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31/10/2009

Jacques chirac renvoyé en correctionnelle ? Que la justice passe !

Hier Vendredi 30 octobre, l'ancien président de la République Jacques Chirac a été renvoyé devant le tribunal correctionnel, pour "abus de confiance" et "détournement de fonds publics", dans l'affaire des chargés de mission de la ville de Paris et ce …contre l'avis du parquet.

Je considère la décision de la juge d’instruction Xavière Simeoni comme un signe de la vigueur démocratique de notre pays et comme un signe très positif pour la transparence.

Jacques Chirac.jpgPour désagréable que puisse être pour notre pays, la mise en examen d'un ancien président de la République, il faut bien que justice passe !
Les responsables politiques ne sont pas au dessus des lois et c'est une bonne chose.
Si longtemps après les faits entend-t-on dire ici et là. Et bien oui ! Et c'est justice.

Ce n’est tout de même pas la justice qui est responsable de l’immunité présidentielle dont M. Chirac a bénéficié de 1995 à 2007 et qui a gelé la procédure pendant douze longues années.

L'ancien Premier ministre Alain Juppé (qui était adjoint aux finances de Jacques Chirac à l'époque des faits) a écopé en 2004 de 14 mois de prison avec sursis et un an d'inégibilité.
Serait-ce acceptable que Jacques Chirac ancien maire de Paris bénéficie d'une impunité alors que ses collaborateurs ont été jugés et parfois condamnés?

Cependant Jacques Chirac bénéficie comme tout citoyen, de la présomption d’innocence.

06:00 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chirac, président de la république, juge, instruction, xavière, siméoni | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

28/10/2009

Qu'est-ce qu'être Français ?

« Qu'est-ce qu'être Français ? » C'est la question que le gouvernement s'apprête à nous poser dès le 2 novembre.
Les minorités visibles n'ont pas à fuir un débat qui concerne l'ensemble des Français.

Oui, donc à un débat sur l'identité nationale et sur "Qu'est-ce qu'être français ?" mais pas sans conditions.

 

Il est indispensable que le gouvernement associe à sa démarche l'ensemble des organisations qui luttent contre le racisme et les discriminations en France.


Et puis, cette organisation du débat dans les préfectures fait penser à une convocation, non?

 

« Qu'est-ce qu'être Français ? » Appelle des réponses multiples parce que la question est multiple. Examinons-en tout de même quelques volets.

 

Suis-je français ? Avec l'affaire du soldat Ounoussou Guissé, né d'un père devenu français depuis près de 50 ans, mais auquel la Justice française conteste aujourd'hui la nationalité française, on voit que même cette question en apparence simple recèle des complications.
On peut être Français par le « droit du sang »
,
servir dans les parachutistes, revenir d’Afghanistan avec de multiples décorations, et se voir renié par la nation.

Ai-je un sentiment d'appartenance à la France ?

A cette question, Ernest Renan, par ailleurs controversé, a apporté de premiers arguments en théorisant que la nation s'appuyait à la fois sur un héritage, auquel il convenait de rendre hommage, et sur la volonté de perpétuer cet héritage dans le présent.
Maurice Barrès, tout aussi controversé, a évoqué, lui, la "terre" et les "morts".


Pour d'autres, il s'agit d'un sentiment d'appartenance à une nation, à son histoire, à ses valeurs qui ont essaimé ailleurs et qui font que, où que l'on se trouve sur cette terre, on connaît notre pays, son histoire et sa culture, et on envie son rêve de liberté, qui lui vaut d’être considéré comme la patrie des droits de l'homme.

Suis-je reconnu comme français... notamment par mes concitoyens ?


Le débat qui s'ouvre ne doit pas faire l'économie de ce volet de la question car ce volet-là éclaire en partie les discriminations qui perdurent entre Français. Ce volet-là légitime la demande d'égalité portée par les minorités visibles.

Mes amis Noirs américains ont un fort sentiment d'appartenance à la nation américaine.

Ils sont américains et n'en doutent pas car et peut-être aussi... parce que leurs concitoyens les reconnaissent d'emblée comme tels.

