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27/10/2009

Un débat sur l'identité nationale? Chiche, mais...

Dimanche drnier quand j'ai entendu la proposition d'Eric Besson de lancer un débat sur l'identité nationale, j'ai pensé à un piège. Il est vrai que nous sommes à 5 mois des élections régionales. Il est vrai que cette question est posée, fort opportunément, dans un contexte où la tentation est grande d'agiter les grelots de l'immigration et de l'identité nationale, par simple volonté électoraliste.
Ne faisons pas de procès d'intention...

Eric Besson au Grand Jury sur RTL (Abacapress-F Bukajlo).jpgAprès réflexion, je me dis que ce débat est peut-être une occasion de mettre certains devant leurs propres contradictions.

Qu'est-ce qu'être Français, nous demande-t-on? Si c'est bien cela la question, on peut certes fermer le débat au motif qu'il y a autant de définitions que de citoyens !
Mais on peut aussi se dire que ceux qui seront mal à l'aise avec cette question ne sont pas forcément ceux que l'on imagine.
Car enfin quelle est la frange de la population française la plus mal à l'aise avec la question de l'identité nationale ? Ce ne sont pas les minorités visibles.

Qui a du mal à reconnaître comme Français certains de ses concitoyens à cause de leur nom ou de leur apparence ? Ce ne sont pas les minorités visibles.

Les minorités visibles ne contestent pas les valeurs de notre République. Bien au contraire. Elles les contestent tellement peu qu'elles souhaitent que ces valeurs d'égalité, de liberté et de fraternité, qui sont au fondement même de notre République, s'appliquent aussi... à elles.

Les minorités visibles prennent la République au mot. Elles sont parfaitement républicaines.

Alors un débat sur l'identité nationale? Un débat sur ce que c'est, qu'être Français ?
Je réponds chiche !...Chiche, mais
qu'on aille jusqu'au bout du débat, pour reconnaître l'identité nationale dans sa diversité, dans son exigence d'égalité pour tous. Et chiche enfin, pour que l’on tire toutes les conséquences de ce débat !

05:35 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : identité nationale, immigration, diversité, besson | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Commentaires

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Écrit par : BEZZAOUYA-COTRIE Latifa | 27/10/2009

Commençons par parler du petit hongrois.

Écrit par : Toussaint Lionel | 27/10/2009

C'est pas un type qui a tourné sa veste ( de PS à droite ultra ) qui va m'apprendre ce qu'est être fier d'être français, pffff
Il est l'incarnation du cynisme.

Écrit par : Fran | 27/10/2009

La question que je me pose est pourquoi l'identité nationale est si importante? Nous pouvons respecter et vouloir faire respecter certaines valeurs: laîcité, égalité, fraternité etc.... sans toutefois être français! sans toutefois revendiquer sa nationalité française ou une autre..........
Force ets de constater que ce sont ceux qui au nom des valeurs de la république demandent aux joueurs de l'équipe de France de chanter La Marseillaise et qui comptent le nombre de noirs composant l'équipe!!!!
Avons nous les mêmes valeurs qu'eux alors que nous avons la même nationalité?

Écrit par : valerie s | 27/10/2009

droite + élections = relan racistes (sécurité vs imigration) de retour as usual
que c'est gerbant d'être francais

Écrit par : plop | 27/10/2009

Un débat sur l’identité nationale.
Presque tout échappe au national. La thématique de "l'identité nationale" arrive sur le tapis aujourd'hui, à cet instant là, comme cache-sexe et cache misère, comme du reste la "politique de civilisation" d'alors, brandie d'un seul homme contre le malaise dans la civilisation. Les banques ne voudront pas redistribuer leur part de responsabilité, le système est bancale. Par contre si la thématique de "l'identité nationale" séduit dans les élites, c'est parce qu'elles ne peuvent pas penser la mondialisation. Par réflexe pavlovien, si je puis dire, on réduit au territoire et à l'invasion des filières occultes, d'un matérialisme déjà bien connu, tous les malheurs de notre temps, qui pourraient aiguiller le ton des régionales. Ce concept en toc de l’identité nationale renvoie surtout à l'angoisse de dépossession dû aux effets de la mondialisation. Cette angoisse ne se réduit plus qu'à interrogation panique, et pour cela, elle totalement stratégique, plus qu’à la question : que reste-t-il de "français" en France?

