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30/04/2008

Les droits de l'homme à géométrie variable de Nicolas Sarkozy

Lors de son voyage en Tunisie, le président de la République a créé la (mauvaise) surprise sur la question des droits de l'homme en déclarant que «l’espace des libertés progresse» en Tunisie.
Même le président tunisien Ben Ali ne s'attendait pas à une telle absence de fermeté de la France sur cette question.

On pourrait écrire longuement sur les contrats signés en reniant sa parole.

Il vaut peut-être mieux interroger Nicolas Sarkozy lui-même et  j’ai retrouvé une phrase de Nicolas Sarkozy à l'époque où, candidat à l'élection présidentielle il présentait son projet.
"Je ne passerai jamais sous silence les atteintes aux droits de l’homme au nom de nos intérêts économiques. Je défendrai les droits de l’homme partout où ils sont méconnus ou menacés et je les mettrai au service de la défense des droits des femmes."

Cette phrase extraite des propositions du projet de M. Sarkozy, est visible (pour combien de temps encore?) ici: http://www.u-m-p.org/propositions/index.php?id=05_droits_...

11:17 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : sarkozy, droits de l'homme, tunisie, ben ali | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Des policiers acquittés après avoir tué un jeune noir de 50 balles

Al Sharpton le révérend de Harlem, Jessie Jackson, Dennis Hayes le président de la NAACP , Marc Morial, de la NUL ainsi que tous les leaders des associations de défense des droits civiques aux Etats-Unis sont sous le choc.

Sean Bell un jeune noir américain a été tué de cinquante balles tirées par des policiers de New York, la veille de son mariage en novembre 2006.17 mois après les faits, le jugement a été rendu vendredi dernier : l’acquittement pour les trois policiers inculpés. Un verdict scandaleux s’il en est.
Le juge a établi que le comportement des policiers comportait « négligence » et « incompétence », mais il n’en pas tiré toutes les conséquences et il n’a pas retenu de charges criminelles contre les trois policiers qui ont simplement été libérés.

Il s’agit là d’une parodie de justice car l’enquête avait démontré que le jeune homme n’avait rien à se reprocher. Sa seule faute ? Se retrouver là où il s’est retrouvé.

Pour son malheur, les policiers eux aussi se trouvaient là, en civil donc méconnaissables et ils disent avoir entendu Sean Bell et ses amis évoquer un pistolet.
Mort pour avoir parlé de pistolet….
Cette affaire est celle des stéréotypes, du délit de faciès et de la violence policière.

Selon la couleur de votre peau, vous n’êtes pas considéré de la même manière.

Si vous êtes noir, le bénéfice du doute n’est pas pour vous : les stéréotypes qui circulent largement sur ces populations sont encore vivaces.
Les Noirs eux-mêmes ne sont d’ailleurs pas exempts de ces stéréotypes insidieusement véhiculés sur eux.
Il est temps de regarder tout cela en face y compris en France et de se prémunir contre un système qui « protège » la minorité de policiers délinquants.
Ce n’est certes pas toute la police qui est en cause, mais l’omerta dont bénéficient les policiers qui outrepassent leurs droits, rejaillit négativement sur l’ensemble des policiers.

00:20 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : sean bell, verdict inique, parodie de justice | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

28/04/2008

Immigration : Le bon sens près de chez nous

Le bon sens serait-il en passe de redevenir la chose la mieux partagée en France en matière d’immigration?


Un sondage de l’IFOP pour l’Humanité de ce jour 28 avril, indique que 84% des Français sont favorables à la régularisation des travailleurs sans-papiers.
63% des Français interrogés préfèrent la "régularisation individuelle" et seuls 16% s'opposent à toute forme de régularisation.

Hier, une enquête de l’Institut CSA pour Le Parisien et Aujourd’hui en France montrait que 68% des Français favorables à la "régularisation au cas par cas" des salariés sans-papiers en grève.

Depuis que les travailleurs sans-papiers font grève au grand jour avec le soutien des associations, des syndicats et des patrons réunis, l’opinion bouge.