Est-ce vraiment le cas en France? Les Français des minorités visibles sont-ils reconnues d'emblée comme des Français à part entière?


On le voit, la question "Q
u'est-ce qu'être Français ?" devra, certes, être un dialogue entre l'Etat et les Français, notamment "issus de l'immigration", mais ce devra aussi être un dialogue entre Français, entre ceux qui n'appartiennent pas aux minorités visibles et leurs concitoyens "de la diversité".

 

08:54 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : français, citoyen, barrès, renan, sentiment d'appartenance | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

27/10/2009

Un débat sur l'identité nationale? Chiche, mais...

Dimanche drnier quand j'ai entendu la proposition d'Eric Besson de lancer un débat sur l'identité nationale, j'ai pensé à un piège. Il est vrai que nous sommes à 5 mois des élections régionales. Il est vrai que cette question est posée, fort opportunément, dans un contexte où la tentation est grande d'agiter les grelots de l'immigration et de l'identité nationale, par simple volonté électoraliste.
Ne faisons pas de procès d'intention...

Eric Besson au Grand Jury sur RTL (Abacapress-F Bukajlo).jpgAprès réflexion, je me dis que ce débat est peut-être une occasion de mettre certains devant leurs propres contradictions.

Qu'est-ce qu'être Français, nous demande-t-on? Si c'est bien cela la question, on peut certes fermer le débat au motif qu'il y a autant de définitions que de citoyens !
Mais on peut aussi se dire que ceux qui seront mal à l'aise avec cette question ne sont pas forcément ceux que l'on imagine.
Car enfin quelle est la frange de la population française la plus mal à l'aise avec la question de l'identité nationale ? Ce ne sont pas les minorités visibles.

Qui a du mal à reconnaître comme Français certains de ses concitoyens à cause de leur nom ou de leur apparence ? Ce ne sont pas les minorités visibles.

Les minorités visibles ne contestent pas les valeurs de notre République. Bien au contraire. Elles les contestent tellement peu qu'elles souhaitent que ces valeurs d'égalité, de liberté et de fraternité, qui sont au fondement même de notre République, s'appliquent aussi... à elles.

Les minorités visibles prennent la République au mot. Elles sont parfaitement républicaines.

Alors un débat sur l'identité nationale? Un débat sur ce que c'est, qu'être Français ?
Je réponds chiche !...Chiche, mais
qu'on aille jusqu'au bout du débat, pour reconnaître l'identité nationale dans sa diversité, dans son exigence d'égalité pour tous. Et chiche enfin, pour que l’on tire toutes les conséquences de ce débat !

05:35 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : identité nationale, immigration, diversité, besson | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

26/10/2009

Ex-préfet accusé de racisme : Il va falloir de la patience

On s’attendait à en savoir rapidement plus dans le dossier des plaintes déposées contre l’ex-préfet Paul Girot de Langlade, soupçonné d'avoir tenu des propos racistes fin juillet à l'aéroport d'Orly.

Si la Brigade de répression de la délinquance contre la personne a bien rendu un rapport le mois dernier, il va  tout de même falloir nous armer de patience car Jean-Jacques Bosc le procureur de Créteil a demandé un complément d'enquête.

Paul Girot de Langlade.jpgLe 14 août dernier, le parquet de Créteil avait ouvert une enquête pour "injures publiques à caractère racial" visant Paul Girot de Langlade, après la plainte d'un agent de sûreté de l'aéroport d'Orly.
Au cours d'un contrôle à l'aéroport d'Orly, Paul Girot de Langlade aurait déclaré: "On se croirait en Afrique", "il n'y a que des Noirs ici".
Un agent de sûreté d’origine antillaise avait déposé plainte pour injures racistes. Deux autres agents de sûreté avaient, eux aussi, déposé des plaintes pour le même motif.

Paul Girot de Langlade avait alors été suspendu de sa mission de coordonnateur local pour La Réunion des états généraux de l'Outre-mer par le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux

25/10/2009

Dieudonné interdit...puis autorisé à Grenoble

La préfecture de l'Isère a pris la grave, mais sage décision d'interdire* le "spectacle" intitulé "Sandrine", que Dieudonné devait donner aujourd'hui à l'espace Saint-Martin de Grenoble.
La préfecture qui craint des "troubles à l'ordre public" explique sa décision par les "prises de positions extrêmement controversées" de Dieudonné au cours de ces dernières années.