La question des valeurs.
Si nous ne savons plus qui nous sommes, nous devons ainsi faire le recensement de nos valeurs. Et le tamis des "valeurs" chic et toc sera passé à l'analyse, à la pédagogie conciliante. Seulement une seule chose tient dans cette question de Besson mal posée, mais posée comme un chef d’Etat, ce qui montre d’une part que l’hyperprésident se calme un peu, et d’autre part qu’il redoute de poser la question de lui-même. D’un point de vue personnel, la question des valeurs fait sens par rapport à la mondialisation, mais pas du tout par rapport à la communauté « intérieure ». Cette question, liée à celle de l’identité avant tout personnelle, est celle du rôle et de la fonction du management au sein du monde du travail et de la consommation, comme phénomène qui détruit l’identité de la personne.
Au lieu de parler de construction de l’identité, ne faudrait-il pas mieux alors parler de "destruction de l'identité nationale par le management?" Posée de la sorte, on voit peut-être mieux, par la forme burlesque que cette nouvelle question suggère, le sujet de la thématique liée à l'identité nationale sauter au visage, et en même temps le hiatus produit entre la raison et la réalité.
Pour ne pas en parler, on évite le véritable débat et on propose la recette des "valeurs nationales", qu’on substitue aux valeurs managériales qu’il faudrait "réformer" certes, mais surtout selon tous les spécialistes, laisser en place. Or, il ne faut pas changer ou modifier le management, pour qui les fins resteront de toute façon les mêmes, mais le remplacer par un autre système relationnel, une autre finalité. La question écologique est une façon de l'en détourner mais aussi de constituer cette autre fin. Par contre, le discours et les analyses de spécialistes qui viserait à remplacer le management par le management est tout aussi déplacé.

On peut voir pendant ce temps l’exhibition cynique du management dans le métro parisien, qui n'en fini de communiquer ses propres valeurs de destruction, en toute impunité, elles. Une petite affichette présente une main tenant un fouet avec l'accroche "besoin d'une formation en management?". A l’instar de l’analyse critique de la BNP avancée par Baudrillard dans la revue Utopie en 1974 (« La campagne BNP » le slogan disait : Donnant donnant…vous me confiez votre argent, je vous fais profiter de ma banque » ), le système du management aujourd’hui s’enrichit de sa critique, l’avale et la retourne contre ceux qui la lui ont faite.

Le véritable débat consisterait à discuter loyalement des nouvelles valeurs mises en place par le système des réseaux "nobles" de la mondialisation. Ce rideau de fumé déployé par Besson est un beau tour de passe-passe.


Et si on parlait des valeurs morales de la mondialisation, en France?

---------

Baudrilard, Jean. La campagne BNP, in Le ludique et le policier, Editions Sens &Tonka, Paris, 2001

Écrit par : indfrisable | 27/10/2009

"es minorités visibles ne contestent pas les valeurs de notre République. Bien au contraire. Elles les contestent tellement peu qu'elles souhaitent que ces valeurs d'égalité, de liberté et de fraternité, qui sont au fondement même de notre République, s'appliquent aussi... à elles."