Nos concotoyens voient bien que les gouvernants agitent le chiffon rouge du "péril" représenté par des travailleurs immigrés, à des fins pas toujours louables.

Cependant, l’opinion publique commence à réaliser que les immigrés sans-papiers prennent non pas le travail des Français mais le travail dont les français et maintenant les immigrés légaux ne veulent pas.
Ce que vous voyons aujourd’hui est la conséquence de la politique hasardeuse de « l’immigration choisie » qui ne serait réservée qu'aux cervaux.

Le gouvernement invoque maintenant le taux de chômage élevé parmi les travailleurs légaux pour justifier sa politique de l’immigration. Que ne l’a-t-il dit plus tôt ?

Ah! les travailleurs immigrés!...

Cette nouvelle découverte des immigrés légaux vient tard. Elle vient peut-être juste tenter d’empêcher que le pot aux roses ne soit découvert.

17:42 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Immigration légale, immigration illégale | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

27/04/2008

Nouveau drame de la France des taudis

Un homme est mort hier matin dans l'incendie d'un immeuble insalubre à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).
L’incendie a également blessé trois personnes dont une gravement.
Selon la mairie de Saint-Denis, l’immeuble indigne faisait l'objet d'un programme de rénovation, enclenché par la ville avec le soutien de l'Etat.

On peut toujours blâmer le sort qui s’acharne sur les plus pauvres, mais il n’y a hélas pas de hasard. C’est un nouveau drame du logement indigne.

On ne me fera pas croire que c’est de gaîté de cœur que l’on vit entassé avec sa famille dans un taudis squatté ou non.

C’est bien la question de l’accès au logement locatif qui est posé en filigrane. Même quand ils en ont les moyens, certains n’arrivent pas à se loger.

Il me souvient que lors des incendies qui ont touché en 2005, des immeubles insalubres causant la mort de 52 personnes (dont plusieurs avaient déposé des dossiers de demande de logement dans des mairies), l’Etat avait été incapable de dire avec précision le nombre d’immeubles insalubres en France !

Il me souvient aussi que c’est Mme Christine Boutin qui à la fin de l’année dernière soit plus de 2 ans après les incendies de 2005, a demandé un plan d’action et donc un recensement.

Le recensement a été effectué et un rapport établi au début de ce mois.
Le document de synthèse rédigé par l’inspectrice générale de l'équipement, Nancy Bouché, présidente du pôle national de l'habitat indigne est accablant pour les collectivités territoriales qui pour beaucoup, ne répondent même pas au plan d’action spécifique qui leur est quelque fois demandé.

Ce drame est bien le drame de notre insouciance collective.

08:55 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : France des taudis, habitat indigne, habitat insalubre | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

26/04/2008

Fausses et vraies erreurs de M. Sarkozy

Lors de son intervention jeudi de cette semaine, Nicolas Sarkozy a reconnu des erreurs...de son entourage, de son équipe et plus rarement les siennes.
Une « erreur de communication totale » sur le paquet fiscal.

Erreur de ne pas avoir sanctionné les ministres responsables des couacs qu’il ne conteste pas.
Erreur enfin, sur ses décisions qui ne seraient pas toujours bonnes parce qu’il y en aurait trop à prendre à la fois ! « J’essaie de corriger mes erreurs, bien sûr que j’en ai fait ; naturellement ; qui peut dire, alors que j’ai une décision à prendre toutes les 10 minutes, que je prends toujours la bonne décision ? ».

Non seulement il a reconnu des erreurs mais il a commis au cours de cette émission, des erreurs qu’il pourra reconnaître lors de son prochain passage télévisé.

Il a « confondu » la régularisation des travailleurs sans papiers et la naturalisation. S’agissait-il d’une confusion de sa part ou d’une assimilation délibérée ?

Toujours sur la question des travailleurs sans-papiers le président de la République a pointé « l’hypocrisie » des patrons de travailleurs sans-papiers.