Certains se demandent s'il ne s'agit pas là d'une atteinte à la liberté d'expression.
La question peut se poser, mais la réponse est pour moi sans équivoque.
Dieudonné a l'habitude d'utiliser ses "spectacles" pour propager ses "idées" haineuses. Le mot spectacle convient pas pour nommer un "meeting de l'immonde".

Je rappelle que mardi prochain le 27 octobre, le tribunal correctionnel de Paris doit rendre un jugement contre Dieudonné qui est traduit devant la justice pour "injures raciales" parce qu'il a remis sur la scène du Zénith "le prix de l'infréquentabilité" à l'historien révisionniste Robert Faurisson. Un an de prison avec sursis et 10.000 euros d'amende ont été requis à son encontre.

Dieudonné a déjà été condamné à de nombreuses plusieurs reprises pour ses provocations haineuses. La cour d'appel de Paris a notamment confirmé le 26 juin 2008 sa condamnation pour avoir assimilé en 2005 la mémoire de la Shoah à de la "pornographie mémorielle".

Le 15 novembre 2007 il a été condamné par la cour d'appel pour avoir comparé les juifs à des négriers.

La liberté d'expression ce n'est pas la liberté d'attenter à la dignité humaine et ce n'est pas la la liberté de promouvoir la haine raciale.

*
Dernière nouvelle: Le tribunal administratif de Grenoble a suspendu aujourd'hui l'arrêté préfectoral interdisant ce que je considère toujours comme un meeting haineux. Ce n'est pas une bonne nouvelle.

 

13:00 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dieudonné, préfecture, isère, grenoble, incitation à la haine | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

23/10/2009

Jean Sarkozy et l'EPAD: Un cas typique de discrimination indirecte

Pendant 15 jours et grâce à l’affaire de la candidature de Jean Sarkozy à la tête de l’EPAD, les français ont vécu le quotidien des minorités visibles !

Depuis l'annonce de la candidature du fils du chef de l'Etat, à la tête de l'EPAD (Etablissement public d’aménagement de la Défense), la gauche scandalisée, la droite gênée, les médias étrangers ou Internet ont (peut-être sans le savoir) relayé les revendications du Cran ou des militants de la diversité et de l'égalité des chances.

Tout candidat en face de Jean Sarkozy avait peu de chances de l'emporter...alors que les choses auraient été différentes si on ne savait pas que l'un des candidats était M. Sarkozy fils.

Jean Sarkozy sur France 2 (Reuters - HO).jpgAvec la candidature de Jean Sarkozy à la tête de l'EPAD, nous étions face à un cas typique de discrimination indirecte! C'est à dire des pratiques et procédures qui (de la même façon que la discrimination directe) aboutissent à des désavantages significatifs pour les membres d’un groupe, en l'occurrence ceux qui n'ont pas tel ou tel nom...

Pour le dire d'une autre manière, les choses auraient été différentes avec le CV anonyme, ou par tout autre moyen permettant de juger les candidats à la présidence de l'EPAD en fonction de leurs seules compétences et de non pas de leurs...appartenances réelles ou supposées!
Le mérite de Jean Sarkozy n'est même pas en cause. La légitimité de sa candidature non plus. Simplement les autres candidats auraient été comme transparents.

Et bien cette transparence, c'est le quotidien des minorités visibles. C'est le quotidien de ces millions d'hommes et de femmes pourtant méritantes auxquelles on préfère, le blanc, le valide, l'homme, etc...
Le tollé soulevé par la candidature de Jean Sarkozy soulignait fortement...l'inégalité des chances entre les candidats à la tête de l'EPAD.

Pour officialiser son retrait de la course à la présidence de l’EPAD, Jean Sarkozy a annoncé "Je n'accepte pas que ce soupçon de favori, de passe-droit ou de traitement de faveur puisse peser".

C'est contre ce passe-droit souvent involontaire, ce traitement de faveur qui va presque de soi, que s'élèvent les défenseurs de l'égalité.
C'est contre cette pratique de la discrimination indirecte que nous nous élevons.

