il vraiment exclure toutes celles et ceux qui portant le maillot de l’équipe de France laissent échapper des jurons ou des grossièretés ?

A tous ceux qui estiment que le port du maillot de l’équipe de France est incompatible avec des mots que la morale réprouve, je propose de visionner la courte vidéo ci-dessous.

 

 

 

17:22 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : anelka, football, coupe du monde, afrique du sud | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

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