Hypocrisie? C’est une dénonciation un peu facile, car non seulement cette affirmation ne repose sur rien, mais la vraie hypocrisie aurait été pour ces patrons de ne pas déclarer leurs salariés sans-papiers et de les employer au noir.

18:30 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Erreurs, Sarkozy, patrons, sans-papiers | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

24/04/2008

Travailleurs sans papiers: la fin de la politique de l’autruche?

Les travailleurs sans papiers agissent comme s’ils étaient sarkozystes!
Non seulement ils fréquentent les restaurants appréciés du président de la République (Café de la Jatte à Neuilly-sur-Seine par exemple), mais ils s’appliquent son credo du "travailler plus pour gagner plus".
Et il faut croire qu'ils écoutent ses déclarations puisqu'ils tentent aujourd’hui de le prendre au mot et lui demandent de respecter sa promesse de régulariser tous les immigrés dont l'économie aurait besoin.
Et voilà que les patrons se mettent de leur côté...

On aura vraiment tout vu.

Voir la CGT, des chefs d'entreprise et des responsables patronaux alliés avec des associations de lutte contre les discriminations pour défendre la même position auprès des pouvoirs publics. C’est assez rare pour être souligné!

Quelque chose serait-il en train de se passer ?
Nous sommes peut-être à un tournant qui pourrait faire comprendre à nos concitoyens que la question des sans-papiers est complexe.
La complexité c'est que les travailleurs sans-papiers contribuent à la richesse de notre pays.
La réalité c'est que le ministère du travail et le ministère de l’immigration font mine de ne pas le savoir.
La complexe réalité c'est que la politique d’immigration actuelle va à l’encontre des intérêts économiques de notre pays.

Notre économie a besoin de bras, elle a besoin de cerveaux mais notre pays manque de candidats à l’emploi dans les travaux publics, dans l’hôtellerie et la restauration, dans la mécanique, ou à l’hôpital par exemple.

Les immigrés, notamment ceux en situation régulière, doivent être formés aux besoins de notre économie en particulier dans les secteurs où les besoins sont criants.

La grève des salariés sans-papiers nous ouvre les yeux, ne les refermons pas : le bon sens commande la régularisation des travailleurs sans-papiers qui cotisent à l'assurance-maladie ou aux caisses de retraite, c'est-à-dire pratiquement tous les travailleurs sans papiers!

08:23 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Travailleurs ans papiers, grève, régularisation, immigration | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

22/04/2008

Césaire : Après l’évènementiel, l’oubli ?

Quelle émotion ! Les plus grands responsables politiques de France à l’unisson en Martinique pour rendre hommage à Aimé Césaire.
Belle image.
Et si ce n’était justement qu’une image ?

Les lumières se sont éteintes au stade Pierre Aliker à Fort-de-France. Aimé Césaire est inhumé au cimetière La Joyau.
La question qui se pose maintenant est simple: Comment les responsables politiques qui ont récité Césaire sans discontinuer pendant 3 jours, vont-ils transcrire concrètement ces récitations dans l’action publique ?

Cette question pourtant simple n’obtient pas le moindre début de réponse ni à gauche ni à droite.

Pour la profondeur du message de Césaire on verra plus tard. Pour ses combats politiques, vous repasserez.


Place à l’évènementiel, place à autre chose.

08:42 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : Césaire, émotion feinte, évènementiel | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

20/04/2008

La négritude sans la condition des noirs

Il se passe sous nos yeux, le hold-up politique du siècle: l'adoucissement du discours de révolte d’Aimé Césaire sur la négritude.

En gommant tous les aspects problématiques de son discours sur la condition de l’Homme noir d’hier...et donc d’aujourd’hui, les responsables politiques nous servent un Césaire dont ils récupèrent le symbole en laissant de côté le vrai sens du message.
En somme, la négritude sans les noirs!

Bien sûr pour Aimé Césaire « nègres » désignaient tous les opprimés et en parlant de la situation des noirs il prenait un soin extrême à ne pas opposer les êtres humains.