Pourvu que cet épisode de lucidité collective serve la cause de la diversité, celle de la lutte contre toutes les discriminations et celle de l'égalité des chances.

08:22 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : sarkozy, epad, discrimination indirecte, égalité | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

20/10/2009

Frédéric Mitterrand fait de la pub à Morsay

Le Ministre de la culture Frédéric Mitterrand a fait paraître sur le site Internet de son Ministère, un communiqué de presse qui dit à propos du clip vidéo du rappeur Morsay « J'ai 40 meufs…. ».

Frédéric Mitterrand.jpg" Dans son clip «J’ai 40 meufs», le rappeur Morsay tient des propos intolérables, notamment à l’encontre des forces de sécurité de notre pays. La liberté d’expression ne doit pas être le prétexte à des dérives incitant à la haine ou à la violence...".

Le problème c’est que le ministre offre ainsi visibilité et publicité à un rappeur jusque là très peu connu.
Ça n’a pas manqué ! Depuis le communiqué de presse de Frédéric Mitterrand, le clip video fait le tour d'Internet.
Je me souviens qu’après la déprogrammation du rappeur Orelsan des Francopholies de la Rochelle en raison d’accusation d'apologie de la violence envers les femmes dans un clip intitulé « Sale p… », le même ministre de la culture Frédéric Mitterrand avait jugé la polémique « tout a fait ridicule ».
Le Ministre avait estimé qu’Orelsan avait « tout à fait le droit » d'exprimer son dépit amoureux.

Liberté d’expression pour les uns, mais pas pour les autres ? Condamnation dans un cas mais pas dans l’autre ?

Pourquoi ce deux poids deux mesures ?

La haine à l’égard des forces de sécurité n’est ni plus ni moins acceptable que la haine à l’égard des femmes…ou de toute autre composante de la société d'ailleurs.

16:11 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : mitterrand, morsay, orelsan | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

19/10/2009

Nouveaux fichiers de police : Edvige revient et en couleur

Deux nouvelles bases de données destinées à renforcer les moyens d'enquête de la police ont été créés par décrets parus hier au Journal officiel. Ces nouveaux fichiers de police ne comportent plus de références aux origines "ethniques" ou "raciales", comme il en était question pour le fichier  Edvige.
J’avais saisi le Président de la République Nicolas Sarkozy qui avait répondu que les nouveaux fichiers de police feraient l’objet  d’une « rédaction équilibrée ».
Je suis donc satisfait du retrait des données "ethniques" ou "raciales" des fichiers de police.
Mais je suis très préoccupé par la circulaire adressée aux préfets et qui dresse une liste des dérogations éventuelles, comme celle permettant une référence à l'"origine géographique".

L’"origine géographique" dont il est question n’est pas le lieu de naissance. Avec cette nouvelle notion, on pourra dire d’un français noir né en France qu’il est d’origine africaine ou antillaise.

Avec ces 2 nouveaux fichiers, nous aurons la photocopie en couleur du fichier Edvige.

Je suis favorable, aux statistiques de la diversité qui, je le rappelle, sont: anonymes, volontaires, autodéclaratives et surtout sans constitution de fichier.
Je peux même me retrouver en accord avec le gouvernement sur cette ligne.

Le Ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux.jpgMais aujourd’hui, ce que nous propose le gouvernement avec ces fichiers est totalement différent.
Le ministre Brice Hortefeux veut par un décret et une circulaire, sans débat préalable au Parlement, un dimanche, à la sauvette, ficher l'"origine géographique" et les signes physiques de la population.

M. Hortefeux dit qu'il évacue les critères "ethniques" du fichage, et il les réintroduit, sous un autre nom !
L''"origine géographique" risque d'être utilisée pour contourner l'interdiction de ficher l'origine "ethnique" des personnes.
Je m'inquiète très vivement de cette dérive, qui pourrait menacer gravement les libertés publiques.

Si le Gouvernement est sûr de sa position par rapport au Conseil constitutionnel, alors pourquoi ne passe-t-il pas par une loi ?