Et bien tant mieux, mais quel rapport avec l'identité nationale? Etre français ce n'est pas une idéologie c'est une identité. Il ne faut donc pas définir la notion de français en tant que valeur ou autre système moral. Il faut plutôt le penser en terme d'Histoire, de culture et surtout de peuple. Bien sûr il y a cette confusion entretenu plus ou moins volontairement entre peuple français et citoyenneté française, c'est dommage car être français ce n'est pas une notion de supériorité ou d'inferiorité. On reconnait bien que certains on une identité africaine, maghrébienne, asiatique, etc pourquoi ne pas reconnaître aux autochtones qui nous ont accueilli comme étant des leurs à leur juste titre?

Écrit par : Che | 27/10/2009

C'est vrai que ce débat peut sembler choquant, c'est vrai que Mr. Besson ne me semble pas très sympathique, c'est vrai qu'à l'approche des régionales ça peut sembler suspect. Pourtant à mes yeux cette mise au point de l'identité française pourrait rétablir une certaine injustice pénalisant bien souvent des gens de bonne volonté. Pour une fois je serai d'accord avec Lozés : "Je réponds chiche !...Chiche, mais qu'on aille jusqu'au bout du débat, pour reconnaître l'identité nationale dans sa diversité, dans son exigence d'égalité pour tous. Et chiche enfin, pour que l’on tire toutes les conséquences de ce débat !"

Écrit par : Spa | 27/10/2009

"Qui a du mal à reconnaître comme Français certains de ses concitoyens à cause de leur nom ou de leur apparence ? Ce ne sont pas les minorités visibles."

En fait, si, ce sont AUSSI les minorités visibles. Ce sont en fait tout le monde.
Je suis d'origine étrangère, et bien, les gens de ma "communauté" ont autant de mal à me considérer français à part entière, que les français "de souche".

Écrit par : Klone | 27/10/2009

Je voudrais répondre à KLONE que le fait de se considérer ou pas français n'est pas le problème. Nous sommes TOUS des enfants, petits enfants ou arrières petits enfants de l'immigration. Le français de souche n'existe presque pas ou plus. La France s'est construite sur des annexions, des colonisations, des guerres etc.... c'est ça son histoire. La population d'aujourd'hui en est le fruit.
C'est une richesse et une force. Ce ne sont pas des faux semblants comme chanter l'hymne national aux relents nauséabonds qui feront avancer la société. Mais bel et bien la concrétisation des notions comme l'égalité, le respect, la liberté, la fraternité. Pour cela BESSON devrait non pas faire des propostions débiles mais faire appliquer la constitution!! Pour que tout le monde se sente bien dans cette société;

Écrit par : valerie s | 27/10/2009

Que peut bien signifier identité national?
L'image que renvoie la FRANCE dans le monde?Les valeurs qui représente le citoyen français?
Drôle de débat!
Imaginons que la FRANCE soit devenue une région de l'Europe et qu'un conflit éclate, bah si tous le monde est mélangé il y' a de fortes chances pour que les français se recherchent et se rassemblent.Pareil pour les autres européens;L'identité d'un pays et de ces citoyens c'est ça.
C'est important d'être rattaché à un pays;Regardons les apatrides au même titres que certains clandestins, ils sont seuls, donc proie à bien des dangers.
C'est pour qu'il est temps d'arrêter de dire qu' untel est congolais, algériens, russes, péruviens..On est tous du même pays.
A force d'être partout, on est nulle part.C'est le cas de la FRANCE aujourd'hui!Il y' a trop de clichés du style minorité visible.Tous le monde est concerné aussi bien en haut qu'en bas(tiens la FRANCE d'en bas!encore un cliché).

Écrit par : ninocarlos | 27/10/2009

C'est pourtant simple, l'identité nationale = vouloir de cette identité, accepter et observer les lois de la République ainsi que les us et coutumes de la dite société.

Écrit par : marot | 27/10/2009

@marot

C'est quoi les "us et coutumes" ? On rend le vin rouge obligatoire ?