Mais enfin, Césaire parlait tout de même de la condition de l'Homme noir!
Récupération donc et cette fois-ci à la récupération se double de l’édulcoration du discours d’Aimé Césaire.

Le
bal des hypocrites, qui encensent Césaire tout en évitant soigneusement que nos concitoyens connaissent ses écrits est insupportable.
Parmi tous les politiques qui défileront autour du Cercueil d’Aimé Césaire, tendez bien l’oreille pour entendre qui évoquera les combats de la vie de Césaire : la lutte contre le colonialisme, que certains essayaient encore de justifier tout récemment par la loi du 23 février 2005 (voir plus bas), et la dignité de l'Homme noir, dont la condition aujourd’hui en France doit nous interroger collectivement.

De son vivant, Aimé Césaire n’était pas dupe de la sincérité des visiteurs qui défilaient dans son bureau de l’ancienne mairie de Fort-de-France. Il agrémentait les visites que les puissants lui rendaient, par des messages symboliques. C’est ainsi qu’après avoir refusé de recevoir Nicolas Sarkozy afin de signifier son profond désaccord avec la lettre de la loi du 23 février 2005 "reconnaissant le rôle positif de la présence française outre-mer", il l’avait finalement reçu et lui avait offert son fameux « Discours sur le colonialisme ».

Le président de la République a-t-il lu ce puissant ouvrage?
La question reste ouverte car dans son discours de Dakar, http://www.elysee.fr/elysee/elysee.fr/francais/interventi... prononcé le 26 juillet 2007 Nicolas Sarkozy a affirmé:
 « Le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire.
Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l'idéal de vie est d'être en harmonie avec la nature, ne connaît que l'éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles.

Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n'y a de place ni pour l'aventure humaine, ni pour l'idée de progrès. »

09:45 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Colonialisme, édulcoration, discours de Dakar, récupération | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

19/04/2008

Hommage à Césaire ce samedi 19 avril à 17h, Place du Panthéon

La dépouille mortuaire du poète et homme politique Aimé Césaire est actuellement installée sous un chapiteau dressé sur la pelouse du stade Dillon à Fort de France où la veille funéraire doit durer 36 heures.

Un hommage national sera rendu au chantre de la négritude demain avec la venue du Président de la République Nicolas Sarkozy.

Plusieurs de nos concitoyens ne pourront pas se rendre à Fort-de-France pour ses funérailles.

Le CRAN, SOS Racisme, la FADOM et d'autres associations appellent à un rassemblement populaire, Place du Panthéon à Paris, aujourd'hui samedi 19 avril, à 17h, pour rendre un hommage mérité à Aimé Césaire afin qu’il demeure pour toujours, dans les cœurs et dans les esprits.

Des textes d’Aimé Césaire seront lus pendant ce rassemblement populaire.

Rendez-vous donc à 17h, Place du Panthéon Paris 5ème

 

10:01 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Hommage, Césaire, Panthéon | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

17/04/2008

Aimé Césaire: Nègre, universel et révolté

Le grand poète et homme politique Aimé Césaire, vient de s’en aller à 94 ans.
Aurais-je dû utiliser le mot noir?
Noir? Il préférait nègre ! Il adorait ce mot qui bravait l’aliénation culturelle et disait avec force à la fois l’identité assumée et la conscience d’être noir.
Nègre il se disait, nègre il restera pour la postérité. Nègre certainement, mais un nègre sublime, un nègre universel.

>> Voici un entretien inédit que j'ai eu la chance de faire avec lui en juillet 2006 (l'enregistrement s'est fait sur microcassette ce qui explique les problèmes de qualité audio du document). Il y parle de la négritude, du racisme français et du CRAN:


podcast


Cette identité que lui seul savait nommer « nègre », n’était pour lui, nullement contradictoire avec une visée universelle; bien au contraire. En liant avec génie le « nègre » à l’universel, il a réussi à raccrocher les Noirs à cet universel dont il a longtemps été accepté que ces populations puissent être exclues.