Bien sûr, la police a besoin de fichiers pour nous protéger contre les délinquants, mais il s’agit d’autre chose avec ces nouveaux fichiers. On y parle de personnes "susceptibles de porter atteinte...", autrement dit, presque toute la population française ! Qu'on fiche les coupables, personne n’y est opposé (aux Etats-Unis, on connaît le nombre d'afro-américains en prison, et c’est tant mieux qu’on le sache. Je suis favorable à la vérité des chiffres)
Mais il y a une différence entre ficher des coupables, et ficher toute la population, au nom de la prévention du terrorisme ou des bandes organisées - deux domaines dans lequel, on le sait, le fichage est très peu efficace.

Lors de sa visite à Châtelaillon-plage en septembre 2008, le président de la République Nicolas Sarkozy a estimé à propos du fichier Edvige que « tout ce qui est nécessaire à la sécurité des Français, il faut le garder. Tout ce qui n'est pas indispensable à la sécurité des Français, il faut l'enlever »

Je m’interroge aujourd’hui: considérer l’"origine géographique" et les signes physiques comme indispensables à la sécurité des Français rappellerait les heures les plus sombres de notre histoire et constituerait une grave remise en cause du cadre républicain.

16/10/2009

Après le "porno chic" Vogue lance le "colonial chic"

Je suis habituellement admiratif, quand je feuillette un numéro de Vogue. Admiratif de la qualité des photographies et du travail de Carine Roitfeld, rédactrice en chef du magazine, ainsi que de son équipe, dont il faut le saluer le talent.

Mais j'ai été très choqué par la série de photographies publiée en page 262 et suivantes de l'édition française de Vogue de ce mois d'octobre.

Cette série de photos prises par Steven Klein, et dirigées par Carine Roitfeld, montre, sur 13 pages, le mannequin blanc Lara Stone maquillé en noire, dans un costume de plumes rappelant l'époque coloniale, et aussi la triste époque où les Noirs ne pouvaient monter sur scène. Ils étaient figurés par des acteurs blancs, qui s'habillaient en costumes "exotiques", et utilisaient toute la galerie des stéréotypes racistes, pour faire rire leur auditoire blanc.

Imagerie de Jim Crow2.jpgA cette l'époque, les seuls Noirs que l'on voyait sur scène étaient des Blancs qui se grimaient en noir.

Aux Etats-Unis, on appelait cela le "Jim Crow", du nom du personnage le plus "célèbre" de ce genre théâtral sinistre. Ce nom est tellement célèbre qu'il est devenu proverbial, et qu'il a servi à désigner les lois établissant la ségrégation raciale.

La série de photos de Vogue suscite, donc, très légitimement, un trouble qui ne cesse de grandir depuis leur parution.
En dénonçant ces photos, je ne veux pas faire de procès d'intention.
C'est uniquement de dignité humaine qu'il est question ici.
Il est, tout simplement, des périodes tragiques de notre histoire avec lesquelles il n'est pas digne de jouer.

Il est des images qui rappellent un passé douloureux. Se moquer de ces périodes constitue une atteinte à la dignité humaine.

Pourquoi la rédactrice en chef de Vogue, Carine Roitfeld, et le photographe Steven Klein, ne comprennent-ils pas que maquiller un top model blanc en noir, aux seules fins de divertir leur lectorat, est choquant, et inacceptable ?
Pourquoi ne comprennent-ils pas que ce procédé laisse aussi penser qu'il vaut mieux maquiller un top model blanc en noir que d'employer un mannequin noir ?

Comment peuvent-ils être à ce point insensibles aux discriminations massives qui frappent les mannequins noirs qui à deux ou trois exceptions près, ont les pires difficultés à trouver de l'emploi en France, et doivent s'exiler en Angleterre, ou aux Etats-Unis, où leur talent est reconnu ?

A nos yeux, il faut le dire, cette série de photos constitue une provocation, une marque de mépris, envers ces mannequins discriminés, que l'on nie deux fois, en refusant de les employer, et en caricaturant leur souffrance.

Est-ce si dur à comprendre pour la rédaction de Vogue ?

22:31 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : vogue, carine, roitfeld, steven, klein, lara, stone, jim crow, colonial chic | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Des statistiques de la diversité sinon rien !