Écrit par : Lyvia | 27/10/2009

Vous avez commis une grave faute en cautionnnant ce débat sur l'identité nationale, pour la riason qu'il ne faut pas faire de procès d'intention. Il y a au coeur de cette proposition un fait inacceptable, c'est que l'état s'arroge le droit de dire ce qu'est l'identité nationale ou de la défendre, ou même qu'il s'arroge le droit de diriger une discussion sur cette identité nationale. L'Identité nationale est un concept en perpétuelle transformation qui est ce qu'en font tous les Français, elle nous appartient à tous, citoyens de ce pays et personne n'est fondé à se mettre au dessus pour dire ce qu'elle doit être. Or c'est ce que ce gouvernment a fait en créant un Ministère de l'immigration et de l'identité nationale. Pire c'est une conception passéiste (tournée vers le passé) de l'Identité nationale aux relents de fascisme que N. Sarkozy défend en parlant de l'attachement à la terre et du devoir que l'on a envers eux qui ont construit cette identité de leur sang. Le passé au lieu de l'avenir, la fermeture au lieu de l'ouverture. Quelle faute de cautionner cela! Quelle manque de discernement!

Écrit par : Waddah Saab | 27/10/2009

Je publie actuellement un livre qui raconte mon histoire d'immigré (hongrois...).
Livre que j'ai écrit tout spécialement afin d'apporter un éclairage à ce sujet (identité française et immigration) sans savoir qu'il va prendre de telles dimensions.
La raison principale de ce livre était justement la crainte d'une dérive de ce type...
et c'était bien prévisible... Depuis 2007, quasiment chaque semaine une nouvelle puanteur se dégage... une nouvelle affaire nauséabond est lancé... Ils sont comme ça, ils ne peuvent le faire autrement.
...
Le point de vue mon livre est celui d'un immigré non francophone, qui ne parlait pas le français, mais qui était quand même attiré justement par cette identité française, jusqu'à en devenir, en quelques années, un représentant, je crois, authentique.

Je raconte tout au long du récit, illustré par des documents de l'époque, les pensées de ce jeune immigré solitaire, tel qu’elles m’habitaient alors.

Toutes ces réflexions, soulevées par les nombreux événements issus d'un avenir incertain, je les ai gravées dans ma mémoire, car j'ai toujours pensé à en témoigner un jour. Et ce jour est venu, 20 ans après...

Ce livre est, je pense, en même temps qu'un vibrant hommage à la civilisation française, un plaidoyer pour l'immigré, l'aventurier du destin, dans un monde de plus en dérive de sa propre expansion...

Mon but 1er n'est pas en gagner de l'argent (je l'édite à mes frais), mais de le faire connaître... et donc de diffuser le message, car je pense que le temps est venu.

Pour le moment, 200 exemplaires seront diffusés dans des librairies (courant novembre).
(Il sera également disponible sur le site de mon éditeur, le seul qui a bien voulu de ce livre : Codexlibris)

Thomas Kovacs : "Un immigré à Paris" /ou conte sur les erreurs de la Matrix/
Le prix fixé par l'éditeur est de 20 euros (200 pages)

Je disposerai moi même de 100 exemplaires...
Et ceux qui seraient intéressés, mais qui n'auraient pas les moyens, peuvent, soit me laisser un message sur mon blog http://socrate.blog.com (ou on peut aussi en lire un extrait) soit m'envoyer un mail... (tkovacs chez wanadoo point fr) avec leur coordonnées et je leur ferai parvenir un exemplaire gratuitement.

Écrit par : tkovacs | 28/10/2009

Waddah Saab est trés juste dans ce qu'il écrit, ce serait important pour tous de le lire et de réflechir.

Écrit par : Fran | 28/10/2009

@ Waddah Saab
Au contraire, les minorités doivent s'imposer dans le débat. Comme le dit Patrick Lozès, elles y ont toute leur place. Il ne faut précisément pas laisser le gouvernement débattre tout seul, avec l'électorat FN.

Écrit par : Patricia | 28/10/2009

Les commentaires sont fermés.

 
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