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01/11/2008

McCain: Quand ça veut pas, ça veut pas

La scoumoune, le mauvais œil, la loi des (mauvaises) séries, c’est ce que doit se dire John McCain.
Les anglo-saxons disent "so...’s Law" ou la loi de l’em…maximum.
Car même sa mascotte, Joe le Plombier, archétype de l'Américain moyen l'a délaissé dans l’Ohio.

Lors d'un meeting dans la ville de Defiance (la bien nommée!) Jon McCain a tenté de le faire venir sur scène, mais Joe le plombier est resté désespérément absent.
« Joe, où êtes-vous ?», a lancé John McCain en le cherchant partout des yeux. « Est-ce que Joe est avec nous aujourd'hui ? Joe, je pensais que vous étiez là aujourd'hui...», a-t-il répété, dans une ambiance  pesante. « Bon ! Vous êtes tous des "Joe le Plombier ". Alors, levez-vous tous ! » a-t-il fini par dire au maigre public.
Un grand moment de solitude.
Décidément, quand ça ne veut pas, ça ne veut pas!

11:30 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : mccain, joe le plombier, scoumoune | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Commentaires

Voici un article publié dans the Guardian et écrit par Jonathan Freedland :

« J’ai déjà ressenti cette impression. C’était il y a huit ans et, à nouveau, il y a quatre ans : un poids sur l’estomac. C’est une sorte de pessimisme physique qui me sussure : « Voilà que ça recommence. Les démocrates sont sur le point de perdre une élection qu’ils devraient théoriquement gagner – et dont l’enjeu est pourtant crucial. »

Dans ma vie, je ne m’inquiète pas autant pour Obama que je me suis inquiété pour John Kerry en 2004 ou pour Al Gore en 2000. Obama est un meilleur candidat que ces deux-là réunis, et tous les signes montrent que les chances des démocrates sont plus grandes cette année qu’elles ne l’ont jamais été depuis 1976. Et pourtant, je n’arrive pas à me débarrasser de ce poids sur l’estomac.

Si Sarah Palin fait mentir l’adage selon lequel l’issue d’une élection est déterminée par la seule tête d’affiche du ticket présidentiel, et qu’elle parvienne d’une façon ou d’une autre à faire gagner celle-ci à Mc Cain, quelles seront les réactions aux Etats-Unis ?

D’abord, l’Amérique démocrate prendra une nouvelle fois le deuil et se sentira exclue de son propre pays. Une génération entière de jeunes Américains – qui se sont largement rangés derrière Obama – sombrera dans le cynisme après avoir conclu que la politique, décidément, ne mène à rien. Enfin, et c’est le plus déprimant, de nombreux Africains-Américains décréteront que, si même Obama n’est pas parvenu à l’emporter, alors aucun Noir ne deviendra jamais président des Etats-Unis.

Mais quelle sera la réaction du reste du monde ? C’est celle-là qui m’angoisse le plus. Car Obama a suscité dans le monde entier un engouement que, de mémoire d’homme, aucun politicien américain n’avait jamais provoqué. Si l’élection du 4 novembre se déroulait à l’échelle mondiale, Obama l’emporterait haut la main. Les 200 000 personnes qui sont allées écouter son discours à Berlin, en juillet dernier, ne l’ont pas seulement fait en raison de son charisme, mais parce qu’elles savaient que, à l’instar de la majorité de la population mondiale, Obama s’est opposé à la guerre en Irak. Mc Cain, lui, l’a soutenue et a colporté le mensonge selon lequel Saddam Hussein était lié aux attentats du 11 septembre 2001. Les non-Américains savent qu’Obama ne traitera pas avec désinvolture et brutalité le système international et qu’il respectera les traités et les institutions mondiales, contrairement à Mc Cain, qui voudrait contourner les Nations unies au profit d’une Ligue des démocraties soumise aux intérêts américains. Mc Cain a beau avoir pris une position correcte sur le changement climatique, l’un des slogans qu’on a le plus souvent entendus lors de la convention républicaine était : « Drill, baby, drill ! », comme si la solution du réchauffement mondial ne passait pas par une redéfinition radicale de tout le système énergétique américain, mais par une multiplication des forages ossfhore.

Si les Américains choisissent Mc Cain, ils tourneront le dos au reste du monde et, avec un doigt d’honneur, ils lui signifieront que nous sommes repartis pour quatre années supplémentaires à la sauce Bush, Cheney and Co.

Jusqu’à présent, l’antiaméricanisme a été exagéré et très mal compris : en dehors d’un noyau dur de gauche, il exprimait avant tout un sentiment anti-Bush, un rejet de la seule administration actuelle. Or, si Mc Cain l’emporte en novembre, cela pourrait changer. Les Européens et les autres pourraient alors en conclure que leur désaccord ne se limite pas à la clique actuellement au pouvoir, mais s’étend aux Américains dans leur ensemble. Car ce ne seront pas les politiciens, mais bien le peuple américain lui-même qui aura laissé passer l’occasion de ce nouveau départ que le monde espère.

La manière dont les Américains feront leur choix aura également de l’importance. S’il apparaît que l’issue de l’élection a été déterminée par un préjugé racial, alors le verdict du monde sera extrêmement sévère. Dans ces conditions, comme l’a écrit récemment Jacob Weisberg dans le magazine Slate, l’opinion internationale conclura que « les Etats-Unis ont eu leur chance, mais qu’au bout du compte ils n’ont pas su faire passer leur propre intérêt avant leur position insensée et irrationnelle sur la question raciale ».

Même si ce n’est pas le préjugé ethnique, mais un autre aspect de la guerre culturelle qui se révèle avoir été décisif, la conclusion restera la même. Imaginer que l’Amérique décide que la présence à la Maison-Blanche d’une « hockey mom » aux idées arrêtées est ce qu’elle souhaite le plus traduirait un tel manque de sérieux et une telle fuite devant la réalité que cela ne pourrait être que la marque d’un pays entré dans un « déclin historique », pour reprendre une autre formule de Weisberg. N’oublions pas que le directeur de campagne de Mc Cain clame à qui veut l’entendre que cette élection « ne se joue pas sur les problèmes du jour ».

Bien entendu, je sais que le seul fait de mentionner le soutien dont bénéficie Obama dans le, monde lui porte tort. Mais que nous enseigne sur l’Amérique d’aujourd’hui le fait que jouir de l’estime du monde n’y est pas bien vu ? Si les Américains rejetaient Obama, ils enverraient ainsi au reste de la planète un message extrêmement clair. Et ils peuvent être sûrs que ce message sera entendu. »

Écrit par : marc porta | 03/11/2008

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