Le débat sur les statistiques de la diversité va bientôt être relancé.

Avec Manuel Valls le député-maire d'Evry, nous organisons le 12 décembre prochain à Evry, un colloque sur ce thème.
Ce colloque est intitulé « Faire des égaux : Pour un nouveau dialogue sur la diversité en France »

Le Comité pour la mesure et l’évaluation de la diversité et des discriminations  (COMEDD) présidé par  François Héran le Directeur de l’Institut national des études démographiques, va bientôt remettre son rapport à Yazid Sabeg le Commissaire à la diversité et à l'égalité des chances.

Le président de la République va enfin pouvoir trancher ce débat. Il n'en est que temps car comme l'a théorisé Nicolas Sarkozy lui-même (dans une interview dans le Figaro de ce jour) il reste à peine une année utile et demie avant la fin de son mandat.
Nicolas Sarkozy a en effet affirmé dans une phrase sur son opposition à un mandat présidentiel de quatre ans "il n'y aurait que deux années utiles, la première année étant consacrée à l'installation et la quatrième à la campagne"

Mon soutien aux statistiques de la diversité...pour peu qu'elles soient rendues anonymes, facultatives, auto déclaratives et sans constitution de fichier, est basé sur la conviction profonde qu'une meilleure connaissance de la diversité, des discriminations et bien sûr de l'évolution des ces données dans le temps est la clé d'une politique de la diversité réellement efficace et maîtrisée.
Comment en effet mesurer l'efficacité d'une politique sans données?
Mieux vaut une connaissance de la réalité chiffrée que le fantasme induit par l'ignorance.

Les adversaires de la connaissance de la réalité chiffrée de la diversité et des discriminations prétendent que l'on sait tout ou presque. Je crois que l'on sait beaucoup de choses sur les étrangers, mais que l'on sait peu de choses sur les immigrés (qui peuvent devenir français et qui disparaissent dès lors des statistiques sur les étrangers) et que l'on sait encore moins de choses sur les français de la diversité...une curieuse expression pour dire "minorités visibles".

Un tel aveuglement n’est pas digne d’un grand pays comme le nôtre. Il frise même la volonté de dissimuler, de vérités qu’il vaudrait mieux cacher.

Une étude de l'Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes) révélée hier vient d'apporter de l'eau à mon moulin.
Cette étude démontre pour la première fois en France que les immigrés consultent moins le médecin que le reste de la population française.

Foin donc des fantasmes et des contre-vérités sur les immigrés sur-consommateurs et qui "coûteraient cher à la nation" ou "coûteraient plus qu'ils ne rapportent".

Des chiffres vous dis-je.
Des chiffres sinon rien! Des statistiques de la diversité sinon rien.

L'étude de l'Irdes révèle que les différences constatées s'expliquent notamment par une "situation sociale défavorisée".
"Les personnes immigrées ont un taux de recours à la médecine de ville, au généraliste comme au spécialiste, plus bas que le reste de la population française. Ceci s’explique davantage par la situation sociale défavorisée des immigrés que par des différences d’âge, de sexe ou d’état de santé entre ces deux populations", note cet institut.
 "85% des personnes nées en France et 84% des immigrés naturalisés déclarent avoir consulté un généraliste au cours de l’année écoulée. Les immigrés étrangers sont en revanche un peu moins nombreux: 81% seulement ont consulté au moins une fois un généraliste".
"L’écart est encore plus marqué pour les séances de spécialistes: 63% des Français nés en France et des immigrés naturalisés ont consulté un spécialiste au cours des douze derniers mois, contre 52% des étrangers
".
La catégorie socioprofessionnelle, le niveau de revenu ou la couverture santé complémentaire figurent parmi les facteurs susceptibles d'expliquer ces différences selon l'Irdes qui note que "35% des immigrés étrangers et 20% des immigrés naturalisés ne disposent pas de couverture complémentaire, contre 7% des Français nés en France".

Allez, vite la fin de l'obscurantisme et la fin de l'absence de données sur la diversité et les discriminations !

09:57 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : statistiques, sarkozy, diversité, irdes, immigrés | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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