Universaliste certes mais sans concession. Il a audacieusement tourné lé dos au climat assimilationniste  très répandu à l’époque de son arrivée à Paris en 1931. Loin de céder à l’humeur ambiante il a plutôt cherché à promouvoir l’Afrique et sa culture, qu’il estimait dévalorisées par le colonialisme sous ses formes.

C’est ainsi qu’il décida en septembre 1934, avec d’autres étudiants dont le Guyanais Léon Gontran Damas, le Guadeloupéen Guy Tirolien, les Sénégalais Léopold Sédar Senghor et Birago Diop, de créer le journal "L'Etudiant noir".
Noirs mais sans distinction idiote y compris dans la création du mot « négritude » dont on lui attribue la paternité, mais que lui - oh! élégance - préférait partager à travers le concept de création collective. La négritude, il définissait ce mouvement comme de la résistance au racisme…
Les intellectuels noirs de tous les mondes, rassemblés, mais sans ressentiment, et surtout avec les intellectuels blancs pour, ensemble, combattre l’oppression. Au rang de ces intellectuels figurait notamment Jean-Paul Sartre qui définissait la négritude comme « la négation de la négation de l'homme noir".

« Comment se porte le racisme français? » nous a lancé Aimé Césaire lorsque, quelques mois après la création du CRAN nous sommes allés lui en parler dans le bureau qu’il avait conservé dans l’ancienne mairie de Fort-de-France.
De l’alliance entre les noirs d’Afrique, des Antilles et d’ailleurs il nous a dit « C’est difficile, et délicat, mais c’est essentiel.»
Du CRAN il a dit « C’est une très bonne chose mais il ne faut pas croire que c’est facile ! En tout cas pour nous antillais c’est important »

Aimé Césaire était nègre, universel, mais aussi révolté.
Même très affaibli, il retrouvait de l’énergie pour raconter sans se départir de son célèbre humour, le caractère si « particulier » de ce racisme à la française.
Révolté il le redevenait lorsqu’il racontait, que marchant un jour dans une rue parisienne dans les années 30, il a été apostrophé par un quidam qui lui a lancé un : « Hé petit  nègre ! » il avait répondu : « Très bien! Bravo, mais le nègre t’emm… ! »

Révolté il l’était également jusqu’au dernier souffle contre le colonialisme.

C’est ma fierté personnelle, juste après lui avoir rendu visite, d’avoir eu le courage de contester les définitions des mots « colonisation » et « coloniser » inchangées dans le dictionnaire le Petit Robert depuis 1967, date de la première édition de ce dictionnaire!
C’est justice pour Aimé Césaire que les Editions le Petit Robert aient décidé un an après cette contestation, de compléter la définition du mot colonisation en y intégrant une de ces citations « colonisation = chosification ». Cette fulgurance est tirée du “ Discours sur le colonialisme ”*, Présence Africaine, 1955 et 2004.

Si le ciel existe, je veux bien parier que le premier qui là haut, osera dire à M. Césaire « Hé petit  nègre ! » s’entendra répondre un cinglant : « Le nègre t’emm… ! »


*« J’ai dit – et c’est très différent – que l’Europe colonisatrice est déloyale à légitimer a posteriori l’action colonisatrice par les évidents progrès matériels réalisés dans certains domaines sous le régime colonial, attendu que la mutation brusque est chose toujours possible, en histoire comme ailleurs ; que nul ne sait à quel stade de développement matériel eussent été les même pays sans l’intervention européenne (…) A mon tour de poser une équation : colonisation = chosification. J’entends la tempête. On me parle de progrès, de vies élevées aux dessus d’elles-mêmes. Moi je parle de sociétés vidées d’elles-mêmes, des cultures piétinées, d’institutions minées, de terres confisquées, de religions assassinées, d’institutions minées, de magnificences artistiques anéanties,  d’extraordinaires possibilités supprimées…. »

Aimé Césaire, “ Discours sur le colonialisme ”, Présence Africaine, 1955 et 2004.

12:45 Écrit par Patrick | Lien permanent | Commentaires (38) | Tags : Césaire, universel, universalisme, poète, noir, nègre | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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